– Les formateurs en classe sans les élèves
La rentrée n’a pas eu lieu dans les centres du Mauritius Institute of Training and Development (MITD), le 12 janvier, comme prévu. Le ministère de l’Éducation a émis un communiqué, mardi, annonçant la date du 26 janvier pour le NC3 et du 2 février pour le NC2. Toutefois, dans le milieu, on déplore un cafouillage et un manque de leadership.
Généralement, la rentrée au MITD se fait en même temps que le primaire et le secondaire. D’ailleurs, le calendrier pour l’année 2026, publié sur le site internet, indique que les admissions auront lieu le 12 janvier, suivies de la rentrée pour tous, le lendemain. Cependant, il y a eu un cafouillage provoquant l’incompréhension des parents. Ce qui a poussé le ministère de l’Éducation à émettre un communiqué, indiquant que la rentrée 2026 se fera le 26 janvier pour le NC3 et le 2 février pour le NC2.
Ce prolongement des vacances ne s’applique toutefois pas pour tous. Les formateurs, eux, ont bien repris le travail, se retrouvant ainsi devant des classes vides. Ce que déplore fortement l’un d’entre eux. « Voilà ce qui se passe quand il y a un manque de leadership dans ce secteur ! Le MITD n’a pas de directeur depuis 14 mois et c’est un Assistant Permanent Secretary du ministère qui gère les affaires. C’est la première fois qu’on assiste à une telle situation, où la rentrée a dû être décalée », dénonce-t-il.
Il met en garde contre le fait que ce retard de deux à trois semaines aura des répercussions sur le calendrier, a-t-il prévenu. Avec les examens gérés par le Mauritius Examinations Syndicate (MES) prévus en juin et en décembre, il se demande si les deadlines pourront être respectés. « Il faut savoir que les deux premières semaines de la rentrée sont consacrées à l’intégration. Ensuite, il y a deux semestres, entrecoupés des vacances et l’année scolaire se termine en décembre. Comment allons-nous faire pour respecter tous ces paramètres avec deux semaines de retard ? Les examens seront-ils décalés aussi ? Toute cette préparation demande une grande organisation », se demandent les principaux concernés.
Dans le secteur, cette situation est perçue comme un manque de considération. « Déjà que dans la perception, le MITD c’est pour ceux qui échouent dans le mainstream. Maintenant, ce cafouillage va venir renforcer la stigmatisation », craint-on dans les milieux concernés. Or, a mis en exergue le formateur en question, on aurait dû accorder plus d’attention à ce secteur, car pour certains, c’est la voie de la deuxième chance. « Ce qui est aussi ambigu, c’est qu’initialement, on nous avait dit que tous les élèves du Foundation Programme auront une place dans un centre MITD. Maintenant, je vois que le communiqué mentionne que tous les candidats auront une place dans la mesure du possible.
C’est un peu confus », fait-on remarquer à partir de la teneur du communiqué Gungapersad.
Cependant que tous les élèves issus du Foundation Programme in Literacy, Numeracy and Skills ont reçu de lettres pour s’inscrire dans des centres du MITD. L’exercice d’inscription a déjà eu lieu en décembre dernier. Il reste maintenant à départager les élèves entre les 23 cours au programme, même si lors de l’inscription, les choix ont déjà été formulés.
Le formateur attire l’attention sur les risques liés à ce retard. « Si nous tardons trop, nous risquons de voir des enfants se tourner vers les centres de formation privés. Il faut dire que tous ne se valent pas et n’ont pas le niveau du MITD », poursuit-on. L’autre risque est qu’avec les résultats du School Certificate (SC) prévus aujourd’hui, il y ait encore des demandes d’admission. « Beaucoup de ceux qui ne réussissent pas ou qui ne pourront faire le HSC se tournent vers le MITD. La compétition sera alors plus rude », indique-t-on.
Le ministère de l’Éducation se veut, toutefois, rassurant, que toutes les candidatures seront examinées « dans un esprit d’équité, d’inclusion et de préparation à l’avenir ». Il est aussi précisé que « dans la mesure du possible, tous les candidats âgés de 16 ans et plus se verront proposer de places, avec une affectation prioritaire dans le centre le plus proche du lieu de résidence, afin de limiter les contraintes de transport. »
Des séances d’information et d’orientation sont organisées pour les élèves issus du Foundation Programme. Le ministère indique que « les préférences, les intérêts et les aptitudes des élèves, seront pris en compte, et non seulement les résultats académiques. »

