Le ministre du Commerce et de la Protection des consommateurs, Michaël Sik Yuen, a répondu ce mardi à la Private Notice Question du leader de l’opposition, Joe Lesjongard, à l’Assemblée nationale en ce mardi 24 mars. Il a confirmé que le conflit au Moyen-Orient exerce déjà une pression sur le pouvoir d’achat des Mauriciens, à travers la hausse des prix internationaux et les perturbations des chaînes d’approvisionnement.
Il ressort des analyses du Macroeconomic Coordination Committee que Maurice, fortement dépendant des importations, subit un choc externe à plusieurs niveaux. La hausse des prix du pétrole et des produits alimentaires, l’augmentation des coûts du fret et des assurances, ainsi que l’appréciation du dollar américain, exercent une pression directe sur le coût de la vie. L’inflation, initialement estimée entre 3,6% et 4% pour 2026, pourrait atteindre 6% selon l’évolution des prix internationaux.
Le ministre du Commerce et de la Protection des consommateurs a expliqué que plusieurs facteurs contribuent à cette pression. La hausse des prix du carburant impacte directement les coûts de transport, de production et de distribution. Les produits alimentaires importés subissent également une hausse liée à l’augmentation des coûts des intrants agricoles et des engrais. À cela s’ajoutent des contraintes logistiques, avec des frais de transport plus élevés, des délais plus longs et des difficultés d’approvisionnement. L’effet du taux de change accentue encore le coût des importations.
Il a également évoqué des risques plus larges, notamment une augmentation de la facture d’importation en carburant et en nourriture, des pressions sur la balance des paiements, ainsi que des impacts possibles sur les investissements étrangers et le secteur touristique souligne Michaël Sik Yuen.
Face à cette situation, un comité de haut niveau, présidé par le Financial Secretary, a été mis en place pour suivre l’évolution sur cette affaire et proposer des mesures, avec une attention particulière pour les petites et moyennes entreprises et les ménages vulnérables.
Le ministre explique qu’il y a déjà en place un dispositif de contrôle des prix qui couvre actuellement plus de 5 000 produits. Il repose sur trois mécanismes, le plafonnement des marges sur une trentaine de produits essentiels, la fixation de prix pour des produits stratégiques comme le pain, le gaz, le riz ou la farine, et un système spécifique pour les médicaments essentiels, notamment pour le diabète et les maladies cardiovasculaires.
Il indique que les prix sont consultables à travers un site internet, mais que son ministère, de concert avec celui des TIC, travaillent sur une alternative plus accessible aux consommateurs.
Le Price Stabilisation Fund, doté d’un cadre de Rs 10 milliards sur cinq ans, constitue un autre levier selon lui. À ce jour, environ Rs 628 millions ont été déboursées, dont Rs 110 millions sur les trois derniers mois. Les décaissements devraient atteindre Rs 1,6 milliard d’ici la fin de l’année financière. Les subventions concernent notamment le lait en poudre, l’huile, les couches pour bébés, le fromage, ainsi que le poisson en conserve, les grains secs et certains médicaments.
Le ministre explique que sur le plan de l’approvisionnement, la State Trading Corporation a été chargée de diversifier ses sources d’importation, d’explorer des accords entre gouvernements et de maintenir des stocks de sécurité pour les produits essentiels et les carburants.
Concernant le Price Stabilisation Account, le ministre a indiqué qu’au 23 mars 2026, un surplus d’environ Rs 400 millions est enregistré pour le Mogas, tandis que le Gas Oil affiche un déficit d’environ Rs 2,3 milliards, soit un déficit net de Rs 1,9 milliard. Ce mécanisme permet de lisser les variations des prix internationaux et d’éviter des hausses brusques à la pompe.
Le ministre a assuré que la situation reste suivie de près et que le gouvernement se tient prêt à ajuster ses mesures afin de protéger le pouvoir d’achat, en particulier celui des ménages les plus vulnérables.

