Rentrée 2026 : Année décisive et tournant pour la réforme du système

Les consultations sur le Blueprint Gungapersad se poursuivent

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Attentes concernant la création du poste de School Counsellor comme recommandé par le PRB

L’année scolaire 2026, qui démarre ce lundi, avec les admissions en grades 1, 7 et 10, sera une année très importante, avec la réforme annoncée du système de l’éducation. Après le revers du conseil des ministres et des consultations avec les parties prenantes, le nouveau Blueprint du ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, est très attendu. Les consultations, qui devaient prendre fin le 20 janvier, ont été étendues. Dans le secteur, les différents acteurs sont déjà à la tâche et les attentes sont grandes, notamment en ce qui concerne le recrutement des School Counsellors.

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Pour Vikash Ramdonee, président de l’United Deputy Rectors and Rectors Union, 2026 a démarré sur de bonnes bases, avec une réunion d’information avant la rentrée. « Jeudi, tous les chefs d’établissement ont eu une réunion d’une demi-journée avec les cadres du ministère. Nous avons discuté des différents aspects de la rentrée et nous avons reçu les lettres de transfert des enseignants. C’est une première que nous tenons à saluer. Auparavant, nous attendions parfois jusqu’à deux à trois heures dans les couloirs de la MITD House pour avoir les lettres de transfert », dit-il.
Ces informations communiquées, ajoute-t-il, ont permis aux recteurs et rectrices de mieux préparer la rentrée. « Vendredi, il y a eu la réunion avec le personnel. Lundi, il y aura les admissions pour les élèves des Grades 7 et 10. Auparavant on courait dans tous les sens, mais là je sens qu’on est mieux préparés. »
Le syndicaliste affirme se réjouir également du fait que tous les étudiants du Foundation Programme in Literacy, Numeracy and Skills seront admis au MITD après le Grade 9. « Il y aura de la place pour tous les enfants, indépendamment de leurs résultats. Cela nous rassure qu’aucun d’eux ne sera laissé au bord du chemin. Maintenant, la balle est dans le camp du MITD pour poursuivre le travail », indique-t-il.
Concernant les questions soulevées à l’effet que les élèves du Foundation Programme n’auront pas l’occasion d’intégrer le Mainstream, comme c’était le cas avec l’Extended Programme, il fait ressortir qu’il existe aujourd’hui la possibilité de redoubler le Grade 6. Ce qui donnera l’occasion aux élèves n’ayant pu atteindre le minimum requis au PSAC de tenter leurs chances à nouveau et d’intégrer le Mainstream en Grade 7. Le président de l’UDRRU souligne tout de même les attentes pour la nouvelle année scolaire. « On nous avait promis l’autonomie et nous attendons toujours la mise en pratique. Je souhaite qu’il y ait plus de discussions à ce sujet », laisse-t-il entendre.

Dans l’intérêt de l’enfant

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Le véritable défi, pour la présente année scolaire, poursuit-il, sera de trouver suffisamment de temps pour le Teaching and Learning. Avec une semaine de vacances supplémentaires au deuxième trimestre, tous les congés et la supervision des examens à partir du mois de septembre, précise-t-il, il faudra une bonne organisation pour que les élèves ne soient pas pénalisés. « Je souhaite qu’il y ait une prise de conscience de la part de tout un chacun et que la priorité demeure l’éducation de nos enfants. Parfois, nous nous battons pour autre chose, et nous oublions l’essentiel », concède-t-il.
Dans la foulée, il espère que les examens du National School Certificate (NCE) ne seront pas programmés pour septembre, comme cela a été le cas ces dernières années, afin de ne pas perturber le déroulement des classes, avec le départ des enseignants pour la supervision. Il suggère que le NCE se tienne en octobre/novembre comme c’est le cas pour les examens écrits de SC et de HSC. « Les examens pratiques peuvent également se tenir plus tard, car tout est organisé localement. » Il ajoute que l’UDRRU soutiendra toutes les décisions en faveur des enfants.
En ce qui concerne la réforme, Vikash Ramdonee dit attendre le projet final, car les consultations viennent tout juste de se terminer. « Je peux toujours dire que l’UDRRU a suggéré un examen de rattrapage pour le NCE, comme c’est le cas pour le PSAC. Il y a des élèves qui manquent de peu les six Credits et qui doivent redoubler. Nous avons déjà introduit le critère des trois Credits pour faciliter l’accès en Grade 12, on peut aussi le faire pour le Grade 9. »
Le président de l’UDRRU note également que le PRB a fait provision pour la création d’un poste de School Counsellor. Il souhaite que cela soit mis en pratique le plus vite possible. De même pour le Discipline Master, les sept Section Leaders et les deux Senior Educators. Une telle organisation serait un plus pour une bonne gestion de la vie scolaire, dit-il. « Nous attendons maintenant les critères de sélection et nous espérons que ce sera fait au plus vite. »
En revanche, Vikash Ramdonee regrette que le Pay Research Bureau (PRB) n’ait rien prévu pour les recteurs. « Entre le poste de recteur et celui de Deputy Director, il y a un laps de temps de 15 ans. Nous avions suggéré la création d’un poste de Senior Rector, comme c’est le cas pour les enseignants. Nous souhaitons que ce soit considéré à l’avenir », estime-t-il.
Vikash Ramdonee souhaite que 2026 marque un changement de mentalité afin que l’intérêt des enfants prime dans toutes les décisions. « Si des syndicats demandent des choses qui ne sont pas dans l’intérêt des enfants, il faut avoir le courage de dire non, car il y a les droits, mais aussi les devoirs », estime-t-il.

