Police : un plan stratégique pour restaurer la confiance publique

Le commissaire de police, Rampersad Sooroojebally, a présenté samedi le plan stratégique 2026–28 de la Mauritius Police Force. Le document, dévoilé en présence des hauts gradés et officiers de la force, se veut la nouvelle feuille de route de l’institution pour les trois prochaines années, dans un contexte marqué par une montée du sentiment d’insécurité au sein de la population.
Axé sur la sécurité publique, la proximité avec les citoyens et la modernisation des méthodes policières, le plan repose sur cinq axes prioritaires : la lutte contre le trafic de drogue, le renforcement de la sécurité routière, la lutte contre la criminalité organisée, la prévention et la répression des violences basées sur le genre, ainsi que la Community Safety & Crime Prevention. Il s’inscrit dans la vision globale du gouvernement en matière de Law & Order et ambitionne de repositionner « la police comme une institution plus performante, plus transparente et plus proche de la population. »
Entouré du Deputy Commissioner of Police, Krishna Jhugroo, et de l’ACP Rajcoomar Seebah, Rampersad Sooroojebally a reconnu l’ampleur des attentes citoyennes face à la recrudescence des faits sur le front du Law and Order. « Il y a une attente claire de la population en matière de Law & Order. C’est pour y répondre que ce plan stratégique a été élaboré autour de cinq grands objectifs. Nou pou fer latet lipie pou regagn konfians la popilasion », a-t-il déclaré.
La lutte contre le trafic de drogue demeure l’un des piliers du plan. Il a fait état des efforts soutenus de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU), indiquant que les opérations menées ont permis la saisie de drogues d’une valeur dépassant Rs 1 milliard. Le plan stratégique prévoit également la réorganisation de certaines divisions, dont l’ADSU, afin de renforcer la discipline, la transparence et la coordination opérationnelle. Plusieurs unités ont déjà été fusionnées, tandis qu’un renforcement de la surveillance maritime est annoncé pour prévenir les activités illégales.
En matière de sécurité routière, la police entend durcir le ton dès cette année. Le commissaire de police a évoqué la réintroduction du permis à points et la multiplication d’opérations conjointes de type Crackdown visant les excès de vitesse, la conduite sous l’emprise de drogues et les comportements dangereux, notamment les rodéos sauvages de motocyclistes. Un recours accru aux caméras du Safe City Network est prévu pour renforcer la détection et la répression des infractions.
Le volet des violences basées sur le genre occupe également une place centrale dans le plan. Face à l’augmentation des féminicides et aux cas de violences contre les enfants et les personnes âgées, Rampersad Sooroojebally a annoncé une politique de tolérance zéro. Un suivi renforcé des récidivistes est prévu afin de prévenir la répétition de ces actes et de renforcer la protection des personnes vulnérables.
Enfin, interrogé sur la pollution sonore, devenue une source majeure de conflits de voisinage, le commissaire de police a reconnu l’existence d’excès tout en rejetant l’idée d’une inaction policière. Il a annoncé l’acquisition prochaine de sonomètres qui seront mis à la disposition de toutes les unités de police, afin de permettre des interventions fondées sur des mesures acoustiques conformes aux normes en vigueur.

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