Platinum Card de PEI : Ameenah Gurib-Fakim règle ses comptes avec l’ex-Barclays

Une mise en demeure pour des dommages de Rs 500 M servie par l’ancienne présidente de la république à  l’ABSA Bank pour l’étalage en public en 2018 de ses comptes bancaires

Après la demande de Judicial Review en Cour suprême contre les conclusions de la commission d’enquête Caunhye, instituée par le gouvernement de Pravind Jugnauth sur les circonstances de sa démission de la State House en mars 2018, qu’elle considère comme étant « a mere eye-washing exercise », Ameenah Gurib-Fakim semble vouloir désormais régler ses comptes après plus de quatre ans et demi avec l’ABSA Bank, l’ex-Barclays Bank. L’ancienne locataire du château de Réduit s’insurge contre le fait qu’aucune suite n’a été donnée en ce qui concerne la fuite de ses documents bancaires, notamment les dépenses effectuées à travers la Platinum Card sponsorisée par la fondation Planet Earth Institute du multimilliardaire angolais Alvaro Sobrinho. Une mise en demeure a été servie à cette banque privée, avec des dommages réclamés de l’ordre de Rs 500 millions.

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Dans sa mise en demeure servie à l’ex-Barclays Bank, Ameenah Gurib-Fakim fait d’emblée ressortir qu’elle n’a jamais donné son consentement à la banque pour la divulgation de ses informations bancaires, ses données financières ou autres documents relatifs à ses comptes, que ce soit aux médias ou encore pour être disséminés  sur la place publique.

Or, l’ex-Barclays Bank était la seule dépositaire de toutes les opérations bancaires pertinentes et de tous les détails ayant trait à ses transactions, et était la seule destinataire de ces informations personnelles. Aussi, Ameenah Gurib-Fakim estime que la banque a agi en violation de ses obligations en vertu de la loi, et a omis de maintenir le secret et la confidentialité de ses relevés bancaires.

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L’ancienne présidente de la République met en avant que ses données personnelles ont circulé sur la place publique en février 2018, des transactions pour la période de septembre 2016 à mars 2017 étant particulièrement ciblées. Elle soutient également qu’une résolution du conseil d’administration de la Planet Earth Institute Foundation en date du 11 mai 2016, portant le sceau de la « Barclays Bank Mauritius Ltd-Corporate Division », concernant l’ouverture d’un compte en dollars américains, ainsi que sa demande d’une carte de crédits ont aussi été rendues publiques, par voie de presse.

Ameenah Gurib-Fakim explique que le 28 février 2018, étant donné que cette affaire devait être traitée « avec le plus grand sérieux » par les autorités, la banque avait délégué l’Acting Managing Director d’alors pour lui rendre visite à la State House. Le cadre responsable de l’ex-Barclays Bank, selon ses affirmations, avait ainsi exprimé des inquiétudes quant à la fuite de ces documents confidentiels émanant de la Corporate Division. Et d’informer l’ancienne présidente qu’une enquête serait menée au niveau de la banque pour se pencher sur la question.

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Dans sa mise en demeure, rédigée par Pazany Thandarayan (avoué), Ameenah Gurib-Fakim indique que la banque avait, dans une lettre du 2 mars 2018, laissé entrevoir qu’une enquête interne sur cette affaire de fuite de documents serait menée. Avec pour objectif d’évaluer si des canaux internes ont été utilisés et d’établir clairement quelles autres parties autorisées auraient eu accès à ces documents dans le cadre de ces opérations et activités bancaires.

Ameenah Gurib-Fakim ajoute également que le 12 mars 2018, l’ex-Barclays Bank avait délégué son directeur régional, Peter Matlare, ainsi que le Chairman de l’époque, Philip Dawe, à la State House pour exprimer une prétendue sympathie  envers elle. Aujourd’hui, la principale intéressée déplore qu’à sa connaissance, « aucune mesure contre qui ce soit n’a été prise » par rapport à la divulgation illégale de ses informations, dossiers financiers et données personnelles, portant le sceau de la banque.

Le rapport de la Commission d’enquête, présidée par l’ancien chef juge Asraf Caunhye, avait en effet conclu que les explications d’Ameenah Gurib-Fakim, selon lesquelles elle avait utilisé « par inadvertance » la carte Platinum que lui a offerte la fondation PEI d’Alvaro Sobrinho, sont « laughable ». Ainsi peut-on lire dans le rapport : « Madame Gurib-Fakim a soutenu, lors de son audition devant la commission, qu’elle avait utilisé la carte par inadvertance à toutes ces occasions. Selon elle, elle a utilisé la carte par erreur, car elle avait une carte de crédit personnelle de la même couleur et qu’il n’était pas nécessaire d’utiliser un numéro d’identification. Cependant, son explication selon laquelle elle a utilisé la carte platine par inadvertance à 62 occasions est pour le moins risible ! »

La commission d’enquête avait aussi conclu qu’Ameenah Gurib-Fakim avait agi en violation de l’article 28 (4) de la Constitution en effectuant des paiements supérieurs à Rs 2 millions à partir d’une carte de crédit mise à sa disposition par l’Ong Planet Earth Institute. Durant les travaux de la commission, l’ancienne présidente de la République avait expliqué qu’elle avait remboursé PEI pour les achats qu’elle avait effectués à travers la Platinum Card. Considérant que le préjudice qu’elle a subi est continu et s’est aggravé depuis les quatre dernières années par le fait que ces coordonnées bancaires pertinentes sont toujours disponibles en ligne et accessibles à tous, elle réclame des dommages de Rs 500 millions à l’ABSA Bank. L’institution bancaire a une trentaine de jours pour réagir à cette mise en demeure.

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