PRB : Les syndicats dans l’attente d’un dénouement

Les syndicalistes sont dans l’attente d’un dénouement positif avec le Special Cabinet Meeting prévu aujourd’hui au sujet des recommandations du dernier rapport du Pay Research Bureau (PRB).

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Le secrétaire général de la Government Servants Employees Association (GSEA), Gheerinshsing Gopaul, soutient que les syndicats et la classe des travailleurs attendent avec impatience les retombées de ces délibérations, car certaines décisions prises dans le cadre du PRB suscitent des remous au sein de la classe laborieuse. Il cite en exemple « la suppression brusque de la Sunday Allowance. »

« Nous avons déjà fait des représentations pour que la Sunday Allowance soit réintroduite au plus vite. Éliminer cette allocation pour les travailleurs qui opèrent en système de shift/roster dans les secteurs de la pêche, de la santé, des services d’incendie et de la météorologie soulève un profond mécontentement », a-t-il fait ressortir.

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En sus de cela, une pénurie se fait sentir dans plusieurs grades, et le paiement des heures supplémentaires dans le secteur de la santé reste toujours d’actualité. « Il faut savoir que ces heures supplémentaires sont dues depuis 2023 », a-t-il ajouté.

La GSEA et l’All Trade Federation déplorent également le fait que les recommandations du PRB soient appliquées en deux tranches. La GSEA demande au gouvernement de revoir cette décision et d’appliquer le rapport du PRB in toto à partir de janvier 2026. Elle espère ainsi un dénouement positif à l’issue du Special Cabinet Meeting.

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De son côté, le négociateur de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU), Narendranath Gopee, affirme que l’annonce du gouvernement de revoir les recommandations du PRB à travers un Special Cabinet Meeting « semble un peu floue », dans la mesure où de nombreux fonctionnaires ont déjà signé l’Option Form.

« Je ne sais pas trop comment cela va se faire maintenant. Mais pour le moment, ce qui agace le plus les fonctionnaires et d’autres catégories de travailleurs, c’est le paiement du PRB en deux phases et la Sunday Allowance. Le gouvernement a le devoir de régler ces deux problèmes qui causent pas mal de remous », a-t-il affirmé.

Il maintient toutefois que « l’annonce d’un Special Cabinet Meeting pour revoir les recommandations du PRB reste très floue. Normalement, ce n’est pas le Cabinet qui revoit les recommandations du PRB. Il incombe plutôt au PRB ou au ministère de la Fonction publique de le faire. Mais je pense quand même que des décisions très importantes vont être prises à la suite de cette réunion, notamment sur la Sunday Allowance et le paiement du PRB en deux tranches », déclare-t-il.

Concernant la Master Salary Scale, il doute fortement que le Cabinet ait les compétences appropriées pour la revoir. « Ce travail doit revenir au PRB », dit-il.

De son côté, le président du MLC, Haniff Peerun, affirme que le gouvernement doit d’abord rassurer les travailleurs qui ont déjà signé l’Option Form. Par ailleurs, Haniff Peerun fait ressortir que la table de conversion du PRB ne fait provision que pour l’année 2026, alors que le rapport sera appliqué jusqu’en 2027.

« Les fonctionnaires ne savent pas combien ils vont toucher en deux tranches, soit à hauteur de 50 % pour la première année. Que signifient ces 50 % ? L’augmentation salariale ou les conditions de service seront-elles également concernées ? Il faut clarifier la situation avec la publication d’une deuxième table de conversion pour 2027 », a-t-il déclaré.

Selon lui, ce Special Cabinet Meeting doit également décider d’appliquer le rapport du PRB in toto. « Nulle part dans le rapport du PRB il n’est mentionné qu’il doit être appliqué en deux tranches égales. Le rapport ne concerne pas uniquement les augmentations salariales, mais aussi les conditions de travail. Va-t-on appliquer le Scheme of Service à 50 % également ? », s’est-il demandé.

Il ajoute que ceux qui partent à la retraite cette année éprouvent de grandes difficultés, car ils ne savent pas à quel montant de Lump Sum ils auront droit, le rapport étant appliqué en deux tranches. « Cela s’applique aussi à leur pension, qui est calculée sur le dernier salaire. Même le ministère de la Fonction publique ne sait pas sur quel pied danser. Le Special Cabinet Meeting doit revoir tout cela. »

Enfin, Haniff Peerun estime que le conseil des ministres devrait saisir l’occasion pour nommer une personnalité indépendante chargée de présider un comité sur les anomalies du PRB, afin de produire un rapport d’Errors and Omissions.

 

La SOEF : mise sur pied d’un Anomalies Committee indépendant

La State and Other Employees Federation (SOEF) demande au Special Cabinet Meeting de mettre sur pied un Anomalies Committee indépendant afin de corriger les erreurs et anomalies relevées dans le dernier rapport du Pay Research Bureau (PRB).

« Nous sommes fermement convaincus que ce rapport, dans sa forme actuelle, comporte d’importantes erreurs, omissions et anomalies qui ont eu des répercussions négatives et injustes sur les conditions de service des employés du secteur public. Le PRB lui-même a reconnu, dans son rapport, les obstacles majeurs rencontrés lors de sa préparation. Ceux-ci comprennent la soumission d’informations obsolètes et incomplètes, la non-transmission de données essentielles par le management malgré des demandes répétées et, dans certains cas, une réticence du personnel des ressources humaines à fournir les informations nécessaires. Le PRB a également souligné une pénurie critique de personnel technique au sein du Bureau. Ces aveux constituent une preuve claire que le rapport n’a pas été élaboré dans des conditions optimales, ni même normales. Cet environnement défaillant explique directement les nombreuses anomalies et incohérences contenues dans le document. Loin d’améliorer les conditions de service, la mise en œuvre de ce rapport dans son état actuel porte atteinte aux droits acquis des employés », souligne Radhakrishna Sadien, négociateur de la SOEF.

« Un point majeur de discorde concerne le mécanisme restrictif et unilatéral proposé par le PRB pour corriger ces lacunes. Le paragraphe 20.32 du rapport stipule que les parties prenantes ne peuvent soumettre à nouveau des représentations déjà présentées et limite tout addendum au traitement des seules omissions ou erreurs authentiques, précisant explicitement que les nouvelles représentations/propositions ne seront pas considérées/examinée. Cette approche est fondamentalement injuste. Elle présuppose l’infaillibilité du PRB dans l’identification de toutes les erreurs et anomalies issues d’un processus déjà défaillant et prive les parties prenantes d’une réelle possibilité d’être entendues sur des questions substantielles découlant des défaillances opérationnelles reconnues par le Bureau lui-même », s’appesantit le syndicaliste.

Afin de garantir l’équité, la transparence et de rétablir la confiance de toutes les parties prenantes, « nous proposons que cette mission soit confiée à un Comité indépendant des anomalies, dont les termes de référence et la composition seraient définis conjointement par le gouvernement et les syndicats représentatifs ainsi que les autres organismes de parties prenantes. »

 

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