Reshmee Varma : « Le harcèlement de rue, un fléau quotidien »

Selon Reshmee Varma, le 8 mars, on célèbre la femme, mais pour de nombreuses femmes, l’espace public n’est pas toujours un lieu sûr. Face au harcèlement de rue, l’appel à des dispositifs de surveillance renforcés et à des sanctions plus strictes se fait de plus en plus entendre, soutient-elle. 

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Le 8 mars, on célèbre la femme. D’accord. Mais parlons réalité.

Le harcèlement de rue, notamment dans les lieux publics, est une réalité quotidienne pour beaucoup de femmes. Il serait important d’envisager des mesures concrètes, comme le renforcement des dispositifs de surveillance, par exemple la présence de caméras de surveillance, comme cela se fait à l’étranger. Dans certains pays, la loi est très stricte, au point que certaines personnes ont peur de commettre de tels actes.

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Un autre point concerne les violences conjugales. Il ne se passe pas un jour sans qu’un cas de féminicide ou de matricide ne soit rapporté. La plupart des femmes, malgré les Protection Orders, sont agressées et tuées.

Que devrait-il se passer lorsqu’une femme dénonce des violences ?

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Il est essentiel que la parole des femmes soit prise au sérieux lorsqu’elles dénoncent des violences, les marques et blessures sur leur corps servant de preuves. Mais les agressions ne sont pas toujours physiques. Elles peuvent être psychologiques.

Lorsqu’une femme affirme que son conjoint la frappe et qu’elle a besoin de protection, les autorités doivent intervenir rapidement et efficacement.

Je me pose souvent cette question : les Protection Orders suffisent-ils vraiment ? Empêchent-ils réellement les agresseurs de continuer leurs violences ? La loi doit avant tout protéger les victimes. Il est peut-être temps de repenser ces dispositifs, parfois trop limités ou archaïques.

Quelles mesures pourraient renforcer la protection des victimes ?

Peut-être que la présence accrue de policiers, notamment de policières, pour mieux protéger les victimes et prendre en main les cas pourrait aider. La mise en place de cellules de crise spécialisées pourrait également offrir un soutien immédiat et efficace.

Par ailleurs, offrir des services de soutien psychologique, tant aux victimes qu’aux agresseurs, est essentiel. Pour les victimes, cela permet de surmonter le traumatisme, de retrouver confiance en elles et de reconstruire leur vie. Pour les auteurs de ces agressions, un suivi psychologique peut aider à comprendre et à gérer leurs comportements violents, réduisant ainsi le risque de récidive.

La prévention peut-elle aussi faire la différence ?

La prévention est également un levier essentiel,  sensibiliser dès le plus jeune âge, notamment dans les écoles mauriciennes, sur le respect, l’égalité et la prévention des violences peut transformer durablement les mentalités.

Quel message souhaitez-vous faire passer aujourd’hui ?

Les discours, les déclarations et les promesses sont importants et sonnent bien à l’oreille. Mais ce que les femmes attendent aujourd’hui, ce sont des actions.Les paroles seules ne suffisent plus. À Maurice, comme ailleurs, chaque femme a le droit de vivre sans peur, de faire ses propres choix et de demander protection. Il est temps que nos lois, nos institutions et notre société agissent. Il est surtout temps d’adopter des lois plus strictes contre les féminicides et les matricides.

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