Smart Cities — Alix Tennant : « 72 % des biens vendus en 2022 achetés par des Mauriciens »

Fondée en juin 2020, la société Market Trends se positionne comme un acteur clé dans le secteur de la data pour l’immobilier à Maurice. Sa mission est d’analyser les tendances du marché immobilier dans le but de nourrir la réflexion stratégique de ses clients. À ce jour, Market Trends a référencé plus de 50 000 transactions immobilières, qui lui permettent de comprendre ce que les clients recherchent ou les projets les plus prisés. La société a déjà publié plus de 90 rapports baromètres et sur-mesure. Alix Tennant, fondatrice et gérante de Market Trends, en dit plus.

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Que fait la compagnie que vous avez fondée, Market Trends ? Quelle est son utilité sur le marché immobilier ?
Market Trends est une entreprise spécialisée dans les études de marché immobilier à Maurice. Nous collectons des données sur les ventes immobilières réalisées dans le pays pour produire des baromètres de marché et des analyses sur-mesure. Nos publications, disponibles à différentes fréquences (ponctuelles, mensuelles, trimestrielles et annuelles), sont accompagnées d’un décryptage des tendances et permettent aux acteurs des marchés immobilier et financier de prendre des décisions éclairées et de fournir des conseils à leurs clients. Notre entreprise a été créée en 2020 pour répondre à un manque de données fiables, précises et récentes sur le marché immobilier mauricien.

Pour qui travaillez-vous ?
Pour des promoteurs immobiliers, mais aussi d’autres acteurs, comme des banques, qui utilisent nos rapports pour faire du conseil en investissement.

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Quelles sont les données précises que vous analysez ?
Nous analysons par exemple le volume des ventes, leur valeur, les types de biens les plus achetés, et sous différents segments (local, étranger, commercial et industriel). Nos prestations incluent un rapport, mais également une présentation synthétique, pour décrypter les tendances avec nos clients. Dans les cas de professionnels de l’immobilier, ces données leur permettent de mieux planifier leurs prochains développements en fonction de la demande.

Justement, quelle est la tendance actuelle ?
Sur le marché étranger, nous notons une forte demande d’appartements, suivi des villas. Pour le marché local, nous observons ces derniers temps une croissance des ventes de maisons et Townhouses.

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Que pouvez-vous dire sur les tendances eu égard à la clientèle internationale ?
Le marché des acheteurs étrangers à Maurice est dynamique puisque nous notons une progression continue des ventes entre 2020 et 2022, tant en volume qu’en valeur. Les acheteurs individuels sont de nationalités extrêmement variées, mais les Français et les Sud-africains restent les principaux acquéreurs. La plupart d’entre eux sont des cadres dirigeants, tandis que la part des retraités reste relativement faible pour le moment, surtout parmi les Sud-africains.

Globalement, Maurice est-elle restée compétitive comme destination depuis la pandémie ?
Nous avons encore peu de recul sur l’activité post-pandémie, car les délais de vente – entre intérêt de l’acheteur et signature de la vente – sont souvent longs. La quarantaine aux frontières a été levée en octobre 2021, accentuant naturellement les performances en 2022. L’expérience nous a montré une corrélation entre activité touristique et la demande immobilière des étrangers. Le flux de touristes et les campagnes de promotion immobilière à l’étranger devraient soutenir l’activité en 2023.

On a l’impression qu’il y a une abondance de projets de Smart Cities. Ce « scheme » a-t-il toujours la cote auprès de la clientèle étrangère ?
Les projets Smart City ne sont pas si nombreux. Comme le Scheme est relativement nouveau, promulgué en 2015 et premiers certificats délivrés en 2017, seules six villes certifiées ont vendu ou vendent actuellement des biens résidentiels. En comparaison, depuis 2005, l’Economic Development Board a approuvé 140 projets de développement immobilier, tels que les IRS, RES, PDS ou IHS.
Bien que l’on puisse croire que les projets Smart City s’adressent principalement aux étrangers, il est important de noter que 72 % des biens vendus en 2022 ont été acquis par des Mauriciens. En effet, la majorité de ces biens sont situés dans le centre de l’île, alors que les étrangers ont tendance à rechercher des biens près de la mer. Parallèlement, la part des ventes aux étrangers est relativement faible, représentant seulement 5 % des transactions en 2022. Ainsi, les promoteurs ont tout intérêt à diversifier leur cible.

La majorité des biens dans les Smart Cities sont achetés par des Mauriciens dites-vous. Comment l’expliquer ? Les prix sont-ils abordables pour la clientèle locale ?
Il y a des offres très différentes parmi les Smart Cities, car certaines, n’étant pas situées sur le littoral, intéressent moins les étrangers et davantage les Mauriciens. Les Smart Cities sont des villes pensées et réfléchies, où l’on a tout ce dont on a besoin dans une petite zone. Et cela intéresse évidemment la clientèle locale.

Depuis la pandémie, le monde vit des crises successives et les marchés financiers sont volatils. Est-ce que l’immobilier représente une valeur refuge ?
Je ne suis pas spécialiste de l’investissement, mais je constate que le marché local est très dynamique et que les nouveaux projets se vendent bien.

Quel est l’intérêt des acteurs de l’immobilier à travailler avec Market Trends ?
Nos rapports intéressent les professionnels de l’immobilier, car ils proposent des données fiables et récentes sur le marché. Nous faisons ressortir les grandes tendances, les changements majeurs et les potentielles opportunités. Ces informations leur permettent de définir leur stratégie, valider ou ajuster le positionnement des projets en création. Dans un secteur très compétitif, il est important d’être réactif en suivant les évolutions régulières du marché.

Les prix sont en hausse depuis la pandémie, n’est-ce pas ?
Le prix des biens immobiliers augmente en continu à Maurice, et pour tous les types de biens, notamment parce que l’espace disponible est limité.

Dans les études et analyses que vous faites, il y a sans doute encore des points négatifs qui rebutent certains clients étrangers à venir à Maurice. Quels sont-ils ?
Étant donné que nous recueillons les données sur les ventes immobilières à travers les actes de vente signés, il nous est difficile de connaître précisément les raisons qui motivent ou démotivent un achat. En effet, n’étant pas directement en contact avec eux, nous ne pouvons pas obtenir leur point de vue et leurs retours d’expérience.

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