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Dans les hangars, une question qui dérange : qui travaille vraiment pour Air Mauritius ?

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À première vue, rien ne distingue cette activité d’une journée ordinaire dans un département technique aéronautique. Les appareils entrent, les pièces circulent, les check-lists s’enchaînent. Le ballet habituel d’une compagnie qui vole.

Mais depuis quelques semaines, ce n’est plus seulement de maintenance dont parlent les équipes.

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Dans les ateliers, entre deux inspections, une question revient sans cesse : certains travailleurs étrangers présents dans le département disposent-ils réellement des autorisations nécessaires pour exercer ?

Selon plusieurs témoignages concordants recueillis en interne, une quinzaine de techniciens philippins occuperaient des fonctions techniques sans permis de travail approprié. Certains interviendraient sous visa d’affaires, un statut normalement prévu pour des missions ponctuelles et non pour une activité professionnelle régulière.

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Ce qui inquiète le plus les salariés n’est pas seulement la situation administrative en elle-même, mais son caractère supposé durable. Pour eux, il ne s’agirait pas d’un cas isolé, mais d’une pratique installée depuis plusieurs années, avec un recours fréquent à des compétences étrangères, parfois pour des postes disponibles localement.

Dans les conversations de couloir, un autre sujet alimente les discussions : le rôle d’agents recruteurs externes. Des intermédiaires, dont certains étrangers, seraient présents jusque dans les locaux de l’entreprise pour faciliter ces embauches. La question de la conformité administrative se pose désormais ouvertement.

Au-delà de la réglementation, un sentiment domine surtout chez plusieurs employés : celui d’un déclassement silencieux. Ils affirment que les institutions de formation locales seraient peu sollicitées et que même des postes techniques de base seraient attribués à des expatriés.

Dans un secteur où la compétence s’acquiert sur des années, la perception est lourde de sens. La question n’est plus seulement administrative. Elle devient identitaire : quelle place reste-t-il aux techniciens mauriciens dans leur propre compagnie nationale ?

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