Ministère de la Santé — Inquiétudes dans le secteur pharmaceutique

Le ministère de la Santé avait été marqué pendant la période du Covid par des décisions surprenantes de certains hauts cadres qui avaient coûté des millions et suscité l’ouverture d’enquêtes, suivies de suspensions. Des nombreux scandales de cette période, on retiendra surtout l’affaire Molnupiravir, un médicament vendu d’abord à quelques roupies pièce, puis, du jour au lendemain, à plusieurs dizaines de roupies l’exemplaire. Des hauts officiels du ministère de la Santé – dont la Secrétaire Permanente – avaient été impliqués dans cette affaire et deux d’entre eux suspendus. Au grand étonnement du milieu médical, ces deux personnes viennent d’être nommées aux postes qu’ils occupaient lors de l’affaire en question : des postes qui permettent à ceux qui les occupent de contrôler l’importation et l’autorisation de vendre les produits pharmaceutiques à Maurice. Selon certaines sources, depuis la récente nomination, les demandes d’autorisation de nouveaux médicaments sont passé de moins de 60 à plus de 400. Des craintes ont été exprimées sur la qualité des produits autorisés à Maurice. En particulier, des compléments de santé qui utilisent des dérivés de produits interdits à Maurice, comme le cannabis ou l’opium. Les milieux autorisés se demandent si Maurice, pays fortement affecté par le trafic et la consommation de drogues, peut se permettre d’autoriser la vente libre de produits à base de drogues, justement.
Dans ces mêmes milieux, on souligne la montée en puissance d’un importateur qui, en quelques années, a monté une chaîne de plusieurs dizaines de pharmacies qui vendent des produits qu’il fait fabriquer et commercialise lui-même. Par ailleurs, la rapide augmentation du nombre de médicaments sur le marché local est suivie avec inquiétude. Face à cette prolifération de médicaments, certains pensent qu’il serait nécessaire que la Financial Crimes Commission ouvre une enquête sur les médicaments, ainsi que les compléments santé, autorisés à Maurice au cours des cinq dernières années. Ils demandent également que l’index des médicaments, qui aiderait à un contrôle efficace du marché, soit rendu public, comme c’est le cas dans de nombreux pays.

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