La production de feuilles de thé chute drastiquement à Maurice. Le changement climatique est l’un des facteurs qui affectent grandement ce secteur. La Grand-Port/Savanne Tea Cooperative Federation, qui vit des moments très difficiles, demande de fait l’aide du gouvernement. Selon son secrétaire général, Manilall Dhoboj, « il est plus que jamais nécessaire d’accorder le soutien nécessaire aux planteurs ».

Manilall Dhoboj explique que « le changement climatique nous affecte beaucoup ». Il ajoute : « D’ailleurs, le climat de janvier n’a pas été propice pour le thé et nous avons perdu 30% de notre production. » Cette baisse de production, dit-il, est importante, car « l’aspect climatique ne fait qu’aggraver la situation de planteurs de thé d’année en année ».

Alors que le confinement de deux mois était nécessaire pour protéger la population de la Covid-19, Manilall Dhoboj avance que la production de feuilles vertes a chuté de 300 tonnes durant cette période. Le fait est que le thé n’ait pas été récolté et les planteurs, selon lui, ont été forcés d’élaguer les arbres de thé avant la date préconisée. « Cet exercice se fait souvent au mois de juin, mais les planteurs n’ont pas eu d’autre choix que de dépouiller les arbres », regrette-t-il. En raison de cela, il prévoit une production qui « ne se fera pas à l’heure ». Pour lui, le secteur est en « grande difficulté » et l’hiver, qui a déjà pointé le bout de son nez, « fera chuter la production de 75% ».

Manilall Dhoboj regrette que le ministère des Finances n’ait pas envoyé de courrier à sa fédération pour prendre connaissance de leurs demandes quant au budget 2020/2021. À travers sa propre initiative, il s’est rendu au bureau de ce ministère avec ses recommandations pour que le secteur du thé soit sauvé. « J’ai demandé qu’on maintienne les facilités du budget de l’année dernière, dont la “Winter Allowance” et la “Fertilizer Grant”. Ces mesures sont nécessaires, car notre production baisse après les grosses averses affectant ainsi les fossés de thé », dit-il.

Ces deux mesures, selon le secrétaire, sont « essentielles », car les planteurs de thé ne travaillent pas pendant une période de quatre mois et, de l’autre côté, les pluies abondantes dans les champs diluent les fertilisants. En ce moment, la fédération compte 400 coopératives et des “free planters”. « Les négociations que nous entreprenons sont pour tout le monde », dit-il. Si les mesures attendues ne sont pas obtenues, il dit que les planteurs, qui sont des propriétaires de champs de thé, continueront leurs activités contrairement à ceux qui louent des champs. Mais pour le secrétaire, le thé produit à Maurice est « insuffisant », d’où le fait d’importer pour répondre à la demande de la population.

La production de thé, selon Manilall Dhoboj, « continuera de chuter », car peu de planteurs renouvellent leurs cultures. « Il faut cinq ans avant la production de feuilles de thé. Pour lui, la culture nécessite plus de soins par rapport à la canne », souligne-t-il. Il fait aussi ressortir que les terrains, accordés par l’État aux planteurs de thé, doivent être à nouveau traités par ces derniers « pour que la production soit optimale ». Or, dit-il, « plusieurs planteurs éprouvent des difficultés à entreprendre cet exercice ».