Les différentes options de refinancement des Rs 1 milliard supplémentaires sur deux cargaisons en discussions au ministère des Finances
Les modalités pour des possibilités de Work from Home, des cours Online partiels dans l’éducation et le Car Pooling demandent à être approfondies avant le prochain feu vert du conseil des ministres
En dépit des déclarations du président des États-Unis, Donald Trump, au sujet de l’escalade militaire au Moyen-Orient, qui dure depuis déjà plus d’un mois, Maurice se prépare à faire face au Backlash sur le plan économique en particulier. La principale appréhension s’articule autour du dossier de l’approvisionnement du pays en produits stratégiques, en particulier le carburant, que ce soit sur le plan des prix à payer pour assurer les importations aussi bien que les sources d’importation. Ainsi, même si le pays a pu conclure un accord avec la société internationale, Indian Oil, pour les produits pétroliers, le volet de fourniture de Heavy Fuel Oil pour le compte des centrales thermiques du Central Electricity Board, demeure entier. Contrairement à Mangalore Oil Refineries Ltd, Indian Oil n’est pas en mesure de répondre à la demande du CEB au titre du Heavy Fuel Oil. De ce fait, le dossier de cette facture d’importation de Heavy Fuel Oil, soit Rs 500 millions de plus pour chaque nouvelle cargaison, est High On the Agenda des discussions entre le CEB et le ministère des Finances.
C’est en quelque sorte le principal message porté par le ministre de l’Énergie et des Utilités publiques, Patrick Assirvaden, au comité interministériel de crise sur l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur Maurice, dont il a assuré la présidence de la première réunion, hier, en l’absence du Premier ministre, Navin Ramgoolam, retenu en Cour. Cette instance, qui comprend pas moins d’une dizaine de ministres, institués lors des dernières délibérations du conseil des ministres, a eu l’occasion de passer en revue la situation et d’établir un état des lieux des conséquences de la guerre sur divers secteurs.
La coordination des mesures préconisées par les différents ministères en vue d’atténuer les effets sur la population sera assurée par le ministère des Finances, le Cabinet devant les approuver avant leur mise à exécution dans le temps. Dans l’immédiat, l’urgence porte sur les importations de fioul lourd du CEB. La facture s’annonce déjà très lourde avec le CEB, devant payer Rs 1,2 milliard, soit Rs 500 millions de plus, pour une cargaison, arrivée à Port-Louis, hier. Une autre cargaison est attendue le 14 avec les mêmes exigences financières.
« Un milliard de roupies en l’espace de 15 jours, ce n’est pas soutenable pour les finances du CEB », concède officiellement le ministre de l’Energie alors que des consultations ont atteint un stade approfondi avec le ministère des Finances au sujet des mesures à prendre. Toutefois, dès que l’éventualité d’une révision des tarifs d’électricité est évoquée, l’on met en avant qu’ « aucune décision n’a été prise à ce jour et que nous sommes encore au stade des discussions au sujet des options. »
En marge de toute décision sur la formule du financement des importations d’huile lourde, le ministère de l’Énergie de concert avec le CEB se penche sur une des mesures, susceptibles de déboucher sur des économies d’énergie. De ce fait, le conseil des ministres sera appelé à approuver des Regulations en vue de définir les heures d’éclairage à la nuit tombée des aires de parking des Malls et autres complexes commerciaux, des immeubles publics et privés avec des amendes pour sanctionner toute infraction. En cas d’extrême urgence, la possibilité de Partial Load Shedding n’est pas à écarter, tout en tenant en ligne de compte les besoins des régions en énergie électrique pour des activités économiques.
L’autre casse-tête concerne la consommation de carburant par la flotte de véhicules, qui envahissent le réseau routier chaque jour. Le ministre du Transport terrestre, Osman Mahomed, devra affiner la stratégie idéale avec le Car Pooling, comme la carotte pour une gestion rationnelle du stock d’essence dans le pays. Le Worst Case Scenario pourrait se traduire par des restrictions de circulation en alternance des voitures privées, avec de multiples formules à l’étude.
Le complément à ces dernières mesures sur la route n’est nul autre qu’un retour en force du Work From Home de la pandémie de Covid-19 de sinistre mémoire. Le ministère de la Fonction publique, parmi les plus importants employeurs du pays, et le ministère du Travail et des Relations publiques, seront appelés à collaborer et à Compare Notes pour proposer la meilleure formule de Work From Home version de la guerre au Moyen-Orient.
Le secteur de l’Éducation est un autre domaine, appelé à se moduler et à s’adapter en cette période de crise découlant de guerre au Moyen-Orient. Ainsi, le ministère de l’Éducation tertiaire a déjà entamé des consultations avec les universités publiques dans un premier temps en vue d’élaborer une RoadMap avec des cours Online à temps partiel pour les étudiants sans compromettre la qualité de l’enseignement dans la conjoncture.
À un autre niveau, le ministère de l’Éducation, qui s’est embourbé dans le débat sur l’interdiction du téléphone cellulaire à l’école, devra de nouveau se préparer à sortir toute la logistique pour des classes Online que ce soit dans le primaire et le secondaire.
Par contre, la question des rajustements des prix dans le circuit du détail reste la pierre d’achoppement dans la formulation de tout plan de protection du pouvoir d’achat du consommateur. D’ailleurs, les séquelles de la récente hausse du prix par Rs 60 de la bonbonne de 12 litres de gaz ménager, soit de Rs 160 à Rs 250, se font déjà sentir, avec le pain quotidien au cœur d’un bras de fer entre les boulangers et le gouvernement (voir texte plus loin).

