« Parfwa vremem », l’artiste ne gagne rien : Le sacre amer de Diyaune Francoeur

Diyaune Francoeur est le grand gagnant du concours Disque de l’année 2025 sur plusieurs radios. Une consécration attendue pour son titre phare, mais qui laisse aujourd’hui un goût amer à l’artiste.

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Le constat est sans appel : depuis des décennies, de nombreux artistes mauriciens ne sont pas réellement récompensés, même lorsqu’ils remportent le prestigieux Disque de l’année. Le système actuel repose sur des votes organisés par des prestataires de services téléphoniques et des ondes radios. Si le public vote massivement, il est souvent attiré par des cadeaux promis aux auditeurs, laissant l’artiste sur la touche.

« Bann ki vote gagn kado, me lartis, li, ki so rekonpans ? » s’interroge Diyaune Francoeur. Selon lui, les lots offerts aux votants sont bien plus importants que ce que reçoit l’artiste primé, parfois réduit à une simple reconnaissance symbolique.

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Cette frustration exprimée par Diyaune Francoeur fait écho à la mobilisation récente du Kolektif Artis Mizikal (KAM). Mené par des figures emblématiques comme Bruno Raya et Billygane, le collectif a récemment tiré la sonnette d’alarme sur l’exploitation des artistes lors de ces concours. Le KAM revendique haut et fort que les revenus générés par les SMS de vote et la publicité profitent aux entreprises et aux radios, alors que les créateurs, piliers de cette économie, sont les grands oubliés du partage des revenus.

L’artiste précise qu’il ne cherche pas la confrontation avec les radios. Sa démarche vise à réclamer le respect des droits des artistes. Il dénonce l’absence de protocoles clairs et de critères définis par la MASA et le ministère des Arts et de la Culture pour encadrer ces concours et garantir une récompense juste aux artistes.

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Diyaune Francoeur souligne une contradiction majeure : ses chansons sont enregistrées à la MASA et les radios paient déjà des redevances pour diffuser la musique locale. « Bann radio fer biznes lor nou bann sante, me lartis ki gagn Disque de l’Année pa rekonet a so zist valer », déplore-t-il.

Il évoque les sacrifices consentis dans la création musicale, entre investissements financiers, temps et travail, sans réel retour. Faute de cadre légal et de protection adéquate, ce sont, selon lui, les artistes qui continuent de sortir perdants.

L’artiste appelle le ministère à prendre la mesure de cette injustice et à engager un dialogue avec des actions concrètes afin que la situation ne se reproduise plus. Il souligne qu’un jeune artiste, dont la chanson serait sacrée Disque de l’année sans récompense, vivrait une expérience profondément injuste et décourageante.

Sans prétendre parler au nom de toute la profession, Diyaune Francoeur veut mettre en lumière une réalité persistante. Il rappelle qu’à l’étranger, notamment aux Seychelles, les artistes sont bien mieux valorisés pour leur contribution à la culture nationale. « L’État mauricien doit reconnaître notre travail et nous valoriser », conclut-il.

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