Des enseignants dénoncent le cafouillage suivant des transferts vers les académies
Panique et détresse pour la dizaine de candidats de ce collège d’État mercredi dernier. En prenant connaissance de la teneur du questionnaire de littérature anglaise, ils ont découvert qu’un des textes qu’ils avaient étudiés n’y figurait pas. Au sein même de l’institution, on dénonce un cafouillage provoqué par de nombreux transferts d’enseignants vers les académies au cours de l’année scolaire.
L’épreuve de littérature anglaise du School Certificate (SC) s’est tenue mercredi. Pour les candidats de ce collège d’État des hautes Plaines Wilhems, c’était loin d’être une partie de plaisir. Et pour cause, des deux textes qu’ils avaient étudiés, l’un ne figurait pas dans le questionnaire d’examen. Comme on le sait, Cambridge Assessment International Education (CAIE) modifie la liste des textes au programme chaque deux ans. On sait aussi que les étudiants qui prennent le School Certificate et le Higher School Certificate en ce moment, auraient dû avoir déjà pris ces examens l’année dernière. En raison des conditions sanitaires, les examens ont été repoussés en deux occasions.
Du coup, certains manuels, qui étaient au programme l’année dernière, ne le sont plus cette année. Dans beaucoup de collèges, les étudiants avaient déjà complété des livres qui, finalement, n’étaient plus au programme avec le changement du calendrier scolaire et ils ont dû tout recommencer.
Comment se fait-il donc que dans ce collège d’État, on n’ait pas pris les dispositions nécessaires, laissant les candidats aller dans la mauvaise voie ? Des sources proches indiquent que le rythme de transferts d’enseignants est devenu incontrôlable depuis l’entrée en vigueur des académies. « Pas moins de 35 membres du personnel ont été transférés de ce collège vers les académies cette année, incluant l’enseignant de littérature anglaise, le chef de département et le recteur », déplore-t-on.
Comment se fait-il alors que le remplaçant n’ait pas remarqué que ce texte n’était plus au programme ? Nul ne peut le dire à ce stade, témoignant ainsi du cafouillage qui règne dans certains établissements. « Il y a un laisser-aller. Tout l’accent est mis sur les académies », dit-on dans le milieu.
Selon les indications, ce n’est pas la première fois que ce genre d’incident se produit et pas seulement dans les collèges d’État. Il arrive que les enseignants se trompent de livre ou ne vérifient pas que celui-ci est reconduit l’année suivante.
Le 14 septembre dernier, des candidates fréquentant un collège privé payant de Curepipe s’étaient rendues à l’examen d’Art & Design sans préparatoires. Elles ont laissé entendre au superviseur que leur collège ne leur avait même pas donné le papier d’examens pour se préparer.
Généralement, le questionnaire d’Art est remis aux candidats à l’avance afin de leur permettre de faire leurs recherches et les préparatoires sur le thème choisi. Et c’est en salle d’examen que les candidats font leur final. Les préparatoires doivent aussi être soumis.
Que faire dans de telles situations ? La direction du collège d’État concerné a écrit au Mauritius Examinations Syndicate pour décider de la marche à suivre. Il y a toutefois peu d’espoir de parvenir à une solution. Les enseignants souhaitent que ce nouvel incident permette aux responsables du ministère de l’Éducation de voir plus clair concernant la situation chaotique dans certains collèges d’État régionaux. « Il y a un laisser-aller », déplore-t-on.

