Un traité historique des Nations unies sur les océans entre en vigueur le 17 janvier
La République de Maurice, qui ambitionne de s’imposer en tant qu’État-Océan, s’apprête à vivre une semaine historique avec pour thème la protection des océans. L’ouverture du nouveau bureau régional de Greenpeace Africa coïncide avec l’entrée en opération du traité historique des Nations unies sur la haute mer. De multiples événements seront organisés à cet effet en vue de sensibiliser la population à l’importance de la préservation et de la conservation des ressources marines.
« Cette semaine marque un tournant pour la protection des océans. Alors que le Traité des Nations Unies sur la haute mer devient opérationnel, Greenpeace Africa établit une présence à Maurice pour travailler aux côtés des communautés afin de garantir que cet outil juridique historique se traduise par une protection réelle de l’océan Indien. Un océan Indien en bonne santé n’est pas seulement vital pour l’économie et la sécurité alimentaire de Maurice; il est essentiel pour la stabilité climatique mondiale et pour les moyens de subsistance de millions de personnes à travers la région. L’océan ne reconnaît pas les frontières, et notre engagement à le défendre non plus », déclare le Dr Oulie Keita, directrice exécutive de Greenpeace Africa, qui a fait le déplacement à Maurice.
Ainsi, Greenpeace Africa procédera au lancement officiel de son bureau à Maurice mardi, marquant un moment décisif pour le plaidoyer environnemental dans la région de l’océan Indien. Ce lancement coïncide avec l’opérationnalisation, la même semaine, du Traité des Nations Unies sur la haute mer (BBNJ) – un accord historique qui offre des outils sans précédent pour protéger les zones océaniques situées au-delà des juridictions nationales.
« Cette double étape majeure représente une opportunité cruciale pour Maurice d’affirmer son leadership en matière de gouvernance et d’application des règles océaniques, en particulier alors que l’économie du pays dépend fortement de la bonne santé des écosystèmes marins, lesquels génèrent plus d’un tiers du produit intérieur brut national », fait ressortir cette initiative internationale. Le bureau de Maurice servira de pôle de Greenpeace Africa pour l’océan Indien, travaillant en partenariat avec la société civile locale afin de faire appliquer les lois environnementales, plaider en faveur de la création d’aires marines protégées et demander des comptes aux entreprises responsables de la pollution plastique.
Situant l’enjeu, Greenpeace Africa met l’accent sur la coïncidence de l’entrée en vigueur des dispositions du traité des Nations unies sur les océans. « Le Traité sur la haute mer, qui entre en vigueur cette semaine, permet aux États de proposer et de faire appliquer des aires marines protégées (AMP) dans les eaux internationales. Pour Maurice, cela signifie que le banc de Saya de Malha – le plus grand herbier marin au monde, situé juste au-delà des eaux nationales – peut enfin bénéficier d’une protection juridique contre des menaces telles que l’exploitation minière des grands fonds et la surpêche industrielle », indique-t-on.
Un autre volet de la démarche permettra de combler le « déficit d’application » en matière de plastiques. « Malgré une législation progressiste interdisant les plastiques à usage unique, Maurice continue de faire face à une pollution marine sévère. Greenpeace Africa soutiendra les partenaires locaux afin d’exiger la mise en œuvre de la Responsabilité élargie des producteurs (REP), garantissant que les entreprises – et non les contribuables ou les communautés côtières – supportent le coût de la gestion des déchets plastiques », souligne-t-on.
Le projet vise aussi à protéger l’économie bleue face aux industries extractives. « Alors que des entreprises d’exploitation minière des grands fonds s’intéressent au plancher océanique de l’océan Indien et que des chalutiers étrangers épuisent les stocks halieutiques, Maurice fait face à des menaces existentielles pour ses secteurs du tourisme et de la pêche artisanale. Le nouveau bureau mobilisera la résistance face à ces pratiques et plaidera pour la souveraineté sur les ressources marines », conclut-on.
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Greenpeace Africa, c’est quoi ?
Greenpeace Africa est une organisation de campagne environnementale qui utilise le plaidoyer, l’action non violente et la communication créative pour révéler les problèmes environnementaux mondiaux et promouvoir des solutions essentielles à un avenir vert et pacifique. Avec des bureaux à travers le continent, Greenpeace Africa œuvre pour la protection de la biodiversité, la lutte contre le changement climatique et la promotion de la justice environnementale pour les communautés africaines.
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À propos de l’accord BBNJ
Adopté en 2023 dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS), le Traité sur la haute mer comble des lacunes critiques de la gouvernance océanique en permettant la création d’aires marines protégées, la réalisation d’évaluations d’impact environnemental et le renforcement de la coopération internationale dans les zones situées au-delà des juridictions nationales. Le traité entre en vigueur le 17 janvier et soutient l’objectif mondial de protéger 30% des océans d’ici 2030.

