Les marchands opérant au Marché Central de Port-Louis, notamment dans la section réservée aux souvenirs, et dont la clientèle est essentiellement touristique, peinent à rentabiliser les ventes. C’est ce qu’ils font ressortir à Le-Mauricien, lors d’une visite au marché en début de semaine. Raison principale évoquée : un manque de visibilité. Ils déplorent aussi ll’absence d’hygiène régnant en ces lieux.
Cela fait plus de trente ans que Noor Rajabalee y tient un étal de vêtements. « Depuis quelques années, la situation était devenue difficile mais après la période de crise sanitaire, elle a empiré et ce, malgré la reprise dans les arrivées touristiques », regrette-t-il. Il ajoute : « Ce sont surtout les touristes sac-à-dos qui viennent au marché. Les hôtels ne nous comptent pas sur les itinéraires proposés aux touristes. Nous ne figurons pas sur leurs brochures .»
À son collègue Ahmad Oozeer de renchérir : « reset touristik pe mal distribie. Zot ki gagn tou Free ». Noor Rajabalee souligne que ses confrères et lui « bizin lager pou resi fer enn batem. » Tous deux déplorent, par ailleurs, que les chauffeurs de taxi véhiculant les touristes les guident vers « des marchands ou dans des lieux où ils perçoivent des commissions ». Ils notent qu’avec l’ouverture de magasins en d’autres endroits du pays et l’installation des marchands aux abords des lieux touristiques comme les Gorges de la Rivière-Noire, la situation s’est détériorée. Les marchands estiment faire face à une concurrence déloyale.
Pour eux, « une meilleure visibilité » leur donnerait plus de chance d’écouler leurs produits. Ils souhaitent que « les hôtels incluent le Marché Central sur leurs brochures et y fassent la promotion auprès de leurs clients » Noo-rRajabalee en appelle également à la municipalité de Port-Louis pour en faire la promotion. Il suggère qu’elle ouvre un « comptoir d’information » à l’entrée du marché où les touristes pourront se renseigner sur les différents types de produits qu’ils y trouveront ainsi que les emplacements.
D’autre part, ils sont nombreux à déplorer le manque d’hygiène à l’intérieur du marché. Odeur nauséabonde, ordures disposées aux abords de l’allée principale, la non-collecte des ordures de manière régulière ou encore la sortie des poubelles par les éboueurs alors que le marché est encore en pleine activité, pour les déposer à la vue des visiteurs. « Parfois le matin, on arrive et il y a des ordures de la veille disposée ici (ndlR : près de l’allée principale) et c’est tardivement, dans la matinée, qu’elles sont enlevées », indique un marchand qui a, lui, souhaité garder l’anonymat. Il aborde également la prolifération des rats. « Voyez ce chat qui attend la sortie d’une souris ! », désigne-t-il.
Varouna Renghun, ancien secrétaire de la Market Traders Association, relève le pullulement des moustiques dû aux eaux usées stagnant dans les égouts, comme en témoigne Le Mauricien lorsqu’il soulève une dalle couvrante. Il note qu’ « un nettoyage régulier aurait assaini la situation ». D’autant que les toilettes sont à proximité. « Nous avons eu deux débordements, en un mois, récemment », affirme-t-il. « Lontan ti pe netoye tou le semenn. Aster pa netoy ditou. Bizin flush drin-la pou li res prop !», affirme son confrère. « On dirait que l’hygiène n’est pas importante pour la municipalité », lance-t-il.
Certains marchands estiment que l’« exemption de la taxe résidentielle » ainsi que celle de la patente d’opération représenteraient « un manque à gagner dans les caisses de la municipalité », d’où la négligence constatée et la réticence de débourser de l’argent pour accéder à la maintenance et aux besoins quotidiens des marchands comme « le changement d’un tube à néon qui ne fonctionne plus ».
« Minisipalite inn hijacked » ! La grogne est palpable. « Pa fer eleksion narnye. Enn Delegated Body ki pe kontrol lavil », avance Noor Rajabalee, qui, comme ses confrères, souhaite que les choses changent et que la municipalité soutienne et accompagne les marchands pour que le marché central retrouve son lustre et qu’il demeure une attraction touristique incontournable comme dans le temps.

