Les dirigeants de la Medical and Health Officers Association (MHOA), de la Government Medical and Dental Officers Association (GMDOA) et de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU) accordent un délai d’une semaine au gouvernement pour renforcer les mesures de sécurité dans les hôpitaux publics, faute de quoi ils envisagent de passer à des actions dissuasives.
Cette requête a été formulée, vendredi, lors d’une conférence de presse tenue au siège de la FCSOU à Port-Louis, à la suite de l’agression violente d’un médecin le 30 mars dernier à l’hôpital Jawaharlal Nehru Hospital par un groupe d’individus.
Parmi les propositions avancées figurent la présence de la Special Mobile Force ou de la Special Support Unit dans l’enceinte des établissements hospitaliers, ainsi que la déclaration de certaines zones comme Restricted Areas.
Le président de la MHOA, le Dr Vinesh Sewsurn, a annoncé qu’une correspondance sera adressée au Premier ministre, Navin Ramgoolam, concernant ces propositions. Il s’est appesanti sur la nécessité pour les médecins de travailler en toute sécurité et sérénité. Pour lui, l’heure est très grave, car cela fait plusieurs années que l’association tire la sonnette d’alarme sur les agressions visant le personnel soignant. « Nous ne nous sentons pas en sécurité dans les hôpitaux. Dans les deux derniers cas, cela aurait pu causer une perte de vie humaine. L’hôpital n’est pas un lieu de désordre ; c’est un endroit sacré où les médecins mettent en Å“uvre leurs compétences. Au-delà des actes de barbarie, il y a également des violences verbales », a-t-il déclaré.
Pour sa part, le président de la GMDOA, le Dr Abeeluck Meetheelesh, a indiqué qu’un groupe de personnes a agressé un médecin à l’hôpital de Flacq. Il a également affirmé que certains médecins subissent des pressions par téléphone pour traiter des patients de manière privilégiée. « Je lance un appel à mes collègues : faites simplement votre travail. Il est temps de mettre un terme à cette pratique », a-t-il dit.
La secrétaire de la GMDOA, le Dr Fatmah Rajah, a fait ressortir que de nombreuses femmes travaillent dans le secteur de la santé. « À l’hôpital de Rose-Belle, un médecin a été sauvagement agressé au milieu de la salle, en présence de mères et d’enfants. Je ne peux comprendre une telle situation en 2026, alors que l’éducation est gratuite. C’est inadmissible ! Nous ne nous sentons même pas en sécurité dans un hôpital. À quel niveau sommes-nous descendus ? Je suis dans le métier depuis plus d’une vingtaine d’années et je constate des violences verbales et physiques, ainsi que des propos déplacés à l’égard des femmes. Je demande à l’exécutif du ministère de la Santé de faire son travail », a-t-elle fait ressortir.
Pour le Dr Yashmini Meenowa, membre de la MHOA, le personnel soignant traverse actuellement des moments difficiles. Dans ce contexte, elle s’interroge sur la capacité des autorités à recruter des travailleurs étrangers dans ce secteur alors que le personnel mauricien ne se sent pas en sécurité.
Le négociateur de la FCSOU, Narendranath Gopee, a affirmé que le ministère de la Santé porte une part de responsabilité dans la dégradation de la situation dans les hôpitaux. « Le problème ne se règle pas à travers des circulaires ou des conférences de presse du ministre Anil Bachoo. Maurice est devenue aujourd’hui un terrain propice aux voyous. Au moindre problème, ce sont eux qui interviennent. L’hôpital est le dernier endroit où ils devraient se trouver. Nous demandons au gouvernement d’amender la loi pour sanctionner les agresseurs et d’éviter de pousser les médecins vers des actions qui pourraient paralyser le secteur de la santé. Nous n’avons pas encore joué toutes nos cartes », a-t-il conclu.

