Océan Indien | Souveraineté et décolonisation — Chagos: Londres s’en remet au feu vert de Donald Trump

Lord Callanan (conservateur) remet en perspective l’Exchange of Notes du 30 décembre 1966 pour faire dérailler le calendrier de ratification du Chagos Deal Baroness Chapman (Labour) confirme: « Talks are ongoing to update the UK-US Agreement because the existing Agreement would no longer reflect the status of Diego Garcia » Le First Minister du GM des Chagos en exil, Misley Mandarin, annoncé en route pour Washington en vue d’une ultime opération Lobbying contre le Chagos Surrender Deal

Le calendrier de ratification du Chagos Deal avec l’adoption du Diego Garcia Military Base and British Indian Ocean Territory Bill par la House of Commons et la House of Lords est chamboulé. L’étape des Considerations de ce projet de loi à la House of Lords, qui avait été annoncée initialement pour ce lundi ensuite au lundi 2 février, est désormais annoncée comme étant reportée Sine Die. Aucune date n’a été arrêtée à ce lundi. La raison est que le camp des Lords conservateurs, mené par Lord Callanan, a initié des procédures imposant des consultations entre Londres et Washington au sujet de la validité de l’Exchange of Notes entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis au sujet de la création du British Indian Ocean Territory en date du 30 décembre 1966. Cette motion exige une pause des procédures, le temps que cette question soit réglée de fond en termes de Droit International avec de ce fait, Londres s’en remettant au président des États-Unis, Donald Trump quant à l’entrée en vigueur du Chagos Deal. En parallèle, le lobby anti-Chagos Deal accentue sa campagne auprès de la Maison-Blanche pour s’assurer du veto du chef de l’Excécutif américain contre la restitution de la souveraineté retrouvée de Maurice sur l’archipel des Chagos. De son côté, le First Minister du gouvernement des Chagos en exil, Misley Mandarin, est annoncé en route pour Washington dans le cadre de cette ultime opération contre le Chagos Surrender Deal.

- Publicité -

Réagissant à la décision de Lord Callanan d’évoquer la possibilité que le traité anglo-mauricien du 25 mai 2025 soit en violation de l’Article I des Exchange of Notes du 30 décembre 1966 agréé entre les États-Unis et le Royaume-Uni, la Baroness Chapman of Darlington, ministre d’État au Foreign Commonwealth and Development Office et porte-parole du gouvernement Starmer à la House of Lords, a adressé une correspondance formelle à Lord Callanan pour préciser la position de No 10 Downing Street. Cette correspondance est brandie dans le camp des conservateurs comme une nouvelle victoire après celle de l’Act of Great Stupidity du président Trump de mardi dernier.

« As I have previously highlighted, and as noted in your letter, talks are ongoing to update the UK-US Agreement. This is precisely because the existing Agreement would no longer reflect the status of Diego Garcia. The Governments of the United Kingdom and the United States have made excellent progress towards finalising a UK-US Agreement and will reach an agreement on it before the Agreement between the United Kingdom and Mauritius concerning the Chagos Archipelago including Diego Garcia (the “UK-Mauritius Agreement) is ratified », fait comprendre la Baroness Chapman.

- Publicité -

Néanmoins, la porte-parole du gouvernement Starmer sur les Chagos à la House of Lords maintient que « contrary to the assertion in your letter, passing the Bill would not place the United Kingdom in breach of the UK-US Agreement or breach international law. This is because the operative parts of the Bill, including Clause 3, would not come into effect until the UK-Mauritius Agreement comes into force, as set out in Clause 1(2) of the Bill. »

Le gouvernement britannique s’appesantit également sur le fait que « the Diego Garcia Military Base and British Indian Ocean Territory Bill is needed now so that the UK can take the necessary steps in advance of ratifying the UK-Mauritius Agreement, including making relevant secondary legislation. The UK-Mauritius Agreement will only be ratified when the relevant domestic law and international arrangements are in place. »

- Advertisement -

Le quotidien des conservateurs anglais, The Telegraph, qui adopte un ton de jubilation depuis le coup de griffe diplomatique de Donald Trump, annonce également que « meanwhile, Misley Mandarin, the first minister of the newly-established Chagossian government-in-exile, is expected to fly to the US on Sunday to urge Mr Trump to halt the Chagos deal. » La leader de l’opposition et du parti Conservateur, Kemi Badenoch, qui avait laissé la main à la Shadow Foreign Secretary, Dame Priti Patel, est montée en première ligne pour souligner que « Tories had been engaged in quiet diplomacy with the Republicans, to flag how this deal is a risk to national security. »

Du côté de Westminster, un porte-parole du gouvernement Starmer, rapporté par The Telegraph, avance que « the government remains fully committed to the deal to secure the joint UK-US base on Diego Garcia, which is vital for our national security. This is irresponsible and reckless behaviour by peers, whose roles is to check legislation, not interfere with our national security priorities. »

D’autre part, la paternité des initiatives politiques et diplomatiques, ayant débouché sur l’Act of Great Stupidity de Donald Trump sur le Chagos Deal divise âprement  l’opposition britannique, la Shadow Foreign Secretary, Dame Priti Patel, répondant à des questions sur GB News, hier, ayant trouvé que « it is absolutely misleading for Reform UK to credit their leader for the climbdown » de la semaine dernière sur ce dossier. « Dame Priti Patel has refused to admit Nigel Farage did some heavy-lifting behind-the-scenes which culminated in Donald Trump’s extraordinary intervention in Labour’s Chagos deal », rapporte la presse britannique à ce chapitre.

https://www.telegraph.co.uk/world-news/2026/01/24/stop-chagos-deal-white-house-officials-tell-trump/

EN CONTINU
éditions numériques