Sondage afrobarometer : appréhension des mauriciens face aux phénomènes météorologiques

– Une majorité de deux-tiers affirme que les inondations sont davantage plus catastrophiques qu’il y a dix ans

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– Une infime minorité se dit satisfaite des efforts déployés par le gouvernement

Les flashfloods, survenant de manière régulière ces dernières années avec leurs séquelles; que ce soit pour les ménages ou pour l’économie, et la présente sécheresse, et des déficits de l’ordre de 30% en termes de pluviométrie pour la saison suscitent des appréhensions pour la population. Le dernier sondage d’Afrobarometer, mené sur le terrain par Straconsult et axé sur le dossier du changement climatique confirme les appréhensions des Mauriciens face aux dangers que représentent les phénomènes météorologiques avec des répercussions de plus imprévisibles.

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Certes, dans la grande majorité, les Mauriciens affirment être sensibles aux effets du changement climatique tout en souhaitant voir des actions plus musclées de la part des autorités pour faire face à la situation. D’ailleurs, une infime minorité fait état de satisfaction devant les efforts déployés par le gouvernement à cet égard. Ce reproche est également adressé aux capitaines de l’industrie avec dans leur ensemble les Mauriciens souhaitant voir des mesures plus corsées pour les protéger des répercussions.

À une très forte majorité, les Mauriciens se disent conscients que le changement climatique leur mène la vie dure au point que « it is making life in their country worse ». En procédant à un résumé des analyses des données recueillies sur le terrain, Stravonsult note : « Findings show that citizens who are aware of climate change are solidly behind government action to address the crisis, even if it comes at a significant economic cost. Mauritians see addressing climate change as a collective responsibility, and they want greater engagement on the issue by the government, business and industry, developed nations, and ordinary citizens. »

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Les principales conclusions se déclinent comme suit : un plus de deux-tiers partagent l’opinion que les inondations sont davantage plus dramatiques d’il y a dix ans alors que pour ce qui est des cyclones, un Mauricien sur deux est de cet avis. Sept Mauriciens sur dix ont déjà entendu parler du changement climatique et de ses répercussions.
Presque unanimement, ils ajoutent que la situation devient de plus en plus catastrophique pour Maurice.

Neuf Mauriciens sur dix se disent prêts à contribuer pour réduire les risques liés au changement climatique. Deux sur trois réclamant des mesures d’urgence au gouvernement pour remédier à la situation, peu importe les dommages collatéraux en termes de réalloaction budgétaire aux dépens d’autres poches de dépenses publiques, de pertes d’emplois ou encore d’impact sur l’économie.

Le premier constat qui se dégage est que 68% des Mauriciens concèdent que les dégâts lors des inondations sont encore pires qu’il y a dix ans contre 13% appuyant le contraire. Pour ce qui est des cyclones, l’impression est plus nuancée avec 48% déclarant qu’il y a un « change in, the severity » des cyclones.

Toutefois, ce qui étonne dans la conjoncture est que les Mauriciens semblent bien moins sensibles aux effets de la sécheresse. Pourtant, depuis l’année dernière, les indications sont que le pays est en passe de connaître l’une de la pire sécheresse de ces dernières années. En effet, un sur trois, soit 36%, avance que la pluviométrie déficitaire est « somewhat much more severe ». Peut-être que si la question était posée ces jours-ci au même échantillonnage de 1 200 adultes, les résultats auraient été différents compte tenu de la nouvelle réalité au niveau des réservoirs et des pluies d’été, qui se font encore attendre à l’approche de fin janvier.

D’autre part, les habitants des régions rurales sont plus conscients des effets négatifs du changement climatique comparativement à ceux qui habitent les régions urbaines, soit 54% contre 38% pour les inondations, 47% contre 21% pour les cyclones et 72% contre 62% pour la sécheresse.

À ce titre, le rapport de Straconsult, publié en cette fin de semaine, note que « economically well off respondents (those experiencing “no lived poverty”) are less likely to see increasingly severe cyclones, droughts, or floods, conceivably because they are more sheltered than their less-well-off counterparts ».

Abordant le chapitre de l’Awareness of Climate Change, une majorité confortable, à hauteur de 73%, est familière avec ce concept, avec un taux légèrement plus accentué de 75% pour les hommes contre 71% de Mauriciennes. D’autre part, les régions rurales ont le dessus sur les villes, soit 74% contre 72%.

Plus le Mauricien est éduqué, plus il est sensibilisé à la cause de la lutte contre le changement climatique dans la fourchette de 91% contre 56%. Statistiquement parlant, la même réalité est reflétée en termes de tranche d’âge. Quatre jeunes sur cinq (86%) dans la tranche d’âge de 18 à 24 ans sont à l’aise avec l’urgence climatique.

Cette proportion reste sensiblement le même pour ceux âgés de 25 à 44 ans. Par contre, dès 45 ans, le tableau change de configuration avec un score de 69% pour ceux âgés de 45 à 54 ans, 67% de 55 à 64 ans et de 52% au-delà de 65 ans. Toutefois, la note positive dans le sondage d’Afroconsult est que « perceptions of adverse effects of climate change have increased by 25 percentage points since 2017 ».

L’autre phénomène, qui semble susciter l’unanimité parmi les Mauriciens, demeure les conséquences désastreuses du changement climatique. Les scores réalisés à tous les niveaux ne souffrent d’aucune contestation avec des chiffres en majeure partie au-delà de 80% comme 86% représentant la moyenne nationale à la question “Climate change is making life worse”, soit 88% d’hommes et 84% de femmes, 88% dans les régions rurales et 84% dans les villes, 88% chez les 18 à 24 ans, 88% dans la tranche d’âge de 25 à 34 ans, 92% chez les 35 à 44 ans, 83% chez les 45 à 54 ans, 87% pour ceux âgés de 55 à 64 ans et un pourcentage moindre, soit 74% chez ceux âgés de plus de 65 ans.

Le rôle du citoyen et celui du gouvernement dans la lutte contre les effets du changement climatique sont considérés comme étant déterminants pour déboucher siur des résultats probants. Au chapitre de Fighting Climate Change, Afroconsult souligne : « Large majorities of Mauritians believe that both ordinary citizens and the government have a role to play in limiting climate change. About nine in 10 respondents who are aware of climate change (88%) “agree” or “strongly agree” that citizens can help curb climate change, and nearly two-thirds (65%) of citizens want their government to take steps now to limit climate change, even if it is expensive, causes job losses, or takes a toll on the economy. »
L’évaluation des efforts adoptés en vue de lutter contre le changement climatique se résume à un “Need to do a Lot More”, soit à hauteur de 79% pour le gouvernement, de 72% pour les opérateurs économiques, 79% pour les pays développés et de 50% pour les citoyens.

En dernier, le gouvernement est crédité d’un score de 38% au sujet de la performance “in handling climate change” avec ce pourcentage atteignant 48% chez les jeunes de 18 à 24 ans, qui sont davantage plus “Climate-Conscious”.

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