L’année 2026 s’annonce comme une étape structurante pour le ministère de l’Environnement, qui a, avouons-le, marqué des points positifs durant l’année écoulée. Elle vise à consolider les bases d’une gouvernance environnementale plus robuste et participative, à travers la révision du cadre légal, le renforcement de la participation citoyenne et la mise en œuvre d’actions concrètes sur le terrain. La propreté, la surveillance environnementale et la protection du littoral figurent parmi les axes prioritaires, dans une logique de responsabilité partagée entre l’État, les collectivités locales, les entreprises et les citoyens.
Déclarée Année nationale du grand nettoyage, le ministère de l’Environnement informe que l’année 2026 sera marquée par une vaste campagne combinant sensibilisation et renforcement de l’application de la loi. Des actions éducatives sont prévues dès le préprimaire, complétées par des consultations avec les étudiants, des concours de débats et des simulations parlementaires. Le programme Mauri-Facilities, déjà opérationnel, poursuivra ses interventions pour améliorer le cadre de vie et contribuer à l’embellissement de l’espace public. Parallèlement, une campagne nationale d’installation de poubelles sera déployée afin de renforcer la gestion des déchets et la propreté à l’échelle du territoire.
La résilience climatique constitue un autre pilier des priorités 2026 du ministère. Face aux inondations soudaines et au stress thermique, deux impacts majeurs du changement climatique à Maurice, le Programme des Nations unies pour l’environnement — Copenhagen Climate Centre (UNEP-CCC) accompagnera le pays dans la mise en œuvre de solutions fondées sur la nature. Celles-ci incluent notamment les systèmes de biorétention, les dispositifs d’infiltration, la récupération des eaux pluviales et les aménagements urbains perméables.
Projet de restauration de mangroves
Une mission de terrain menée en juin 2025 à Port-Louis a permis d’identifier des zones prioritaires d’intervention, notamment au pied du Ruisseau du Pouce et de la Montagne des Signaux. Dans le Sud-Est, un projet de restauration de mangroves est également à l’étude dans le district de Grand-Port, à la suite de plusieurs visites de terrain réalisées en 2025. Les plans, modèles économiques et études de préfaisabilité devraient être finalisés en 2026, accompagnés d’un renforcement des capacités des parties prenantes.
En parallèle, l’UNEP-CCC soutiendra l’évaluation et la gestion des pertes et préjudices liés aux inondations et à la chaleur, notamment à Port-Louis et dans le district de Grand-Port. En effet, les événements climatiques de 2023 et 2024 ont entraîné des pertes économiques significatives, touchant l’agriculture, le logement, les infrastructures critiques et le patrimoine culturel. Maurice a été retenue comme cas pertinent pour une évaluation exhaustive des pertes et préjudices, en raison de sa vulnérabilité en tant que petit État insulaire en développement.
Les données sectorielles ont déjà été collectées et transmises, couvrant l’éducation, les infrastructures, la santé, la gestion des catastrophes, l’agriculture, la pêche, la biodiversité et le patrimoine national. Des activités de renforcement des capacités sont prévues en 2026. La NDC 3.0 et le futur Plan national d’adaptation intègrent explicitement cette dimension, dans un contexte où le Fonds pour répondre aux pertes et préjudices prévoit une enveloppe de 250 millions de dollars américains pour sa phase de démarrage.
Révision de l’Environment Act 2024
Sur le plan législatif, la révision de l’Environment Act 2024 figure parmi les priorités. Des consultations nationales seront lancées dès janvier 2026, invitant le public à soumettre ses propositions. De janvier à juin, une série d’exercices consultatifs ciblera des publics variés, incluant les universités, le secteur privé, les ONG, les communautés côtières, les agriculteurs, les pêcheurs, ainsi que les associations de femmes et de seniors. Au-delà de cette révision, de nouveaux textes sont annoncés, dont un projet de loi sur les zones écologiquement sensibles et une loi anti-gaspillage, inscrite dans la dynamique de l’économie circulaire.
Le durcissement des normes et règlements est également à l’agenda. Les normes révisées sur la qualité de l’air devraient être finalisées en 2026, sous réserve de validation légale. Les règlements relatifs aux audits environnementaux industriels seront modernisés, tandis que la pollution sonore fera l’objet d’une révision réglementaire à l’issue d’une étude et d’un atelier de validation prévus au premier trimestre. La Police de l’Environnement verra ses moyens renforcés afin d’intervenir plus efficacement contre le littering, les déversements sauvages de déchets et les nuisances sonores, y compris celles liées aux véhicules modifiés.
La protection du littoral, une priorité majeure
Concernant le plastique, des mécanismes d’autorisation seront introduits pour mieux contrôler l’emballage local de produits alimentaires dans des contenants non biodégradables. Le cadre réglementaire existant sera modifié afin d’instaurer, à partir de 2027, un système de permis pour l’utilisation et l’importation de certains produits plastiques, en cohérence avec la feuille de route nationale sur le plastique.
En outre, la protection du littoral reste une priorité majeure. Des travaux devraient être achevés à Grand-Baie et à Bois-des-Amourettes en 2026, tandis que de nouveaux chantiers débuteront à Trou-aux-Biches, Albion et Souillac. Une stratégie nationale de gestion du trait de côte est en cours d’élaboration, intégrant des solutions fondées sur la nature, des infrastructures hybrides et une gouvernance participative.
Enfin, face à la prolifération d’algues sur certaines côtes, le ministère renforce la surveillance scientifique à travers le Laboratoire national de l’environnement, avec des analyses de la qualité de l’eau, des concertations multipartites et un appui international. L’Observatoire de l’Environnement, structuré autour de 16 groupes de travail thématiques, assurera un suivi régulier et une mise à jour continue des données environnementales.
LEGENDES
1- Une stratégie nationale de gestion du trait de côte est en cours d’élaboration, intégrant des solutions fondées sur la nature
2- Par rapport aux zones inondables, une mission de terrain menée en juin 2025 à Port-Louis a permis d’identifier des zones prioritaires d’intervention, notamment au pied du Ruisseau du Pouce et de la Montagne des Signaux
3- Concernant le plastique, des mécanismes d’autorisation seront introduits pour mieux contrôler l’emballage local de produits alimentaires dans des contenants non biodégradables

