Quand le CID se trompe de personne

Imaginez que vous êtes une Mauricienne établie depuis des années au Canada et qui revient au pays pour des vacances. Après de longues heures de vol et un changement d’avion, vous n’aspirez qu’à une chose : revoir vos proches et commencer les vacances rêvées depuis longtemps.

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Sauf que quand vous présentez votre passeport à l’Immigration, le rêve se transforme en cauchemar. C’est ce qui est arrivée à Madame S.R., la semaine dernière.
Quand elle présente son passeport à l’Immigration à Plaisance, le préposé consulte son écran et lui dit qu’il y a un problème : il y a dans le système un « case » sur son nom entré par le Central CID. Madame S.R. dit que ce n’est pas possible dans la mesure où elle vit à l’étranger depuis presque 20 ans. Apres l’avoir fait attendre et avoir consulté son supérieur, le préposé à l’Immigration l’autorise à entrer dans le pays, non sans avoir pris les coordonnées de son frère et de les avoir vérifiées en l’appelant au téléphone. Choqués, Madame S.R. et ses proches décident d’aller sur le champ au bureau du CID de Rose-Hill pour en savoir plus sur le fameux « case ». Il leur est répondu que l’information n’est pas disponible, en leur recommandant de se rendre au Passport Office à Port-Louis. Le lendemain matin, un officier du CID téléphone au frère de S.R. et demande à lui parler d’urgence pour « en zafer mari grave ». Il informe Madame S.R. qu’elle a participé à une grosse affaire de fraude impliquant un blanchiment d’argent, qu’elle ne pourrait quitter Maurice avant que l’affaire ne soit réglée, et qu’elle devait se présenter immédiatement aux bureaux du CID à Port-Louis pour donner une déposition.

Madame S.R. nie catégoriquement les accusations, souligne qu’elle vit et travaille depuis des années au Canada et qu’il doit s’agir d’une erreur d’identité. Au fil de la conversation, le ton de l’officier du CID change. Madame S.R. lui donne des informations sur son nom de jeune fille, sa carrière professionnelle et le fait qu’elle n’a jamais habité à la Vallée des Prêtres. Ce que l’officier lui avait demandé. Cet officier finit par reconnaître verbalement qu’il s’agissait d’un « case of mistaken identity » et donna l’assurance que le nom de Madame S.R. allait être enlevé des fichiers du CID. Ne se contentant pas de ces excuses verbales, Madame S.R. a envoyé une lettre aux autorités policières pour souligner qu’elle a été « treated as a suspect in a major fraud investigation without prior basic verification of identity details such as date of birth, maiden name, address, or employment history » et pose les questions suivantes :
– Why were fundamental verification procedures not conducted before flagging my name in the immigration system ?
– What safeguards are in place to prevent innocent individuals from being subjected to such treatment due to identical or similar names ?
– Can I receive formal written confirmation that my name has been fully and permanently cleared from all records related to this matter ? Madame S.R. termine en écrivant : “I look forward to receiving written confirmation that my record is entirely clear and that no restrictions remain against my name.”
Jusqu’à l’heure, Madame S.R. n’a reçu aucun courrier des autorités. Est-ce qu’elle recevra la lettre demandée avant la fin de ses vacances mal commencées ?

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