Melany Nagen, vice-présidente du National Human Rights Council : « La dignité et la sécurité des femmes ne sont pas des privilèges, mais des droits »

Pour Melany Nagen, vice-présidente du National Human Rights Council, derrière les festivités et les hommages du 8 mars dans le cadre de la journée internationale des femmes, trop de femmes vivent encore dans la peur, subissent des violences au sein de leur foyer ou au travail, et hésitent à dénoncer. Selon elle, l’équilibre se trouve dans la conjugaison entre droits fondamentaux et transformations culturelles nécessaires, afin de garantir dignité, sécurité et égalité aux femmes à Maurice.

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Le 8 mars, on célèbre la femme. D’accord. Mais parlons réalité.

Le 8 mars est un moment important pour reconnaître la contribution des femmes dans notre société. Mais c’est aussi un moment de vérité, car derrière les célébrations, certaines femmes vivent encore des réalités difficiles au quotidien. À Maurice, nous devons continuer à renforcer la protection des femmes face aux violences. Trop de femmes vivent encore dans la peur, parfois même dans leur propre foyer. Les féminicides survenus ces dernières années nous rappellent tragiquement que ces violences peuvent avoir des conséquences irréversibles. Il est donc essentiel de renforcer les mécanismes de protection, d’améliorer la coordination entre les institutions et d’intervenir plus tôt lorsque des signes de violence apparaissent. Mais au-delà des lois, il faut aussi poursuivre une transformation culturelle fondée sur le respect, l’égalité et la dignité des femmes.

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Les discours, c’est bien. Mais dans la vraie vie, qu’est-ce qui ne fonctionne toujours pas pour les femmes à Maurice ?

Dans la réalité, beaucoup de femmes hésitent encore à dénoncer les violences qu’elles subissent. La peur, la dépendance économique, la pression sociale ou familiale, et parfois un manque de confiance dans les institutions peuvent les empêcher de parler. Il faut aussi reconnaître que de nombreuses femmes subissent encore du harcèlement moral ou sexuel sur leur lieu de travail, et trop souvent ces situations sont ignorées ou minimisées par les employeurs. Nous devons donc continuer à créer un environnement où les femmes se sentent réellement en sécurité pour demander de l’aide. Cela implique des institutions plus accessibles, des réponses plus rapides et un accompagnement humain et respectueux des victimes. L’égalité ne se limite pas non plus à la protection contre la violence. Elle concerne également l’accès aux opportunités, l’autonomie économique et la participation pleine et entière des femmes à la vie sociale et professionnelle.

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Quel est votre message en tant que femme dans ce pays ?

Mon message est simple. La dignité et la sécurité des femmes ne sont pas des privilèges, mais des droits fondamentaux. Aucune femme ne devrait vivre dans la peur. Aucune femme ne devrait se sentir invisible ou sans voix. Une société qui protège ses femmes est une société plus juste, plus humaine et plus forte pour tout le monde. Mais ce combat ne peut pas être porté par les femmes seules. Il doit être porté par toute la société. Les institutions, les familles, les communautés et les hommes eux-mêmes ont un rôle essentiel à jouer. Parce qu’au final, construire une société où les femmes vivent en sécurité et avec dignité, ce n’est pas seulement une question de droits des femmes. C’est une question de justice et d’humanité pour toute la société.

 

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