Les subventions accordées par le National Arts Fund (NAF) aux artistes connaissent désormais une hausse générale de 15%, suivant l’annonce faite dans le budget 2023/2024. C’est ce qu’a indiqué le président du NAF, Gaëtan Abel, lors de son intervention à l’occasion du lancement du film documentaire Les Vanniers de bambous suivi de No trespassing gardien – Pou enn ti zistwar poul, réalisé par Ravi Sembhoo, à MCiné à Trianon, récemment. Un événement soutenu par la Mauritius Film Development Corporation (MFDC). Les deux productions ont bénéficié des subventions du NAF pour un montant total de Rs 800 000.
Gaëtan Abel avance que désormais les artistes porteurs de projets pourraient bénéficier de cette hausse de 15%. Cependant, a-t-il précisé à Le-Mauricien, le plafond demeure le même. « Ainsi, la Production Grant passe à 75% du coût total du projet avec un plafond de Rs 800 000 ; l’Emergent Talent Grant sort de 75% pour atteindre les 90% avec un plafond de Rs 300 000 ; idem pour la Capacity Building Grant », dit-il. Le Research Grant passe de 65% à 80% avec un seuil de Rs 500 000.
« La dernière formule introduite avec la pandémie du Covid-19, la Digital Creative Art Grant passe de 60% à 75% avec un plafond de Rs 500 000 », ajoute-t-il. Il a aussi annoncé le lancement d’un appel à projets pour fin juillet/début août.
Le président du NAF devait également indiquer que plus d’une centaine de projets ont été financés par le NAF depuis sa mise en place en 2018. Pour lui, « c’est toujours un grand plaisir de voir la première d’un projet bénéficiaire car le but du NAF est de soutenir financièrement les artistes dans la concrétisation de leur projet ». « Sans ce soutien, a-t-il noté, ils ne pourraient pas aller de l’avant. D’autant que parfois, un projet de film peut commencer à Rs 3,5 millions. Selon Gaëtan Abel, parfois, les artistes doivent attendre longtemps avant de bénéficier de la subvention. Il a expliqué que « comme il s’agit de l’argent des contribuables, cela peut prendre du temps ».
De son côté, me directeur de la MFDC, Sachin Jootun, a rappelé que sous le National Resilience Fund, les cinéastes mauriciens peuvent bénéficier jusqu’à Rs 2 millions pour la concrétisation de leur projet.
Les invités présents ont eu l’occasion d’entendre le réalisateur Ravi Sembhoo également. Ingénieur en informatique, celui-ci a, à un certain moment de sa carrière, choisi de se réorienter pour se consacrer à sa passion : faire du cinéma. Un parcours semé d’embûches mais où la persévérance a payé. Il a bénéficié d’une formation de la MFDC et a eu l’occasion de travailler sur des plateaux de tournage. Il a produit des films documentaires et des courts-métrages. No trespassing gardien – Pou enn ti zistwar poul est sa première réalisation en format moyen. Il est actuellement en pourparlers pour la diffusion du film dans des salles à Maurice et souhaite l’inscrire à des festivals internationaux.
No trespassing gardien – Pou enn ti zistwar poul est une incursion dans les années 70 à l’île Maurice. M. Sembhoo a eu envie de partager « des histoires mystérieuses, voire d’horreur » très populaires qui se passent dans l’île. « J’ai eu envie de donner un aperçu de la manière dont les gens modestes vivaient à Maurice. C’est une culture qui existe encore aujourd’hui dans certains villages », confie-t-il.

