Demain, les vacances laisseront définitivement place aux réveils matinaux et aux cartables sur le dos. Pour des milliers d’écoliers mauriciens, la rentrée scolaire 2026 se profile déjà, tandis que leurs parents s’activent dans les magasins pour boucler les derniers achats indispensables. Comme le veut la tradition, Week-Ends’est rendu au cœur de la capitale pour prendre le pouls de cette période charnière, entre contraintes budgétaires et impératifs logistiques.
Malgré la chaleur étouffante de janvier, ils étaient nombreux, ce week-end, à arpenter les rues de Port-Louis pour finaliser leurs emplettes à la veille de la grande rentrée des classes. Si certains parents ont pris les devants depuis plusieurs semaines, d’autres ont dû attendre les dernières notifications officielles. C’est le cas de Nathanaelle, rencontrée dans un magasin de fournitures scolaires. « J’ai dû attendre la lettre du ministère, cette semaine, pour savoir où mon fils poursuivra sa scolarité. Il a pris part aux examens de rattrapage du Primary School Achievement Certificate (PSAC) », confie-t-elle. Travaillant à plein temps, elle a attendu le week-end pour effectuer ses achats. Côté budget, l’anticipation était de mise. « On avait déjà mis un budget de côté. On a mis à peu près Rs 5 000 pour tout ce qui est uniforme, cartable, chaussures neuves, etc. »
Les commerces spécialisés tournent ainsi à plein régime. A la rue Bourbon, devant la mythique Librairie Bourbon, les parents patientent, listes de manuels scolaires en main. « On doit faire le tour des librairies pour trouver les manuels scolaires, ce n’est pas évident. J’ai calé mon samedi uniquement pour ça, car je sais qu’il faudra beaucoup bouger », explique Vikash.
Dans un entretien accordé au Mauricien, Yashvin Hassamal, directeur des Éditions de l’océan Indien, expliquait. « Il y a eu une bonne planification, nous avons eu les listes tôt. À part un ou deux manuels qu’il faudra réimprimer, tout est disponible dans nos librairies ». Pour faciliter la tâche des parents, un service en ligne a également été mis en place. « Les parents peuvent passer leurs commandes sur notre site bookstore.mu et viennent récupérer les livres par la suite en librairie. S’ils ne peuvent se déplacer, nous avons aussi un service de livraison. »
Côté fournitures scolaires, l’offre est vaste et adaptée aux nouvelles habitudes. Aux traditionnels sacs à roulettes pour les plus petits s’ajoutent désormais des cartables capables d’accueillir ordinateurs portables et tablettes pour les collégiens. Les cartables « de marque » séduisent les adolescents, tandis que les « tentes tifin » se modernisent et deviennent isothermes. À Port-Louis, le magasin Jin Chi ne désemplit pas. Chemises d’école, pantalons et jupes sont essayés à la chaîne. D’autres enseignes innovent. Bonkoutir, spécialisé dans les uniformes scolaires, propose désormais la vente et la livraison en ligne.
« Les ventes sont constantes, comme pour les années précédentes », indique Ravi Venkatasamy, directeur de l’enseigne, récemment installée à Port-Louis, en plus de ses magasins à Curepipe et Flacq. Il reconnaît une légère hausse des prix liée à l’augmentation du coût des matières premières. « Nous avons tout fait pour garder les prix très accessibles aux parents », dit-il. En moyenne, il faut prévoir environ Rs 2 000 pour deux rechanges minimum, hors uniformes d’hiver. Pour les parents inquiets qui n’ont pas encore acheté ce qu’il faut, il souligne que« nous prenons les mensurations de l’enfant et nous livrons le produit le lendemain. »
Dans les supermarchés, ce sont surtout les cahiers, stylos et autres fournitures qui garnissent les rayons. Il faut compter au minimum Rs 300 pour une douzaine de cahiers de 180 pages, et jusqu’à Rs 325 pour ceux de 200 pages. Un cahier de 100 pages se vend entre Rs 17 et Rs 20. Autant de dépenses qui s’additionnent rapidement. « C’est un budget que nous avons prévu depuis le mois de décembre », explique Coralie. « Il faut compter entre Rs 3 000 et Rs 4 000 pour chaque enfant ». Et d’ajouter, lucide, que « plus ils grandissent, plus les dépenses augmentent, avec les équipements de dessin, les leçons particulières, les équipements de sport et les chaussures de marque ! »
Bref, la rentrée scolaire 2026, comme les années d’avant, rappelle que l’éducation reste un investissement conséquent pour les familles mauriciennes, mais une priorité pour tous.

