School Health Programme
: Dépistage précoce et prévention  des maladies non-transmissibles

Le School Health Programme (SHP), destiné aux collèges, se poursuit dans plusieurs établissements secondaires, notamment au London College, à la Rabindranath Tagore Secondary School, au Darwin College, au Loreto College Mahebourg et à Eden College. Cette initiative s’inscrit dans les efforts continus visant à préserver la santé des jeunes. Le SHP au niveau secondaire, lancé le 27 janvier 2026 à la Mohun Parsad Sharma Jugdambi SSS à Goodlands, est en bonne voie dans les établissements scolaires à l’échelle nationale et prendra fin à la mi-septembre 2026.
Lancé en 2007 comme une initiative conjointe des ministères de la Santé et du Bien-être et de l’Éducation et des Ressources humaines, le dépistage en milieu scolaire a été intégré aux services plus larges des cliniques mobiles, connues sous le nom de Caravane de Santé. Le SHP combine un dépistage systématique des maladies non-transmissibles (MNT) avec des campagnes de sensibilisation, dans le but d’informer les jeunes sur les risques pour leur santé. Grâce à des bilans de santé réguliers, les élèves bénéficient d’un diagnostic précoce, d’un traitement opportun et d’un suivi pour ceux présentant des facteurs de risque.
Dr Davina Soobrayen Jhugroo, Medical and Health Officer/Senior Medical and Health Officer au sein du programme des MNT, rattaché à l’Unité de promotion de la santé et de recherche du ministère, souligne l’importance de cibler les jeunes en milieu scolaire. « Les écoles constituent une plateforme idéale pour la promotion de la santé, car elles permettent d’atteindre les jeunes à une étape formative de leur vie, dans un environnement structuré et encadrant », affirme-t-elle.
Le SHP reconnaît ainsi les difficultés auxquelles les adultes sont confrontés lorsqu’il s’agit de modifier des habitudes de vie bien ancrées. Pratiquer une activité physique régulière, réduire la consommation de matières grasses ou arrêter de fumer peut se révéler plus difficile plus tard dans la vie. En sensibilisant les élèves dès le plus jeune âge, le programme les encourage à devenir des ambassadeurs d’un mode de vie sain, en partageant avec leurs familles des connaissances sur la nutrition, l’hygiène et l’exercice physique.
L’identification précoce des jeunes à risque constitue un pilier central du SHP. « La hausse des maladies non-transmissibles chez les jeunes est une préoccupation majeure. Le dépistage précoce permet de prévenir le développement de pathologies plus graves, comme le diabète », explique Dr Jhugroo.
L’initiative met également l’accent sur l’éducation à la santé, en dotant les jeunes des connaissances et des habitudes nécessaires pour retarder l’apparition des MNT. En complément, Dr Jhugroo avance que la vente de collations malsaines est interdite depuis 2010 en vertu du règlement sur la vente d’aliments dans les cantines scolaires. Elle ajoute qu’en 2024, le ministère de la Santé a élargi la liste des aliments sains autorisés à la vente dans les cantines scolaires. Ensemble, ces stratégies favorisent des environnements scolaires plus sains et renforcent les pratiques préventives chez les adolescents.
Les maladies non-transmissibles demeurent un enjeu majeur de santé publique. Les enquêtes menées de 1987 à 2021 indiquent une augmentation de la prévalence des facteurs de risque tels que l’obésité, le surpoids et la sédentarité. Par ailleurs, les enquêtes nutritionnelles réalisées à Maurice entre 1995 et 2012 révèlent un double fardeau préoccupant chez les enfants et les adolescents, où le surpoids et l’obésité coexistent avec l’insuffisance pondérale.
En 2004, 8,15 % des enfants âgés de 5 à 11 ans étaient obèses et 7,7 % en surpoids. Chez les adolescents de 12 à 19 ans, 7,3 % étaient obèses et 8,4 % en surpoids. En 2012, l’insuffisance pondérale avait augmenté, touchant 15,4 % des enfants et 17,1 % des adolescents, tandis que le surpoids et l’obésité demeuraient élevés.
La dernière enquête nutritionnelle de 2022 a montré que les enfants étaient particulièrement touchés par l’obésité (13,8 %) et le surpoids (14,6 %). Chez les adolescents, la prévalence de l’obésité était presque identique à celle de 2012, soit 9,0 %, tandis que le surpoids a augmenté pour atteindre 14,2 %.
