Patrick Belcourt, leader d’En Avant Moris, accompagné des membres de son parti, de Bruneau Laurette et des sympathisants d’Ansam Sitwayen, ont rendu hommage à Kaya (Joseph Réginald Topize) et Berger Agathe au cimetière de Roche-Bois, hier. Patrick Belcourt a demandé au Premier ministre, Navin Ramgoolam, de décorer Kaya à titre posthume, à l’occasion du 12 mars.
Par le passé, l’État avait déjà pris l’initiative d’octroyer le titre de Grand Officer of the Order of the Star and Key of the Indian Ocean (GOSK), à titre posthume, à Kaya. Toutefois, sa veuve, Véronique Topize, avait refusé. Elle avait alors fait valoir qu’il était plus important de faire la lumière sur le décès de son époux.
Pour Patrick Belcourt, sa demande est légitime, car il est temps que l’État reconnaisse enfin, l’immense héritage du créateur du seggae : « Après 27 ans de déni, il est temps de reconnaître la contribution de Kaya. Il a un apport culturel extraordinaire pour le pays et il était aussi un Mauricien convaincu, de par sa façon de vivre, ses valeurs et ses messages de mauricianisme. »
Le leader d’En Avant Moris a aussi déploré qu’aucun leader politique n’ait abordé cette question. Il estime que le pays a un devoir de mémoire envers l’artiste décédé en prison en février 1999.
Bruneau Laurette a, lui, soutenu que Kaya était en avance sur son temps. « Si on avait écouté son message pour la dépénalisation du cannabis, peut-être qu’il n’y aurait pas eu autant de ravages du chimique dans le pays », trouve-t-il.
Nita Juddoo a abondé dans le même sens. Elle a souhaité qu’un jour, la raison pour laquelle Kaya avait été arrêtée (ndlR : fumer du cannabis lors d’un concert de dépénalisation) ne soit plus d’actualité, afin d’en finir avec la drogue synthétique.
Elle a également mis en avant ses messages de mauricianisme : « Les gens qui écoutent Kaya ne sont pas dans des ghettos communautaires. » De même, elle a souhaité que les radios et la télévision diffusent davantage de chansons de Kaya pour que les jeunes découvrent ses messages.