Opportunité à saisir

De son côté, Yugeshwur Kisto, président de la Government Secondary School Teachers Union, est d’avis que les Assises de l’éducation ont été une véritable opportunité de repenser l’éducation à Maurice à travers un partenariat authentique entre toutes les parties prenantes. « Nos aspirations pour cette année sont ancrées dans une conviction fondamentale : l’éducation de qualité ne peut émerger que lorsque ceux qui la dispensent quotidiennement sont valorisés, soutenus et véritablement engagés dans l’élaboration des politiques éducatives », déclare-t-il.
Dans ce contexte, ajoute-t-il, l’aspiration la plus pressante du syndicat demeure la reconnaissance et la valorisation de la profession enseignante. « Les éducateurs du secondaire font face à plusieurs défis : une indiscipline croissante, le fléau de l’abus de substances parmi nos jeunes, le cyberharcèlement, la violence, et une charge administrative toujours plus lourde qui empiète sur notre mission pédagogique fondamentale. Ces réalités, conjuguées au coût émotionnel et mental profond de la profession, nécessitent une révision complète des échelles salariales et des conditions de travail », indique-t-il.
Une situation qui, selon lui, a conduit à un manque d’intérêts pour la profession, chez les jeunes diplômés talentueux. De même, Yugeshwur Kisto plaide pour le développement professionnel des enseignants. « Trop souvent, les initiatives de développement professionnel manquent de cohérence, de suivi et de mesure d’impact réel sur nos pratiques pédagogiques. Ces espaces collaboratifs doivent être reconnus comme partie intégrante de notre charge de travail, et non comme des activités supplémentaires à accomplir après les heures normales. »
Pour le syndicat, la réforme passe également par une révision des ratios élèves-enseignants. « Le maintien d’un quantum maximum d’un enseignant pour 25 élèves n’est pas une simple question de confort, mais une nécessité pédagogique fondamentale. Dans de nombreuses salles de classe secondaires actuelles, nous dépassons régulièrement 35 élèves, rendant pratiquement impossible toute forme d’attention personnalisée ou d’enseignement différencié. »

