À Maurice, les femmes ont conquis plus d’espace, plus de responsabilités et plus de visibilité au fil des années. Pourtant, derrière ces avancées, les violences, les inégalités et les pressions sociales continuent de marquer leur quotidien. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, pour Sharone Morin, Marketing manager, il faut inviter tout un chacun à dépasser les discours pour réfléchir aux changements encore nécessaires.
Le 8 mars, on célèbre la femme. D’accord. Mais parlons réalité.
Je ne dirais pas que rien n’a changé à Maurice. Les femmes travaillent, prennent des responsabilités et s’assument beaucoup plus qu’avant. Il y a eu de vraies avancées.
Mais les défis n’ont pas disparu. Ils ont simplement changé de forme. Les violences physiques existent toujours, même si elles sont aujourd’hui davantage dénoncées. Mais une autre violence, plus silencieuse, prend souvent le dessus : la violence psychologique. La pression, le dénigrement, le contrôle subtil. Ce sont des chaînes modernes, moins visibles mais tout aussi lourdes.
La femme d’aujourd’hui cumule souvent tout : elle travaille, s’occupe de la maison, des enfants et porte la charge mentale du foyer. On parle d’égalité, mais dans la réalité, beaucoup d’hommes considèrent encore leur participation à la maison comme une aide, alors qu’il s’agit d’une responsabilité partagée.
Et même dans le monde du travail, l’égalité est parfois plus apparente que réelle. Les femmes doivent souvent prouver davantage, les écarts de salaire persistent et leur contribution n’est pas toujours reconnue à sa juste valeur.
Malgré tout, je crois que quelque chose est en train de changer. Cette génération de femmes élève une génération différente, plus ouverte et plus consciente de l’égalité.
Quel est votre message ?
Mon message aux femmes est simple : n’ayez pas peur de vous affirmer. On nous a longtemps appris à être discrètes, à ne pas déranger. Mais une femme qui exprime ce qu’elle pense et qui refuse l’injustice n’est pas une femme difficile.
Vous êtes belles aussi dans votre colère. Ne réprimez pas votre voix. Soyez indépendantes, fortes et assumées. Chaque femme qui ose être pleinement elle-même ouvre la voie à celles qui viendront après.

