Pension à 65 ans : le Conseil des syndicats invite le GM à faire machine arrière

Le Conseil des Syndicats (CDS) lance un appel au gouvernement pour qu’il revoie sa position au sujet du paiement de la Basic Retirement Pension (BRP) à l’âge de 65 ans au lieu de 6O.

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« Certes, le poids financier de la BRP est important. Mais fixer l’âge d’éligibilité à 65 ans de manière arbitraire n’est pas une solution durable. Aujourd’hui, c’est 65, demain ce sera 67, puis 70, et après ? La BRP devrait être appliquée de façon flexible, en tenant compte de l’âge réel de départ à la retraite. Cette approche serait plus juste, plus humaine, et plus conforme à la réalité de terrain. Et puis, qu’en est-il de ceux qui ont versé leur sueur – et parfois leur sang  – pour bâtir notre économie ? Nous pensons aux planteurs, ouvriers, artisans, petits commerçants, pécheurs… Ceux qui ont commencé à travailler très jeunes, souvent dans des conditions difficiles, sans véritable filet de sécurité. Qu’en est-il des femmes de ménage ? » avance le président du Conseil des Syndicats, Sanjay Sembhoo.

D’après le syndicaliste, quand une personne vieillit, il connaît souvent divers soucis de santé pour lesquels il lui faut constamment dépenser de l’argent. « Comment feront ces personnes-là ? Et plus loin encore, il y a des gens qui sont employés et touchent toujours Rs 25 000 aujourd’hui. Même s’ils restent dans leur emploi, peut-on les priver de la BRP quand ils ont leur famille à nourrir ? Est-ce là un gouvernement responsable ?» se demande-t-il en ajoutant : « peut-on parler d’équité sociale si l’on traite de la même manière un cadre ayant commencé sa carrière à 25 ans et un planteur qui travaille depuis l’âge de 12 ou 13 ans ? »

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Pour Sanjay Sembhoo, il faut avoir une approche plus humaine, différenciée et équitable du droit à la retraite. La flexibilité de la BRP, alignée sur l’âge réel de départ à la retraite et les réalités du parcours de vie, est non seulement souhaitable, mais indispensable. « Nous sommes dans un pays qui honore ses aînés. Est-ce trop demander ? Nous faisons un appel au ministre Ashok Subron, qu’il assume ses responsabilités par rapport au drame humain lié a la BRP ! » a-t-il dit.

Le CDS,  qui a analysé les différentes mesures budgétaires, estime que  le budget 2025-26 contient, toutefois, de bonnes intentions pour redresser l’économie mais qu’il y a d’autres qui font grincer des dents. Parmi les mesures positives annoncées, le CDS note les débats parlementaires sur les rapports du National Audit Office, les investissements dans le secteur portuaire, la mise en place d’un système intégré de surveillance des prix, l’IA dans le système éducatif, l’économie autour du recyclage de déchets, des mesures pour stabiliser la roupie et la création des académies dans le secteur sportif.

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Selon le président du CDS, le budget a proposé des stratégies alliant agriculture durable, agroécologie et culture non chimique pour que nos citoyens aient une alimentation saine, nutritionnelle et de qualité. « Or, nous observons une autre philosophie, celle d’un système de culture verticale en atmosphère contrôlée qui est adapté aux climats tempérés. Dans un pays tropical comme le nôtre, ce type d’installation est très énergivore, notamment en raison des besoins élevés en refroidissement et de l’entretien coûteux. De plus, la qualité nutritionnelle des produits cultivés de cette manière est généralement inférieure, car ces plantes sont nourries principalement à l’eau et aux engrais. »  

Sanjay Sembhoo invite aussi le gouvernement à revoir sa position concernant les bouteilles en plastique. « Il est temps de les interdire définitivement. Fixons un horizon de trois ans pour une interdiction totale : l’île Maurice en sortirait gagnante », a-t-il proposé.

Concernant l’augmentation de l’Excise Duty et de la Road Tax, il a déclaré que cela ne résoudra pas le problème chronique de la congestion routière. « Si ces mesures étaient réellement efficaces, la flotte de véhicules n’aurait pas connu une telle croissance au fil des années. On avait proposé une politique de retrait progressif des véhicules anciens et leur recyclage. Une telle mesure, combinée à une véritable politique d’amélioration du transport en commun – confort, sécurité, ponctualité -, aurait eu un impact beaucoup plus durable. L’introduction de Bus Lanes et la création de zones urbaines (et des routes) exclusivement réservées aux bus auraient aussi contribué à une circulation plus fluide et à une réduction de la dépendance à la voiture individuelle. »

Le CDS note aussi que les subsides accordés aux planteurs pour les semences de pomme de terre connaissent une baisse de 75% à 50%. « Les planteurs de pomme de terre vont maintenant débourser Rs 20 000 en plus. La question qui se pose maintenant est de savoir si le prix de la pomme de terre va augmenter. Est-ce que les consommateurs vont payer plus ? Combien ? Il ne faut pas oublier que la pomme de terre fait partie de la cuisine quotidienne des Ti-dimounn alors que d’autres peuvent se permettre d’avoir un poisson et d’autres légumes comme alimentation », indique-t-il.

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