Le Pay Research Bureau (PRB) a déjà finalisé son prochain rapport. Celui-ci, qui dort dans un tiroir, est prêt à être mis en œuvre, et son coût d’application, incluant un réalignement salarial, devrait avoisiner les Rs 8,5 milliards. C’est ce qu’a déclaré le négociateur de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU), Narendranath Gopee, lors d’une conférence de presse, hier, tenue en présence du président de la fédération, le Dr Vinesh Sewsurn, ainsi que des membres de cette organisation syndicale représentant l’ensemble des fonctionnaires.
Pour Narendranath Gopee, « la mise en application de ce rapport après cinq ans d’attente n’est pas négociable. » Il s’agit, selon lui, de récompenser le travail des fonctionnaires qui, durant ces cinq dernières années, ont permis à la machinerie gouvernementale de fonctionner. Il a fait ressortir que « les fonctionnaires ne courent pas après l’argent » et que si leurs rémunérations sont parfois perçues comme alléchantes, ce n’est qu’une perception. « La vérité, c’est que les fonctionnaires seraient mieux payés dans le secteur privé », a-t-il dit. Ce sont donc les conditions de service – par exemple, le remboursement des Passage Benefits, les allocations, le Vacation Leave, etc. – qui rendent la fonction publique attrayante, car « le PRB ne peut proposer un salaire trop fort. »
Revenant sur la déclaration du Premier ministre, Navin Ramgoolam, à la suite de la Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition, Joe Lesjongard, mardi, il a dit ne pas savoir qui a conseillé ce dernier de faire une déclaration « aussi floue » concernant la publication du rapport du PRB.
« Le rapport du PRB n’est pas un document politique. Mo donn enn warning a Joe Lesjongard : aret koz lor rapor PRB. Quand le MSM était au pouvoir, ils n’ont pas fait mieux. Zot ti transform sa rapor-la an enn zouti politik parski zot ti pe koz lor so piblikasion diran kanpagn elektoral. Ce gouvernement a fait pareil. Pourtant, ce rapport ne devrait pas être discuté au Parlement, où les échanges prennent une tournure politique. Le PRB concerne les syndicats, les travailleurs et le gouvernement », s’est-il appesanti.
En réaction à la PNQ, le Premier ministre a évoqué le document State of the Economy, qui brosse un tableau d’une situation financière difficile. « Les fonctionnaires ne sont pas concernés par la dette publique, et cette question ne devrait pas entrer dans le débat sur le PRB. Maintenant, le Premier ministre dit que le rapport du PRB sera préparé en tenant compte de ce document. Aloe, pa bizin atann gran zafer. Ce ne devrait pourtant pas être le cas. C’est pour cela que je dis que le portefeuille des Finances devrait êtrerconfié à quelqu’un d’autre. Pa bizin repet mem erer ki ti fer kan Pravind Jugnauth ti pe okip osi minis Finans », a poursuivi Narendranath Gopee.
Pour la fédération syndicale, la publication du rapport du PRB n’est pas négociable. « Pa vinn dir nou ki rapor-la pou piblie dan tel ou tel kontex. Le gouvernement a déjà voté un budget de Rs 5 milliards pour son application. C’est suffisant pour commencer. Le rapport coûtera au total Rs 8,5 milliards, incluant le réalignement salarial. Si gouvernman desid pou aplik li parsielman akoz konzonktir ekonomik, mo demann pou met enn komite tripartit pou diskit lor manier implementasion. Me pa vinn dir ki kas pa la. Ene tel situasion pa akseptab. Le gouvernement a les fonds nécessaires », maintient-il.
Après un an au pouvoir, a déclaré Narendranath Gopee, le gouvernement doit publier un nouveau State of the Economy afin d’éclairer la population. De toute façon, dépenser Rs 5 milliards pour le PRB, pour un gouvernement « se enn gout dilo dan losean. Gouvernman kone ki apre sak sink an fode peye. »
Le syndicaliste devait ajouter : « nous ne demandons pas au gouvernement de mettre la main dans la poche. C’est un dû. Pa vinn dir nou ki PRB pa kone komie so rapor pou koute. Nou finn fer nou prop kalkil. Si le gouvernement dit que sur les Rs 5 milliards budgétées, il ne pourra que dépenser Rs 1 milliard pour la première phase, les fonctionnaires descendront dans la rue. »
Pour sa part, le président de la FCSOU, le Dr Vinesh Sewsurn, a demandé aux parlementaires de mettre fin à la rhétorique selon laquelle les caisses de l’État sont vides ou que Maurice risque de perdre sa place dans l’indice de performance économique de Moody’s. Il estime qu’il appartient désormais au gouvernement d’expliquer à la population les retombées des mesures prises pour redresser l’économie. Il a indiqué que ce sont « les fonctionnaires qui font tourner la machinerie gouvernementale » et qu’à ce titre, leur travail doit être valorisé à travers le PRB.

