Les dirigeants de Linion Pep Morisyen (LPM) semblaient abasourdis, samedi, face à la presse, après avoir reçu des victimes présumées de brutalité policière qui, selon eux, se sont déplacées en grand nombre à Rose-Hill. Les mots de Me Rama Valayden en disent long sur l’entendue du phénomène : « Bien qu’étant un vétéran dans le domaine juridique, je vous jure n’avoir jamais été témoin ou défendu des victimes ayant subi ce genre de sévices. »
Le président de LPM, José Moirt, a salué « la détermination des membres de mon parti qui ont été à l’écoute et qui ont trouvé les mots justes pour réconforter les victimes ainsi que leurs familles. » À la lumière de ces témoignages, José Moirt souligne que « les vidéos et les témoignages révélés cette semaine ne constituent que la partie immergée de l’iceberg. On a affaire à des voyous en uniforme. »
Il a remercié les psychologues et les hommes religieux qui ont prêté main-forte à LPM au cours de cette journée de rencontre : « On récolté le maximum d’informations qui déboucheront sur un travail au cas par cas. » Neena Ramdenee, visiblement marquée par la ribambelle de témoignages recueillis, a fait ressortir que « j’ai rencontré des gens qui n’attendaient qu’une chose, c’est que des personnes honnêtes comme nous entendent leurs souffrances et les séquelles qu’ils ont subies. Par peur de représailles, ils se sont retenus. Ena in gagn kout tazer dan labous ! »
Même son de cloche du côté de Bruneau Laurette, qui n’a pas tari d’éloges à l’endroit de ses collègues : « On a osé défier un système mafieux avec à sa tête le Premier ministre Pravind Jugnauth. » Pour étayer ses dires, Bruneau Laurette s’appuie sur la promotion, mercredi, de l’inspecteur Rajcoomar Seewoo au rang de chef inspecteur : « Il a été aété promu par le Premier ministre alors que ses hommes sont réputés pour mener des opérations musclées, dont celle effectuée dans un faubourg de la capitale au domicile de deux individus lors du second confinement. Je me demande comment le tel responsable d’une unité de police a pu être promu. Le Premier ministre doit expliquer sur la manière dont l’inspecteur est passé au rang supérieur. »
Bruneau Laurette dit détenir des informations selon lesquelles un groupe d’individus aurait organisé des réunions à caractère communal dans le sud du pays : « Mo dir sa bann dimounn-la, zot dan lerer parski viktim britalite pa sorti dan enn sel kominote. Si mo montre zot, ena pou gagn sok. »
Rama Valayden a qualifié ces événements comme les pires de l’histoire du pays en termes de violences. « L’accumulation des dossiers me fait trembler. Je ne trouve pas les mots et Dieu sait le nombre de fois, en tant qu’avocat, où j’ai été confronté à des personnes victimes de brutalité policière. » Il souligne que « quoi qu’il arrive, quel que soient les maux auxquels le pays doit faire face, notre plus grand ennemi demeure le communalisme qui nous gangrène jusqu’à la moelle. L’arc-en-ciel pleure. » Rama Valayden déplore qu’aucune enquête n’a été diligentée, en 2020, après qu’il a remis la clé USB contenant les vidéos de torture à l’inspecteur Shiva Coothen : « Lapolis ti rod fer krwar zame mo’nn remet zot sa pendrive-la. Apre zot inn sanz zot version. Ki kalite malpropte sa ? Bann-la osi konplis. »
Ivor Tan Yan a soutenu qu’« au-delà des sévices infligés aux détenus, le fait est qu’ils n’ont jamais été amenés à confier leurs souffrances au sein d’une plate-forme est la pire chose à laquelle ils ont pu être confrontés. Zot kapav inn komet bann deli, me ena enn nivo pou tret dimounn. »