Le chef de file du groupe parlementaire travailliste, Arvin Boolell, s’est rendu mardi au jardin botanique de Curepipe pour constater de visu les travaux en cours en vue de créer une plateforme spirituelle sur la berge de la rivière. Il était accompagné de l’ancien maire de Curepipe, Michel Sik Yuen, et de Hedley Chimon.
Les travaux dans la matinée d’hier semblaient être suspendus. Aucun employé ne se trouvait sur le lieu. La plateforme en question est en construction dans la partie gauche du jardin après le pont si on pénètre le jardin à partir de la route du Jardin. Il existe déjà une plateforme à droite du pont sur la berge de la rivière.
Celle en construction est tout à fait nouvelle et n’a rien à voir avec un mur de soutènement. Les travaux ont nécessité des fouilles, ce qui explique un amoncellement de pierre. Aucun arbre n’a été coupé. La maison en pierre où habitait M. Bestel, un haut cadre de la municipalité qui s’occupait également du jardin dans le passé, n’est plus. Une partie des pierres anciennes qui avaient servi à sa construction est toujours entassée dans les environs mais n’est pas utilisée pour les travaux en cours. L’enseigne indiquant le nom du contracteur et l’objectif des travaux a été enlevée mais se trouve encore sur les lieux.
Arvin Boolell a observé que ces travaux suscitent des critiques de la part d’un grand nombre de la population de Curepipe et à travers l’île bien que personne n’ait trouvé à redire concernant le fait que les pèlerins participant au Cavadee ou au Maha Shivaratree ont l’habitude d’utiliser le jardin sans embarrasser personne. Le jardin est un lieu de détente pour de nombreuses familles mauriciennes et de leurs enfants, notamment durant les week-ends, selon lui. Et beaucoup ne comprennent pas pourquoi au lieu de songer à embellir et de mieux gérer ce jardin historique qui constitue un patrimoine national, « priorité a été donné à la création de cette plateforme pour des raisons d’ordre politique ».
Le député se demande : « Pourquoi n’avoir pas lancé un Environment Impact Assessment comme c’est le cas pour tous les projets d’infrastructure importants ? » Et d’affirmer que la municipalité de Curepipe a créé « un mauvais précédent » et que des mesures doivent être prises afin de protéger le jardin contre toute velléité de construction et de projets contraire à la vocation initiale du jardin, qui sont susceptibles « de défigurer les lieux et d’entraver les habitudes des Curepipiens en général ».
De son côté, le ministère de l’Environnement a diffusé, mardi, un communiqué au sujet de ces travaux. Il explique que c’est à la demande de la mairie de Curepipe que des travaux ont été entrepris au jardin botanique de Curepipe afin de sécuriser et consolider une plateforme existante se trouvant sur la berge de la rivière du jardin. Il annonce que les travaux seront complétés en février 2022.
Le ministère précise qu’il n’y a pas eu d’abattage d’arbre pendant les travaux et que l’espace d’acclimatation des plantes exotiques et endémiques ne sera en aucun cas menacé. Il va de soi que la valeur historique et culturelle du jardin sera aussi préservée
« Pendant de nombreuses années, le jardin accueille différentes processions religieuses sans pour autant menacer le cachet historique environnemental et écologique des lieux. Il est convenu suivant la requête de la mairie de Curepipe que les citadins, les visiteurs et les amoureux de la nature pourront aussi profiter de l’espace pour faire du yoga de la médiation et autres exercices physiques », souligne le communiqué.

