Si l’arrivée des pluies est vivement attendue pour remplir les réservoirs, l’annonce de l’arrivée des pluies torrentielles et de la saison cyclonique n’est pas sans source d’angoisse pour les familles habitant des abris de fortune ou des maisons n’offrant pas de protection contre les cyclones. Le père Gérard Mongelard, membre de Drwa a enn Lakaz lance un appel à la solidarité des Mauriciens envers toutes ces familles qui, s’attriste-t-il, « vont une fois de plus souffrir ».
« Je me demande comment ces personnes vont faire avec le mauvais temps qui s’annonce. Il y a certainement des familles qui vont devoir trouver refuge ailleurs. Nous essaierons de voir comment les aider à trouver un toit pour les abriter temporairement », dit-il. Face à de telles situations, ajoute le prêtre, « nous ne pouvons que compter sur la solidarité des gens. Il y a heureusement encore des personnes qui ont du cœur et qui sont sensibles à la souffrance des autres ».
Une réunion de Drwa a enn Lakaz est déjà prévue début février pour justement se pencher sur ce problème de logement. « Nous essaierons de caser un maximum de personnes qui sont dans une situation vraiment difficile », indique-t-il.
Il ajoute par ailleurs devant la lenteur avec laquelle les autorités procèdent par rapport à la construction des 12 000 logements annoncés. « Cela fait déjà quatre ans que nous attendons ! Aujourd’hui, le coût d’une maison est passé de Rs 1,5 million à Rs 3 millions. Tout laisse croire que ça va traîner davantage. Imaginez-vous, 30 000 familles attendent d’avoir de maisons ! On devait en construire 12 000 pour soulager une partie des familles et même là, cela n’a pas démarré. Vous réalisez le résultat… Toutes ces familles vont encore souffrir, sans parler du coût de la vie qui flambe… », déplore-t-il.
Le prêtre a un peu d’appréhension quand il pense à la manière dont cela se passe souvent quand les familles sinistrées sont envoyées dans les centres de refuge, surtout celles avec des enfants en bas âge. « C’est un vrai calvaire pour ces gens », avance-t-il.
D’où son appel envers la population : « peu importent les formes d’aide envers ces familles, on est prêt à accueillir toute forme de soutien venant des gens de bonne volonté. Il n’y a pas que l’aspect financier, il y a aussi l’aspect alimentaire. On essaie aussi de consolider les maisons qui ne sont pas en bon état mais là aussi il faut que les familles en soient propriétaires pour pouvoir le faire. Aidez-nous à les aider ».
Si Géraldine, qui habite Cotteau-Raffin, La-Gaulette, reconnaît les bienfaits de l’arrivée des pluies en ce temps de sècheresse grave, l’annonce de plusieurs jours de pluies torrentielles n’est pas moins source d’angoisse pour elle et sa famille. Cette mère de quatre enfants garde de mauvais souvenirs d’inondations dans le passé.
« La pluie nous apportera de l’eau, ce qui est bien mais si elle dure plus d’une heure et plus de deux jours, notre maison sera inondée. Depuis le temps qu’on a annoncé la construction d’un drain, rien n’a été fait. On a donc fouillé un canal pour que l’eau des pluies soit évacuée. On ne sait si cela va marcher. Il faut attendre les pluies pour savoir », appréhende-t-elle.

