Signature d’accord avec le PNUD : Grant de $ 4,4 M pour les audits énergétiques obligatoires

Un accord de financement (grant) d’un montant de $ 4, 432 164 a été signé hier au Caudan Arts Centre, entre le gouvernement mauricien et le United Nations Development Programme (UNDP) sous l’égide de la Global Environment Facility (GEF). La signature de cet accord, intitulé Realising Energy Savings and Climate Benefits of Implementing Mandatory Energy Auditing in the Republic of Mauritius, s’est déroulée en présence du ministre de l’Énergie et des Services publics, Patrick Assirvaden, de Khalil Elahee, président de l’Energy Efficiency Committee, ainsi que d’Alka Bhatia, représentante de l’UNDP pour Maurice et les Seychelles.

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Ce financement assurera le soutien des initiatives du ministère de l’Énergie et des Services publics destinées à renforcer l’efficacité énergétique à Maurice, dans le cadre de la campagne nationale d’efficacité énergétique actuellement mise en œuvre.
Patrick Assirvaden a affirmé que ce soutien arrive à un moment charnière de la stratégie énergétique du pays. « Il constitue un levier déterminant pour renforcer la campagne nationale de sobriété énergétique. Ce fonds d’environ USD 4,5 millions s’inscrit dans une dynamique de transformation profonde de notre modèle énergétique. Il accompagnera nos efforts au cours des années à venir afin que la sobriété énergétique cesse d’être perçue comme une simple option technique et devienne pleinement une composante de la culture mauricienne », a-t-il déclaré.

Il a expliqué que ce projet révisé vise à relever un défi fondamental : la forte dépendance de Maurice aux combustibles fossiles importés, qui représentent plus de 90 % de l’énergie primaire du pays. Pour y faire face, le gouvernement a déjà posé des bases solides avec l’Energy Efficiency Act et d’autres règlements rendant obligatoires les audits énergétiques pour les grandes entités publiques et privées.
Cependant, la mise en œuvre à grande échelle de cette obligation s’est heurtée à plusieurs obstacles persistants au cours des dernières années.

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« Depuis mon arrivée au ministère, j’ai constaté que la volonté est bien là, mais que les obstacles demeurent. Il y a d’abord un manque de préparation et de sensibilisation dans certains secteurs. Nous faisons également face à une pénurie de professionnels certifiés en audit et en management énergétique. Dans deux ou trois ans, nous aurons besoin de jeunes cadres spécialisés dans l’efficience énergétique. Il existe aussi une réticence financière liée à l’absence de technologies suffisamment efficientes », précise le ministre.
Selon lui, l’efficience énergétique demeure l’une des sources d’énergie les plus importantes. « L’efficience énergétique, l’efficacité énergétique et la sobriété énergétique représentent, à mon avis, le mégawatt le plus précieux : celui qui n’est pas utilisé. C’est en quelque sorte une énergie renouvelable invisible. Quand on ne brûle pas de charbon, c’est tout le pays qui en bénéficie », ajoute-t-il.

Il a aussi salué les efforts de la population mauricienne face aux mesures d’alerte énergétique. « En moins d’un an, les Mauriciens ont démontré une capacité exemplaire d’adaptation à travers le système d’alerte. J’ai également demandé au Central Electricity Board (CEB) de préparer dès maintenant la prochaine campagne d’efficacité énergétique pour l’été prochain », affirme-t-il.

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Selon les prévisions météorologiques, Maurice devrait progressivement sortir du risque de délestage à partir du 15. Toutefois, il met en garde contre les tensions géopolitiques internationales, notamment liées à un éventuel conflit impliquant l’Iran.
« Nous allons préparer un nouveau plan pour l’année prochaine en collaboration avec les médias. Grâce à leur soutien et à la collaboration du secteur privé, nous avons pu récupérer 20 MW en quelques heures seulement à un moment critique », dit-il.
Le ministre a également estimé que ce financement international pourrait encourager les institutions financières à soutenir davantage les investissements dans la sécurité énergétique. Il a par ailleurs encouragé les gros consommateurs d’électricité à investir dans des systèmes de stockage par batteries.

« Notre objectif, d’ici à trois ans, est de réduire de 15 à 20 % l’utilisation du charbon afin de permettre à la biomasse de jouer un rôle plus important dans la transition énergétique. L’objectif de 60 % d’énergie renouvelable a été repoussé à 2035, au lieu de 2030 », réitère-t-il.

De son côté, le professeur Khalil Elahee a indiqué que ce projet de financement avait été initié il y a plus d’une dizaine d’années. D’après lui, cette initiative permettra de structurer et de renforcer les actions en matière d’efficience énergétique à Maurice.
Pour sa part, la représentante de l’UNDP, Alka Bhatia, a expliqué que ce projet devrait lever les obstacles qui freinent la promotion de l’efficacité énergétique grâce à une approche intégrée et coordonnée entre les différents acteurs.

Elle a mis en exergue que le succès de cette initiative dépendra notamment du leadership politique, d’une meilleure coordination entre les institutions concernées, ainsi que de la participation active du secteur privé et des institutions financières.

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