SIDS -Forum régional Ramful: « Le changement climatique, pas une préoccupation abstraite »

 

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Pour Maurice, le changement climatique n’est pas une préoccupation abstraite — c’est un défi existentiel qui affecte directement notre stabilité économique, notre durabilité environnementale et notre trajectoire de développement national. C’est ce qu’a déclaré, hier, le ministre des Affaires étrangères, Ritesh Ramful, à l’ouverture du Regional Forum for Practitioners in SIDS on Advancing NDC Implementation Readiness.
Outre les représentants de la région Océan Indien, Maurice a le privilège d’accueillir des participants des Fidji, de la Jamaïque, de la République des Îles Marshall, de Sao Tomé-et-Principe, de la Guinée-Bissau, du Rwanda, de l’Ouganda et du Cap-Vert, dont les délégués venus partager leurs expériences et bonnes pratiques. Les échanges entre pays confrontés à des vulnérabilités similaires seront déterminants pour accélérer les progrès vers une mise en œuvre efficace des Nationally Determined Contributions (NDCs).
“L’élévation du niveau de la mer, l’érosion côtière, le blanchissement des coraux, les vagues de chaleur, les sécheresses, les cyclones et les crues soudaines impactent déjà notre population et notre économie. Près d’un tiers de notre population vit dans des zones côtières. Des secteurs clés tels que le tourisme, la pêche et l’économie océanique — piliers de notre prospérité — sont directement exposés aux risques climatiques”, a fait ressortir le ministre.
“Maurice s’est naturellement positionnée comme un acteur proactif et engagé de la diplomatie climatique. Nous avons constamment plaidé pour une action climatique mondiale ambitieuse dans le cadre de l’Accord de Paris, notamment pour limiter la hausse des températures mondiales à 1,5 degré Celsius — un seuil qui, pour les PEID, représente une question de survie”, a-t-il ajouté.
« Cependant, l’ambition sans financement n’est qu’un concept. La mise en œuvre de notre NDC 3.0 nécessite des ressources financières substantielles — estimées à 5,7 milliards de dollars américains pour l’atténuation et l’adaptation sur la période 2026–2035 », ajoute-t-il.
La mise en œuvre des NDC n’est pas seulement une obligation environnementale. Elle constitue la pierre angulaire de la stratégie économique, diplomatique et sociale. Elle oriente notre transition énergétique, la planification des infrastructures, la protection côtière, les systèmes alimentaires et la stabilité budgétaire à long terme. Maurice travaille étroitement avec la Banque mondiale à l’élaboration d’un plan d’investissement et de mise en œuvre visant à traduire l’ambition des NDC en programmes concrets et bancables.
À cet effet, le Country Climate and Development Report, rendu public la semaine dernière, confirme que le changement climatique fait peser des risques considérables sur l’économie, les infrastructures et les communautés côtières du pays, à travers l’élévation du niveau de la mer, la hausse des températures et les phénomènes météorologiques extrêmes, menaçant des secteurs clés pour l’emploi et exposant les populations littorales.
L’accès au financement climatique demeure l’un des plus grands défis auxquels sont confrontés les Petits États insulaires en développement. « Bien que nous contribuons à moins de 1 % des émissions mondiales, nous subissons des impacts disproportionnés et continuons de faire face à des obstacles structurels pour accéder aux financements climatiques internationaux. Les récentes discussions lors de la COP30 sur l’atténuation, l’adaptation et l’engagement mondial visant à tripler le financement de l’adaptation doivent désormais se traduire par des ressources réellement accessibles aux pays vulnérables », s’est-il fait appesanti.

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