La première réunion du Technical Working Group on Cannabis Reform s’est tenue au siège de la National Drug Control Agency (NADC), hier. Ce forum a réuni tous les acteurs institutionnels concernés, soit des représentants du State Law Office, de l’unité de recherche médicale de l’Université de Maurice (UoM), de la National Human Rights Commission (HRC), du Forensic Science Laboratory (FSL), entre autres acteurs-clés. La rencontre s’est déroulée sous la présidence du Chairman, Kunal Naik, en présence du Chief Executive Officer (CEO), le Dr Fayzal Sulliman.
Parmi les éléments discutés figurent la composition du Technical Working Group, la méthodologie qu’appliquera celui-ci et le calendrier. Kunal Naik se dit satisfait de ces premiers échanges. « Cette première réunion a été très fructueuse sur tous les plans. Cela nous permet ainsi de commencer à élaborer un Timeline pour les prochains semaines et mois. Nous comptons sur la participation des ONG et des associations/formations également pour qui l’utilisation du cannabis – que ce soit sur le plan médical général, spécifique, sur le plan social, mais aussi économique – est au cœur de leurs préoccupations. Bien entendu, un aspect important sera la question légale. Car pour l’heure, le cannabis est toujours fiché à la Dangerous Drugs Act », dit-il.
« À ce stade, la NADC n’adopte aucune posture ni ne prend aucune position. Nous n’avons aucun Model à présenter de notre position sur la question du cannabis, as such. Notre objectif immédiat, c’est d’écouter tous les Stakeholders concernés par le sujet, prendre connaissance de ce que chacun pense et propose, analyser et travailler sur des Evidence-Based Projects. Bien entendu, tout cela sera fait en collaboration et l’assentiment de la National Drug Commission, que préside le Premier ministre, Navin Ramgoolam », poursuit-il.
Il fait ressortir que « les guiding principles qui sont adoptés sont les propositions et projets qui sont Evidence-Based; les projets axés sur la réduction des risques (RdR) ; l’impact sur la santé publique autant que l’impact social et économique. » De prochaines réunions et sessions de travail sont déjà à l’agenda de la NADC s’agissant de la question du cannabis dans toute la problématique de réponse aux addictions.
Renforcement de la coopération dans la lutte contre le trafic des drogues
La NADC a eu sa première réunion de la Supply Reduction Coordination Division avec les principaux acteurs impliqués dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Étaient présents des représentants de la police (ADSU), de la Financial Crimes Commission, de la Mauritius Revenue Authority (MRA), de la National Coast Guard, de la Mauritius Ports Authority (MPA), de la Financial Intelligence Unit (FIU), du Forensic Science Laboratory (FSL) et de la Commission de l’océan Indien (COI).
L’objectif de cette réunion était de clarifier le mandat et le rôle de la NADC dans le contexte de la répression, en mettant l’accent sur la coordination et le suivi des actions, sans porter atteinte à l’autonomie opérationnelle des institutions concernées. Les partenaires ont pu faire le point sur leurs domaines de responsabilité et proposer des pistes d’action.
La NADC a, par ailleurs, dévoilé les cinq domaines prioritaires qui constituent ses groupes de travail techniques. Ces domaines portent sur la coordination et l’intégration du renseignement, avec pour objectif de positionner l’agence comme un centre névralgique pour l’analyse des tendances liées à l’approvisionnement en stupéfiants. Ils comprennent également le renforcement de la coordination inter-agences dans les ports, aux frontières et le long des routes maritimes à haut risque.
Les autres domaines prioritaires concernent la lutte contre les flux financiers et le démantèlement des réseaux financiers soutenant le trafic de stupéfiants ; la prise en compte des liens entre le milieu carcéral et l’approvisionnement en stupéfiants au sein de la population ; et le renforcement de la coopération régionale et internationale afin de positionner Maurice dans les cadres mondiaux de réduction de l’offre de stupéfiants.
Des groupes de travail techniques seront mis en place progressivement et s’attacheront en priorité à élaborer des mesures visant à rendre les enquêtes sur le trafic de stupéfiants plus cohérentes et efficaces. L’objectif est de réduire la fragmentation et le chevauchement des efforts entre les différentes institutions.
Ces groupes adopteront une approche fondée sur le renseignement, tout en respectant l’indépendance opérationnelle de chaque organisme impliqué. L’accent sera mis sur le démantèlement des réseaux criminels organisés plutôt que sur des interventions isolées.

