Ministère du Travail : la circulaire limitant le Travelling des inspecteurs fait des vagues

Colère et découragement au sein de plusieurs unités à la Victoria House, au ministère du Travail. Le litige porte sur la limitation du montant de la Travelling Allowance pour les inspecteurs du Travail.

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C’est ce qui ressort des doléances de ces fonctionnaires, qui se sont adressés au syndicaliste Fayzal Ally Beegun dans l’espoir de faire entendre leurs voix. « Depuis plusieurs mois, nous devons minimiser nos déplacements. La hiérarchie nous a intimé l’ordre de ne pas dépasser 500 km de Travelling par mois. Or, tout le monde sait que toutes les usines et compagnies que nous devons aller visiter ne se trouvent pas au coin de la rue ! Rapor PRB mem dir 800 km par mwa », protestent-ils.

Le travail des inspecteurs du Travail concerne des visites et des vérifications en cas de plaintes, par exemple, lorsque les travailleurs n’ont pas d’équipements appropriés, ou lorsqu’il y a des refus parmi les ouvriers d’obéir aux patrons, en cas de suicides ou de mort d’homme, ou simplement quand il y a des comités disciplinaires auxquels ils doivent participer. Ces inspecteurs doivent alors donc se rendre évidemment sur place. « Zot pa kapav dir travayer vinn dan biro minister zis pou respekte sa lord la ! », dit le syndicaliste.

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Il continue : « c’est donc la nature même de leur travail qu’ils doivent se déplacer régulièrement. Or, avec une restriction de 500 km par mois, cela devient quasiment impossible pour eux de bien faire leur travail. » Des officiers expliquent qu’à l’unité des Migrant Workers, 500 km sont épuisés après huit jours de travail. « Le reste du mois, nous payons l’essence de notre propre poche… Servi loto personel pou rann servis gouvernma. Lorla parking naryen zot pa donne », s’insurgent-ils.

« Depi plis ki de mwa inn fini pez nou nam la ! Nous sommes forcés de piocher dans nos economies personnelles pour faire le plein de nos propres véhicules afin de faire notre travail », ajoutent-ils. Certains ont opté pour le transport public. Ce qui fait dire au syndicaliste : « ces inspecteurs se retrouvent, du coup, à passer quasiment toute la journée dans le transport, en commun… Imaginez qu’il fait quitter Port-Louis pour se rendre à Saint-Félix, ou dans le Sud, à l’Est ou à l’Ouest. Tout cela uniquement pour respecter un ordre qui sort on ne sait d’où ni de qui ! »

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Pour les principaux intéressés : « zot dir nou ena enn sirkiler depi 2006 ki dir sa. Pourtan personn parmi nou na pena sa sirkiler la, personn napa o kouran. » D’autres brandissent le fait que « quatre rapports PRB ont été rédigés depuis, ce qui rend cette circulaire, même si elle existe, caduqeue. » Pour ces fonctionnaires, « le management veut que nous fassions un travail de qualité sans débourser ». Et d’ajouter : « Zot pe Cut Cost, selma pe oule randman. Li pa posib sa. Fer dominer ! »

Fayzal Ally Beegun lance un appel au ministre du Travail, Soodesh Callichurn : « Rectifiez le tir tant qu’il est encore temps ! Arrêtez de prendre des décisions qui ne sont ni pratiques ni logiques. Vous ne pouvez pas réclamer des travailleurs qu’ils fassent du bon travail sans leur donner les outils adéquats. C’est comme demander à des maçons d’ériger un bâtiment sans leur donner briques et ciment ! »

Les fonctionnaires concernés font ainsi remarquer : « Si aucune décision n’est prise, c’est simple, nous allons rester tranquillement assis au bureau et arrêter de nous déplacer. Quand nous nous rendons sur place dans ces cas spécifiques, c’est parce qu’en tant que représentant de l’État, notre témoignage a du poids. »

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