- Sentiment en faveur d’un Total Lockdown exprimé dans l’île dans une tentative de briser la chaîne de contamination, atteignant en cette fin de semaine les 5 000 cas sur une population de 44 000
- Aide financière ciblée à quelques secteurs d’activité uniquement sous l’Immediate Response Assistance Scheme en gestation
L’évolution de la pandémie de Covid-19, surtout la propagation du variant Omicron, ne donne signe de relâchement à Rodrigues. À hier après-midi, au moins 10% de la population de l’île, soit littéralement un Rodriguais sur dix, ont été contaminés par Lenmi invizib. À ce stade, le sentiment général est que le gouvernement régional, en consultation avec les autorités sanitaires à Maurice, devra se pencher sur la possibilité d’un Total Lockdown pour casser la chaîne de transmission et, surtout, réduire les perspectives d’un nombre plus grandissant de victimes. En cette fin de semaine, le nombre de cas positifs devrait frôler la barre des 5 000, alors que jusqu’ici, le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Maurice, le Dr Laurent Musango, n’a même pas daigné prononcer un mot de réconfort à l’égard de la population de cette île, qui était jusqu’à récemment Covid-Free.
Dans cette perspective des plus troublantes en matière de propagation, les autorités rodriguaises ont pris la décision d’étendre de 14 jours le couvre-feu et les restrictions sanitaires en vigueur depuis le 29 janvier dernier, et qui devait prendre fin hier. Ainsi, l’interdiction de circulation imposée à la population rodriguaise, entre 19h et 6h du matin, reste en vigueur dans l’île jusqu’au 24 février. Une situation qui fait une nouvelle fois planer le doute sur la tenue des élections régionales, déjà repoussées au 27.
Cette situation est due à l’augmentation exponentielle de cas positifs dans l’île durant ces derniers, soit par plus de 400 durant ces dernières 24 heures, confirme-t-on du côté de Port-Mathurin.
Les restrictions sanitaires de mises à Rodrigues sous les dispositions de la Quarantine Act sont prolongées pour tenter de neutraliser la propagation du virus dans l’île. Ainsi, à l’expiration du Curfew Order, hier à 6h du matin, les autorités ont activé la prolongation du semi-lockdown, privant ainsi la population rodriguaise de circuler à partir de 19h, et ce, jusqu’au lendemain matin.
Cette décision intervient après que la détection de 4 598 cas positifs à Rodrigues depuis la détection du premier cas dans la communauté, le 26 janvier dernier. Les informations émanant du côté de Port-Mathurin indiquent que durant ces dernières 24 heures, 426 cas positifs au Covid-19 ont été enregistrés. À hier après-midi, Rodrigues comptait 3 960 cas actifs et 637 patients guéris du virus.
De ce fait, la population locale est sous le coup de ce couvre-feu sanitaire pour deux semaines de plus, avec notamment pour effet que la campagne électorale se retrouve prolongée pour les élections de l’Assemblée régionale, le scrutin étant fixé au 27 février.
D’ailleurs, depuis que les informations ont circulé sur ce prolongement du couvre-feu hier, l’incertitude plane sur la tenue de ces élections, prévue donc normalement dans 16 jours. Les partis de l’opposition, regroupés au sein de l’Alliance Libération, pour contrer un nouveau mandat de l’Organisation du peuple de Rodrigues (OPR), réclament depuis lundi un Full Lockdown à Rodrigues face à la dégradation de la situation sanitaire dans l’île.
Ce sentiment favorisant ce Total Lockdown est partagé par l’ensemble de la population.
L’on qualifie le constat de dramatique, avec potentiellement la barre des 5 000 cas franchie incessamment. Dans ce cas de figure, une bonne partie de l’électorat des six Local Regions ne pourra accomplir son devoir civique, et ainsi aller voter.
Si les partis politiques poursuivent leurs campagnes sur la toile à travers les réseaux sociaux et les radios en ligne, on concède qu’il n’est pas évident dans la conjoncture de poursuivre le Canvassing, la majorité des électeurs ne s’intéressant plus à la chose politique car ayant des proches atteints du virus.
À ce rythme de propagation, l’on redoute déjà que le scrutin ne puisse être organisé dans des conditions de bonne gouvernance démocratique le 27 février. Outre les formations politiques, des activistes sociaux montent aussi au créneau dans l’île pour réclamer un confinement total, car les cas risquent de continuer d’augmenter dans les jours à venir et la semaine prochaine.
Sur le terrain à Rodrigues, les rues demeurent désertes. Tous les secteurs d’activités sont grandement impactés par l’augmentation des cas chaque jour. Les opérateurs économiques ne cachent pas que leurs affaires ne sont pas bonnes et subissent déjà les impacts de cette crise sanitaire.
« Pena travay. Pena roulma. Partou mor dan Rodrig. Dimounn pe per. Sirtou apre ki finn koumans gagn bann ka dese ar Covid », laisse ainsi entendre un restaurateur, dont le snack n’est plus autorisé qu’à commercialiser de take-away. « Pena mem klian. Travay finn tonbe net ek fek investi gro kass dan bizness », ajoute-t-il.
Même son de cloche du côté des propriétaires de bus ou de commerce à Port-Mathurin. On déplore que les autorités font la sourde oreille sur ce manque d’activités économiques et n’offrent aucun soutien aux concernés dans la conjoncture. Certains secteurs ne seraient en effet pas éligibles aux aides financières, n’étant pas privés d’opérer entre 6h du matin et 6h du soir. « Me pena travay. Kapav pe less opere. Me klian pena. Lartik pe pouri. Pena kass pe rant dan lakess », martèle un commerçant de la gare de Port-Mathurin.
En parallèle, la commission Entreprenariat et des Licences a avisé les entrepreneurs dont les activités subissent l’impact du semi-lockdown de formuler leurs demandes d’aide financière sous l’Immediate Response Assistance Scheme mis en place par l’Assemblée régionale de Rodrigues.
Seuls ceux opérants dans les secteurs de la coiffure, de l’esthétique, du massage, de la manucure, du maquillage, des lieux événementiels, des opérateurs des cantines des établissements scolaires ou encore des crèches sont éligibles à ce soutien. Ces derniers sont priés de soumettre leurs demandes pour les besoins de cette aide financière, dont le montant n’a pas encore été communiqué.

