Il se passe toujours quelque chose au ministère du Tourisme, qui détient un record en matière de révocation des membres de ses agences. Vendredi de la semaine dernière, quatre membres de la Tourism Authority (TA), dont le président, José Arunasalom, étaient révoqués par une décision du ministre exécutée par sa PS. Mercredi, en l’absence du pays du ministre et de sa PS, l’Officer in Charge du ministère envoyait une lettre aux révoqués pour leur apprendre qu’ils étaient réintégrés. Deux jours plus tard, le conseil des ministres décidait d’ouvrir une enquête et de suspendre le président qui venait d’être réintégré.
Des licences de bateaux qui divisent
Il était de notoriété que l’entourage proche du ministre et le président de la Tourism Authority n’étaient pas toujours sur la même longueur d’onde. Les divergences se sont accentuées autour de la question de l’attribution de licences de bateaux de plaisance. Le camp du ministre voulait qu’on maintienne les pratiques du passé qui faisait que l’on pouvait très facilement obtenir une licence. Celui du président, soutenu par son board, voulait que des règlements stricts — sur, par exemple, les sources de financements des propriétaires de bateaux — soient établis et respectés.
C’est à partir de cette divergence que des plaintes ont été faites contre le président , par des employés de la TA , et que des lettres anonymes le dénonçant ont commencé à circuler. Ce sont les plaintes contre le président qui auraient incité le ministre à le révoquer ainsi que trois membres du board de la TA vendredi de la semaine dernière, sans communiquer cette décision au conseil des ministres. C’est cette non-communication qui a poussé le ministre du Commerce, remplaçant celui du Tourisme absent du pays, suivant des instructions venues d’en haut, à réintégrer les quatre révoqués, mercredi dernier.
Menace de démission du ministre?
Mais le ministre du Tourisme en déplacement à Berlin, pour recevoir un prix décerné par une organisation touristique pas très connue, ne l’entendit pas de cette oreille. Dès l’annonce de la réintégration, il fit savoir qu’il considérait avoir reçu un claque et que s’il n’obtenait pas réparation, il allait rentrer à Maurice avec son prix et démissionner sur-le-champ. Cette menace de démission, la deuxième en quelques mois du ministre du Tourisme, provoqua des débats passionnés au conseil des ministres. Certains se saisirent de l’occasion pour faire de la résistance au Premier ministre adjoint, perçu comme un défenseur du président réintégré. Il fut allégué qu’une plainte pour harcèlement sexuel avait été logée contre lui. En s’appuyant sur les plaintes reçues, le conseil des ministres décida de l’ouverture d’une enquête et de la suspension immédiate du président.
En conférence de presse hier, le Premier ministre adjoint a abordé la question en traitant le ministère du Tourisme de « bazar en donnant sa version de l’histoire, tout en soulignant qu’il n’y avait pas de plainte pour harcèlement sexuel contre le président suspendu dans le dossier.
José Arunasalom, qui avait refusé de commenter l’affaire dont il était le principal personnage, a fini par faire la déclaration suivante hier après-midi : « Je suis convaincu que toute enquête établira la fausseté des allégations faites à mon encontre. Je suis plus que jamais déterminé à poursuivre le travail commencé depuis janvier 2025 pour faire de la Tourism Authority une institution bien gérée et exempte de corruption. »
Affaire à suivre.

