– « Les Mauriciens rencontrés sont très bouleversés… Ena boukou laper, la freyer… Personne ne s’attendait à vivre une expérience aussi déroutante »
Déjà une douzaine de jours après la première attaque d’Israël et des États-Unis sur l’Iran. L’ambassadeur de Maurice en Arabie saoudite, Riad Hullemuth, qui a multiplié les initiatives en faveur des Mauriciens se retrouvant dans la zone des hostilités confie à Le-Mauricien que : « c’est le statu quo pour nous ! Nous travaillons d’arrache-pied comme au premier jour des attaques sur l’Iran, soit le 28 février. Je dirai même que nous multiplions les efforts, jour après jour, et malgré les escalades dans ce conflit. »
De plus en plus de Mauriciens, selon l’ambassadeur, se tournent vers mission diplomatique de Riyad pour les aider à rentrer au pays. « Avec nos partenaires directs – les gouvernements mauricien et saoudien – nous mettons tout en œuvre afin de soulager le plus grand nombre de compatriotes, bloqués par cette guerre dans les pays où ils se trouvent. Certains pour des vacances, d’autres pour le travail », fait-il ressortir.
À ce jour, ajoute Riad Hullemuth, « selon les relevés effectués par nos services, nous avons une centaine de Mauriciens venant du Qatar ; six du Koweït ; cinq d’Oman et une dizaine de Bahreïn. Ils traversent via Riyad et Jeddah pour venir prendre les vols ici et rentrer au pays ».
« Nombre de Mauriciens ont signifié leur désir de rentrer au pays. Monn tre touse par boukou parmi zot… Zot bouleverse, zot per… Il y a une frayeur inévitable. Personne ne s’attendait qu’un conflit de cette envergure se déclenche aussi brutalement. Et personn pann atan sitiasion ariv koumsa. Li tromatizan. D’où le fait que nous maintenons une présence 24/7 via mon numéro de téléphone personnel, les numéros de l’ambassade, l’adresse courriel… tous les moyens de contacts sont mis à profit pour qu’un maximum de Mauriciens puisse trouver de l’aide », rassure le diplomate.
Riad Hullemuth explique que les Mauriciens qui se trouvent dans ces pays avoisinants et « qui viennent vers nous nous confient qu’ils passent des moments très durs et éprouvants ». Il avance par ailleurs : « c’est pour cela que nous, à notre niveau, nous faisons le maximum pour être à leurs côtés à tout moment. Écouter, être présent, répondre à leurs nombreuses interrogations, essayer dans la mesure du possible, de soulager leurs craintes et les rassurer… Nous multiplions les efforts pour que ces compatriotes, qu’ils soient seuls ou en famille, ne se sentent ni délaissés ni abandonnés. Nous passons tous par des moments très difficiles. Ce conflit prend tout le monde de court et on ne peut rester indifférent devant cette détresse humaine. » Il renchérit en disant : « nou tou ansam dan sa bato-la ! Nul n’aurait imaginé vivre des moments aussi compliqués. Nous n’aurions jamais imaginé passer par de telles épreuves. »
Une douzaine de jours après les premiers heurts, a poursuivi l’ambassadeur de Maurice en Arabie saoudite, la vie suit son cours à Riyad. « L’école et le travail continuent comme d’habitude. Nous essayons de reprendre des habitudes normales… » Cependant, cette guerre est comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête de tout le monde. S’agissant des Mauriciens se trouvant à Dubaï, le consulat sur place oriente les personnes désireuses de quitter le pays. Même si les vols reprennent mais pas sur une base régulière s’agissant des passagers.
Pour ce qui est des pèlerins mauriciens venant accomplir leur Umrah (petit pèlerinage à la Mecque), Riad Hullemuth a expliqué que le va-et-vient continue. « Certains voyagent par Saudi Airlines, et passent par Nairobi pour rallier l’Arabie saoudite. D’autres passent par Jeddah et Nairobi. La circulation se poursuit. »
D’après l’ambassadeur, « nous restons en alerte à chaque moment. Et nous conjuguons nos efforts, avec les autorités mauriciennes et saoudiennes, nous mettons tout en œuvre pour répondre aux besoins et attentes de chacun. Il le faut car c’est notre devoir. Loin de nous l’idée qu’un conflit viendrait tout changer dans notre routine. Mais c’est arrivé. Et maintenant, nous nous adaptons et faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider chaque compatriote.»