Soutien psychosocial

D’autre part, le soutien psychosocial pour les enseignants et les élèves demeure urgent et non négociable, précise Yugeshwur Kisto. Il insiste pour que chaque établissement secondaire dispose d’au moins un psychologue scolaire à temps plein, de travailleurs sociaux formés, et d’un système de soutien pour la santé mentale des enseignants eux-mêmes. « Nous sommes en première ligne face aux problèmes de violence, de harcèlement et de détresse psychologique de nos élèves, mais nous manquons cruellement d’outils professionnels et du soutien institutionnel pour y faire face adéquatement. »
Dans le même ordre d’idées, il se dit en faveur d’une protection juridique claire pour protéger les enseignants intervenant dans des situations de violence. « Nous demandons un cadre légal protégeant les enseignants agissant de bonne foi, des protocoles d’intervention clairs et applicables, et le soutien administratif systématique face aux comportements agressifs, qu’ils proviennent d’élèves ou de parents. » Il plaide également pour un renforcement du partenariat école-famille.
Concernant l’abolition de la promotion automatique, Yugeshwur Kisto estime que le simple fait de redoubler une classe n’améliore pas nécessairement les performances. « Nous proposons plutôt l’adoption d’un modèle de progression guidée avec intervention obligatoire, la création de classes de soutien avec des ratios réduits ne dépassant pas 15 élèves, et la formation d’enseignants spécialisés en remédiation pédagogique », poursuit-il.
La GSSTU suggère également une réduction progressive du temps d’enseignement en fonction de l’ancienneté. Le temps ainsi libéré serait consacré au mentorat des jeunes collègues, au développement curriculaire, à la planification collaborative, et à la recherche pédagogique. « Cette approche s’inspire des systèmes éducatifs performants comme la Finlande et Singapour, où les charges d’enseignement moindres permettent une préparation approfondie et une qualité pédagogique supérieure. »
Le présent projet de réforme, souligne-t-il, est une opportunité historique de construire ensemble un système éducatif véritablement centré sur l’apprenant. « Mais l’enseignant doit être au cœur du processus de transformation. Un système éducatif excellent ne peut être bâti sur le dos d’enseignants épuisés, sous-valorisés et exclus des décisions qui affectent leur travail quotidien », fait-il ressortir.

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PRIMAIRE : Fin du Modular Assessment
Au niveau du primaire, Vishal Baujeet, président de la Government Teachers’ Union (GTU), place également beaucoup d’attentes sur la nouvelle année. « Je dois dire que l’année scolaire a bien démarré avec un jour consacré pour la réunion du personnel. Cela a permis de mieux préparer la rentrée avant l’arrivée des élèves. De même, pour les enseignants qui sont aussi parents et qui sont concernés par les admissions, lundi, il y a moins de pression. »
Comme d’autres, il dit attendre la version finale du Blueprint pour savoir dans quelle direction aller. « Déjà, au primaire, il y a certains changements. Pour le PSAC, il n’y aura pas de Modular Assessments. Tous les examens seront en même temps, en octobre. À ce sujet, j’espère que le ministère communiquera rapidement comment on procédera afin que les enseignants soient bien informés. »
En ce qu’il s’agit des propositions de l’ébauche du Blueprint, Vishal Baujeet se dit en faveur d’une révision du Grading System. Toutefois, au lieu d’octroyer le grading 1 à partir de 90 points, le syndicat a suggéré 85 points. « Nous avons aussi suggéré de ramener le minimum pass à 30 points. Nous sommes en faveur d’un grading numérique, soit de 1 à 9, au lieu d’alphabétique, comme c’est le cas pour le School Certificate, car c’est plus facile à comprendre. »
Parlant des collèges nationaux, la GTU plaide pour que les collèges identifiés gardent leur statut, mais recrutent sur une base régionale. « Il est important que tous les collèges offrent toutes les matières afin d’avoir à éviter des transferts, faute de combinaison. »
La rentrée ne se fait pas sans les chamboulements provoqués par les transferts, Vishal Baujeet concède que c’est un autre dossier auquel il faudra s’atteler très vite. « Les transferts sont connus et, évidemment, tout le monde n’est pas satisfait. Nous attendons le Protest Committee pour faire nos représentations. » Dans la foulée, il souhaite que les enseignants soient plus valorisés en 2026. « C’est la seule profession qui doit former pour les autres professions », fait-il remarquer.

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Une école et trois collèges fermés
L’école primaire de Riche-en-Eau, les collèges d’État Marcel Cabon (Barkly), Port-Louis North (La Cure) et Sébastopol ne rouvriront pas leurs portes pour la rentrée. En raison du nombre d’élèves en chute libre dans ces établissements, le ministère de l’Éducation a en effet pris la décision de les fermer. Le personnel a été redéployé dans d’autres écoles et collèges.
À ce sujet, Vikash Ramdonee, président de l’UDRRU, se dit satisfait que la hiérarchie ait été respectée dans cet exercice. Les chefs d’établissement de la Marcel Cabon SSS, de la Port-Louis North SSS et de la Sébastopol SSS, qui agissaient comme Acting Rector, ont tous retrouvé le même statut dans un autre collège.

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Calendrier scolaire 2026
Premier trimestre
13 janvier au 3 avril
(admissions, le 12 janvier)

Deuxième trimestre
20 avril au 17 juillet

Troisième trimestre
17 août au 30 octobre

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