Parmi les adolescents de 12 à 19 ans, 7,4 % présentaient un taux de cholestérol élevé, soulignant la nécessité d’initiatives de prévention et de promotion de la santé dès le plus jeune âge. Des rapports récents indiquent également une augmentation de l’obésité infantile (environ 9 % des adolescents) et du prédiabète, ce qui rend prioritaire l’accompagnement personnalisé des élèves à risque afin de prévenir les maladies chroniques à l’âge adulte.
Initialement destiné aux élèves de Grade 9 et de Grade 12, le SHP a été étendu aux élèves de Grade 7 en 2012. Actuellement, le programme touche environ 30 000 élèves par an dans 180 établissements publics et privés.
Le dépistage comprend l’enregistrement, la mesure de la taille et du poids pour détecter l’insuffisance pondérale, le surpoids et l’obésité, la prise de la tension artérielle, des analyses sanguines pour les élèves obèses et ceux ayant des antécédents familiaux de diabète, des tests de la vue, des consultations, des séances d’éducation à la santé, ainsi que l’orientation et le suivi des cas positifs. Des carnets de santé sont remis à tous les participants.
Au cours du programme, les élèves assistent également à des causeries portant sur la nutrition, les modes de vie sains, l’activité physique, la santé mentale, la santé sexuelle et reproductive, ainsi que les dangers du tabac, de l’alcool et des drogues.
L’année dernière, 26 197 élèves des Grades 7, 9 et 12 ont été dépistés. Parmi eux, 32 cas de diabète ont été identifiés, 501 cas de prédiabète, 3 523 élèves obèses et 217 souffrant d’hypertension.
Les élèves nouvellement diagnostiqués diabétiques sont référés aux pédiatres des hôpitaux régionaux. Les élèves prédiabétiques et hypertendus sont orientés vers les centres de soins de santé primaires, tandis que les élèves obèses sont dirigés vers des nutritionnistes pour une prise en charge du poids. Les élèves présentant des caries dentaires sont référés vers les services dentaires des soins primaires.
Au niveau primaire, les Public Health Nursing Officers (PHNOs) jouent un rôle central dans le dépistage en milieu scolaire, la vaccination et l’orientation des cas, assurant ainsi la détection précoce des problèmes de santé, la protection contre les maladies évitables par la vaccination et un accès rapide aux soins spécialisés.
En 2025, 12 755 enfants du pré-primaire et 40 418 élèves du primaire ont été dépistés. Parmi eux, 11 730 enfants du pré-primaire et 25 272 élèves du primaire ont été examinés par des médecins, et 6 444 enfants ont été référés pour des soins supplémentaires.
Le dépistage visuel a concerné 8 806 élèves de Grade 3 et 12 021 élèves de Grade 5. Les programmes de vaccination scolaire ont également protégé des milliers d’enfants, dont 9 209 contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche acellulaire et la poliomyélite inactivée (DTaP-IPV), 8 646 contre le tétanos, la diphtérie et la coqueluche acellulaire (Tdap), et 7 018 contre le papillomavirus humain (HPV).
Les PHNOs surveillent également les habitudes alimentaires, calculent l’indice de masse corporelle (IMC) et détectent diverses affections, allant des troubles cutanés, caries dentaires, déficiences visuelles et auditives, asthme, jusqu’aux troubles de la parole ou d’apprentissage, garantissant ainsi une intervention rapide.
Grâce à la mise en œuvre du SHP, les écoles deviennent des environnements favorables au développement de l’enfant, à la promotion d’une éducation de qualité et au renforcement des efforts du gouvernement pour assurer une population en bonne santé, capable de relever les nombreux défis auxquels notre société est confrontée.
En combinant dépistage précoce, soins préventifs et éducation à la santé, le programme vise non seulement à améliorer la santé individuelle des élèves, mais aussi à inculquer des habitudes durables bénéfiques aux familles et aux communautés.
Comme le souligne Dr Jhugroo :« En touchant les jeunes aujourd’hui et en façonnant tôt des comportements sains, nous posons les bases d’une génération future plus saine et mieux informée. »

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