Rivière-des-Anguilles Dam : 8 soumissionnaires dans les starting blocks

Le projet de construction du barrage de Rivière-des-Anguilles ne se situe désormais plus à un stade embryonnaire. C’est ce qu’on peut déduire eu égard à  la tenue d’une réunion, au cours de la semaine écoulée, entre les autorités locales et les huit soumissionnaires ayant été pré-qualifiés à l’issue de l’évaluation technique initiale. Ces entreprises, issues notamment de groupes chinois et européens, ont satisfait les critères de présélection, attestant de leur solidité financière, de leur expertise technique et de leur expérience dans la réalisation d’infrastructures hydrauliques de grande envergure. Elles disposent désormais d’un délai courant jusqu’au 8 avril prochain pour soumettre leurs offres finales.
Les indicateurs sont au vert pour la relance de ce projet pharaonique qui a fait couler beaucoup d’encre au cours de ces 20 dernières années. Après l’obtention d’une notice de « no objection » – condition sine qua non pour garantir la conformité des procédures avec les exigences des bailleurs de fonds –, l’appel d’offres international visant à désigner le constructeur du barrage a accouché de 8 soumissionnaires. Selon nos informations, 9 candidats avaient soumis des propositions, dont 8 ont été présélectionnés suite à un exercice d’évaluation effectué par le Central Procurement Board (CPB). Après la pre-bid meeting visant à apporter les clarifications concernant les spécifications techniques du projet, les exigences contractuelles et les paramètres liés à l’exécution du chantier, une  visite du site est prévue incessamment en présence du ministre de l’Énergie et des Services publics, Patrick Assirvaden. Cette étape vise à permettre une appréciation concrète du terrain où sera érigée cette infrastructure socio-économique. Elle s’inscrit dans la dynamique d’accélération engagée autour de cette infrastructure appelée à renforcer la sécurité hydrique du pays.
Beaucoup experts s’accordent à dire que ce barrage aurait valu son pesant d’or pour soulager des centaines de milliers de villageois résidant dans le sud de l’île. Cette rivière a la particularité de regorger d’eau propre. D’après des statistiques publiées en octobre 1999, elle peut apporter jusqu’à 1,8 million de mètres cubes (m3) d’eau par mois qui se perdent dans la nature et dans la mer. D’une capacité de 12,5 millions de m3, le Rivière-des Anguilles Dam comprendra une mini-centrale hydroélectrique ainsi qu’une station de traitement d’eau d’une capacité de 50,000 m3 par jour.
Le projet vise à garantir un approvisionnement durable en eau pour répondre à la demande croissante dans la région sud et à soutenir le développement social, commercial, agricole et économique. Au coût avoisinant les Rs 9 milliards, il est principalement financé par des emprunts extérieurs contractés auprès d’un consortium d’institutions de financement des pays du Golfe, à savoir le Saudi Fund for Development in Africa, la Banque arabe pour le développement économique en Afrique et l’Abu Dhabi Fund for Development.

Réserves en eau
Baisse du niveau à Maurice, inquiétudes à Rodrigues
Entre le 28 janvier et le 21 février, le niveau des réservoirs à Maurice a connu une baisse de 4%, passant de 72% à 68%. Hormis de courts épisodes de pluies, cette semaine, dans certaines régions, Dame nature a été avare de son abondance. La situation est plus inquiétante à Rodrigues qui connaît, depuis décembre 2025, une situation de déficit pluviométrique marqué, particulièrement préoccupante en ce début de mois de février 2026.
La baisse la plus significative est à signaler du coté de Mare aux Vacoas dont le niveau est passé de 67% à 59,4% durant ce laps de temps, alors que Les barrages de Midlands (75%) et Bagatelle (84%) affichent des taux appréciables. À Rodrigues, les autorités croisent les doigts pour que la tempête tropicale modérée Horacio, qui se déplace vers le Sud-Sud-Ouest à une vitesse d’environ 8 km/h, influence les conditions météorologiques dans l’île dans les jours à venir, face à la sècheresse qui a pris racine depuis quelques semaines. Elle traverse une phase pluviométrique déficitaire inhabituelle pour la saison humide. La situation est suivie de près par les autorités régionales, afin d’assurer la continuité de l’approvisionnement en eau potable, tout en préservant durablement la ressource.
Selon les données compilées par la Commission for Water Resources – RRA à partir des relevés de Mauritius Meteorological Services (MMS), le déficit pluviométrique constitue en :
• Décembre 2025 : 59% de la moyenne climatique
• Janvier 2026 : 76% de la moyenne climatique
• 1–15 février 2026 : 6% (seulement) de la normale saisonnière.
Cette baisse significative des précipitations affecte directement la recharge des nappes phréatiques, le remplissage des retenues collinaires, ainsi que le débit des forages. Ajoutées à cela, des pompes des puits d’eaux salées ont été endommagées aux stations de dessalement de Pointe Coton et de Songes. Les techniciens de la RPUC et de la Commission sont à pied d’œuvre pour les réparer et rétablir la production de ces unités. Les régions de l’Est et du Sud-Ouest sont gravement affectées.

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