Maurice renforce son arsenal contre la criminalité financière avec une formation intensive sur le recouvrement d’avoirs

Le lundi 23 février 2026, la Financial Crimes Commission (FCC), en partenariat avec l’International Centre for Asset Recovery (ICAR) de l’Institut de Bâle sur la gouvernance, a officiellement lancé un programme de formation de deux semaines, axé sur les enquêtes financières et le recouvrement d’avoir à l’Holiday Inn Mauritius Mon Trésor.

L’ouverture de ce programme a été marquée par la présence du Solliciteur général, M. R. Ramloll, agissant en tant qu’invité d’honneur. Dans son allocution, il a souligné que l’environnement numérique actuel rend les crimes financiers de plus en plus complexes. Selon lui, il est impératif pour les autorités de maîtriser non seulement les techniques d’enquête modernes, mais aussi le cadre juridique régissant la confiscation des biens et l’entraide judiciaire internationale. L’accent a également été mis sur l’adaptation nécessaire face aux nouvelles méthodes criminelles, notamment l’utilisation croissante des crypto-actifs.

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Pour le Directeur général par intérim de la FCC, Titrudeo Dawoodarry, le recouvrement des avoirs doit être le pilier central des efforts de répression. Illustrant ses propos par la lutte contre le trafic de drogue, il a révélé que plus de 250 individus ont été arrêtés pour des délits liés aux stupéfiants depuis le début de l’année.

Titrudeo Dawoodarry a précisé qu’environ 30 à 35 trafiquants majeurs sont impliqués dans le commerce de drogues dures. Pour démanteler ces réseaux organisés, il estime que la stratégie doit aller au-delà des simples arrestations : « L’action doit inclure le traçage, le gel et la confiscation des produits du crime afin de protéger l’intégrité du système financier mauricien ».

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« Désarmer » les entreprises criminelles

Tom Walugembe, spécialiste senior du recouvrement d’avoirs à l’ICAR, a rappelé l’enjeu crucial de cette démarche : « Si nous ne leur retirons pas leurs actifs, ils deviennent plus puissants ». Il a expliqué que priver les criminels de leurs incitations financières est la clé pour neutraliser les réseaux de trafic de drogue et les groupes organisés.

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Cette formation fait suite à une mission d’évaluation réussie en mars 2025 et à la signature d’un protocole d’accord formel entre l’Institut de Bâle et la FCC. Maurice, en tant que centre financier régional de premier plan, joue un rôle de plus en plus déterminant dans la lutte globale contre la criminalité financière.

Le programme se distingue par sa méthode pédagogique dite de « l’apprentissage par la pratique ». La moitié de la formation repose sur une simulation de cas réel intégrant plus de 60 éléments de preuve. Les participants sont formés sur l’ensemble du cycle d’une enquête financière :
Renseignement de source ouverte (OSINT) ;
Analyse des relevés bancaires ;
Traçage des actifs (y compris virtuels) ;
Interrogatoire de témoins et coopération internationale.

L’un des points forts de cette initiative est la collaboration inter-agences. Le programme réunit des officiers de la FCC ainsi que des représentants du bureau de l’Attorney-General, du bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP), de la Banque Centrale, de la Police, de la Mauritius Revenue Authority (MRA), de la Financial Intelligence Unit (FIU) et de la Gambling Regulatory Authority (GRA).

Sous l’égide d’experts tels que M. Walugembe et M. Emmanuel Jacob Mringo, spécialiste à l’ICAR et ancien enquêteur tanzanien, cette initiative vise à garantir que Maurice reste parfaitement équipée pour enquêter, poursuivre et récupérer les biens acquis illicitement, conformément aux meilleures pratiques internationales.

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