Des contacts établis au niveau des pays amis de la région, avec l’incapacité de la MPA de procéder seule à cette Salvage Operation
Une Preliminary Inquiry confiée au capitaine Jean Hubert Noël pour déterminer les causes de cette Casualty
Les autorités maritimes du pays se retrouvent avec un nouveau casse-tête chinois à résoudre dans les plus brefs délais, soit le remorquage du bateau de pêche taïwanais Yu Feng No 67, prisonnier d’un récif à Saint-Brandon depuis lundi dernier. Cette situation est devenue encore plus délicate après que l’agent local du chalutier, la Chang Fong Marine & Shipping Ltd, a informé le ministère de l’Economie bleue et des Fisheries que le propriétaire, Lee Tsang Fishery Co Ltd, aussi bien que son assureur avaient rompu leur association. Face à ce développement, les autorités mobilisent leurs contacts régionaux avec les pays amis en vue de monter au plus vite la Salvage Operation.
Une opération a en effet été menée samedi et a permis à ramener à Maurice 20 membres d’équipage, des Taïwanais, Indonésiens et Philippins, du Yu Feng à bord du CSG Barracuda, navire de la National Coast Guard (NCG). Le chalutier, qui a à son bord 78 000 litres de diesel, est depuis lundi dernier coincé sur un récif du côté de l’Île du Sud, à Saint-Brandon. Les marins du bateau de pêche taïwanais ont été ramenés sains et saufs, à l’exception d’un d’entre eux, qui a été transporté à l’hôpital, car il ne se sentait pas bien à son retour.
Pour l’heure, les raisons du naufrage de ce bateau de pêche sur les récifs de Saint-Brandon sont encore inconnues. Bien que les papiers du bateau soient en règle et qu’il avait l’autorisation de naviguer dans les eaux mauriciennes, une Preliminary Inquiry, selon les dispositions légales de la Merchant and Shipping Act, a été confiée au capitaine Jean Hubert Noël, avec le recueil des versions des membres de l’équipage.
Le capitaine et son adjoint seront ainsi interrogés pour savoir si le bateau de pêche a été notifié par la garde-côte nationale alors qu’il fonçait tout droit sur Saint-Brandon, soit après qu’il ait franchi le périmètre de 12 miles nautiques autour de l’île. Si, du côté de la NCG, on affirme avoir tenté en vain d’établir une ligne de communication avec le capitaine du bateau taïwanais, des interrogations subsistent également quant à la vitesse que la garde-côte mauricienne a pris les choses en mains, permettant que le bateau se rapproche dangereusement de Saint-Brandon.
Dans la conjoncture, les autorités mauriciennes font face à une situation qualifiée de « sans précédent », le propriétaire taïwanais du Yu Feng, Lee Tsang Fishery Co Ltd, ayant en effet officiellement informé son agent local, Chang Fong Marine & Shipping Ltd, qu’il n’était plus son représentant, de même que l’assureur du chalutier. Des questions se posent afin de savoir qui prendra en charge les opérations de renflouage ainsi que l’équipage.
Pour autant, entre-temps, on s’active pour mettre en place l’opération de remorquage, la Salvage Operation. Selon nos recoupements, les nouveaux Tugs de la Mauritius Ports Authority auraient pu faire l’affaire, mais visiblement, selon les sources avisées, il y aurait un manque de personnel apte à mener à bon port cette mission délicate.
On laisse entendre que durant ces 48 heures, des contacts sont mobilisés afin d’obtenir de l’aide de pays amis de la région pour cet exercice de renflouage et le remorquage du navire à Port-Louis, « dans les plus brefs délais », afin d’éviter toute incidence écologique et marine. Cette Salvage Operation risque d’ailleurs d’être très compliquée en raison des mauvaises conditions météorologiques annoncées dans cette région de l’océan Indien.
En outre, le chalutier contient 78 000 litres de diesel. Pas moins de 80 tonnes d’appâts ont été jetées à l’eau pour réduire le poids du bateau. Sauf que, ce faisant, cela a attiré des requins, ce qui compliquera davantage les opérations autour du chalutier.

