La présidente de la Congress of Independent Trade Union (CITU), Rajeshree Thylamay, a attiré l’attention du gouvernement sur le traitement inégal entre les employés des secteurs public et privé lorsqu’il s’agit de l’application du protocole relatif aux fortes averses. Elle s’exprimait mercredi à l’Altal Bihari Vaypayee Institute of Public Service, à Ébène, lors d’une table ronde réunissant les représentants des Comores, de Madagascar, de Maurice et des Seychelles pour discuter de la justice sociale et le travail décent.
« À l’heure actuelle, lors d’événements climatiques extrêmes, lorsqu’un communiqué officiel est émis par les autorités compétentes, les employés du secteur public sont autorisés à quitter leurs lieux de travail pour des raisons de sécurité. Cependant, cette mesure n’est pas systématiquement appliquée pour les employés du secteur privé, qui se retrouvent souvent à la merci des décisions unilatérales de leurs employeurs », fait-elle comprendre. Elle ajoute que cette situation est source d’inégalité et de discrimination. « Les risques climatiques ne font aucune distinction entre les travailleurs du secteur privé et ceux du public. Tous empruntent les mêmes routes, sont exposés aux mêmes dangers et ont le même droit fondamental à la sécurité », ajoute-t-elle.
Les organisations syndicales estiment qu’il est grand temps que le gouvernement intervienne en mettant en place un cadre légal clair et contraignant, garantissant la sécurité de tous les travailleurs chaque fois qu’une situation de catastrophe nationale est officiellement déclarée, qu’elle soit liée aux conditions météorologiques ou à toute autre urgence majeure. « À cet effet, nous sollicitons l’intervention du ministre du Travail et des Relations industrielles afin d’envisager l’établissement d’un protocole uniforme, clair et non discriminatoire, applicable à l’ensemble des travailleurs, indépendamment de leur secteur, lors des événements climatiques extrêmes officiellement déclarés. La protection de la vie et de la sécurité des travailleurs doit primer sur toute autre considération. Le changement climatique est une réalité nationale », maintient-elle.
Abordant la question de l’emploi et des parcours professionnels, la présidente de la CITU a mis l’accent sur les disparités existantes entre les opportunités offertes à l’étranger et celles disponibles localement. « À l’international, on dit souvent que le ciel est la limite lorsque l’on est compétent et déterminé. En revanche, dans notre contexte local, même lorsque l’on est qualifié et performant, il existe parfois un plafond de verre qui limite l’évolution professionnelle », regrette-t-elle.
Ce plafond de verre empêche de nombreux travailleurs, en particulier les jeunes et les femmes, d’atteindre leur plein potentiel. « Pourtant, nous avons tous les mêmes capacités et le même potentiel. Ce qui diffère, ce sont les opportunités réelles d’avancement », a-t-elle soutenu. « En tant que femme, je peux témoigner que le plafond de verre demeure une réalité. Il constitue un handicap majeur pour l’accès des femmes aux postes à haute responsabilité, notamment aux fonctions de dirigeante ou de CEO au sein des organisations », poursuit-elle.
Dans un monde du travail en pleine transformation, marqué par l’intelligence artificielle et les nouvelles formes d’emploi, elle souligne la nécessité de repenser les parcours professionnels, de garantir l’égalité des chances et de mettre en place des politiques inclusives permettant à chacun – en particulier aux jeunes et aux femmes – de progresser sur la base du mérite et des compétences. Les syndicats estiment donc urgent de créer davantage d’emplois décents et durables, de garantir des parcours professionnels transparents et équitables et de valoriser les compétences locales, notamment celles des jeunes et des femmes. La présidente de la CITU a conclu en affirmant que l’intelligence artificielle représente une opportunité à saisir, mais que son adoption doit être responsable et équilibrée.
Réagissant à la demande de la CITU pour un protocole uniforme destiné aux travailleurs des secteurs public et privé face aux pluies torrentielles, le ministre du Travail, Reza Uteem, a indiqué qu’un comité technique a été mis sur pied sous la présidence du secrétaire au Cabinet, Suresh Seebaluck. « Le comité s’est réuni à plusieurs reprises et un premier protocole a déjà été défini. Il sera applicable à tous les travailleurs des secteurs public et privé. Ce document sera bientôt présenté au conseil des ministres. Une fois le document approuvé, nous travaillerons avec le State Law Office pour déterminer s’il peut être appliqué tel quel ou s’il nécessite des amendements à la législation du travail », a-t-il précisé.

