La Confédération des Travailleurs des Secteurs Public et Privé (CTSP) menace de déclencher une grève de la faim pour défendre les employés des Sen Schools.
Hier, lors d’une manifestation devant le ministère de la Sécurité sociale à Port-Louis, le président de la CTSP, Reeaz Chuttoo, a dénoncé la situation, affirmant que les employés n’ont pas reçu de salaires depuis quatre mois. Il a expliqué avoir tenté d’approcher le ministre de la Sécurité sociale, Ashok Subron, à son arrivée au bureau, mais sans succès.
Selon lui, la CTSP avait déjà exercé des pressions dans le passé, ce qui avait conduit le ministère à promettre le paiement des salaires jusqu’en octobre dernier, ainsi que la mise en place d’un comité chargé d’examiner la réforme de ce secteur. « Nous sommes déjà en novembre, et rien n’a été fait », a-t-il déploré.
Reeaz Chuttoo a également dénoncé le fait que les employés du Foyer Trochetia – une institution relevant du ministère de la Sécurité sociale – ne perçoivent ni indemnité de travail posté (Shift Allowance) ni paiement pour les heures supplémentaires. Le gérant, une organisation socioculturelle, aurait même exprimé son intention de restituer la gestion du foyer au ministère. « Depuis le 31 décembre 2024, nous avons organisé une manifestation pour réclamer une rencontre avec le ministre afin d’aborder ces problèmes. Voilà un an que nous attendons. Où va ce pays ? » a-t-il fait comprendre.
Le syndicaliste a mis en avant que les employés concernés, pour la plupart rémunérés au salaire minimum, enseignent des matières comme le sport, l’art ou le jardinage à des enfants en situation de handicap.
Parmi les manifestants se trouvait également un employé de la Mauritius Mental Health Association, qui n’a pas perçu son salaire depuis quatre mois. Cette association, qui offre des services gratuits aux enfants handicapés, ne dispose d’aucune autre source de revenus que la subvention gouvernementale. Son travail consiste notamment à enseigner le jardinage comme forme de thérapie.
« Nous lançons un appel au Premier ministre, Navin Ramgoolam, et au vice-Premier ministre, Paul Bérenger, afin qu’ils interviennent auprès du ministre Subron pour clarifier la situation », a déclaré le président de la CTSP. D’après ce dernier, le ministre Subron serait réticent à financer les écoles accueillant des enfants de moins de 20 ans, au motif que le budget du SENA aurait déjà été augmenté de Rs 500 millions.
« Nous attendons la réponse du gouvernement, car nous n’avons plus le choix. J’en appelle aux citoyens : réagissez face à cette injustice ! Les employés des Sen Schools sont au bord de la rue », indique-t-il.
Pour sa part, l’employé de la Mauritius Mental Health Association s’est indigné : « comment un membre du gouvernement réagirait-il s’il restait quatre mois sans salaire ? Moi, je travaille sous le soleil tous les jours et je ne suis même pas payé. Quelle direction prend notre pays ? », s’est-il demandé.

