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92,6% des victimes de cas de violence et d’exploitation sexuelle enregistrées en 2019 sont des femmes

Le statut de la Femme semble avoir connu peu d’amélioration à Maurice. Alors que le monde la célèbre le 8 mars de chaque année, la Femme reste victime de violence de tous genres; elle est aussi méprisée dans d’autres secteurs. Alors que nous sommes en 2020 où les droits de la Femme doivent être automatiquement reconnus, la Femme, quel que soit son niveau financier ou académique, demeure une victime.

Jamais des chiffres n’ont donné aussi froid dans le dos. En 2019, 2 222 cas de violence domestique avaient été enregistrés par le ministère de l’Égalité du Genre, soit 1 017 cas de plus, et 85,9% de ces cas étaient contre les femmes. Ces chiffres ne tiennent pas compte de l’évolution de la situation pendant la période de confinement de COVID-19. Les Gender Statistics publiées par Statistics Mauritius en ce début de semaine indiquent l’ampleur qu’a prise la violence domestique à Maurice.

Le nombre de nouveaux cas de violence domestique à l’égard des femmes a augmenté de 1,292 cas en 2018 à 1, 469 cas en 2019, soit une hausse de 177 cas. Mais les atrocités commises envers les femmes ne sont pas d’un seul type. Les statistiques révèlent que la femme est victime d’une, voire de plusieurs types de violence. D’où la raison d’une augmentation dans le nombre de cas que le nombre de victimes.

Elles sont 28,1% de femmes qui ont rapporté des cas de violence domestique de leur mari ou leur partenaire. Les chiffres démontrent que 30,7% des femmes sont victimes de harcèlement, d’abus, d’humiliation ou de mauvais traitement toujours venant des hommes mariés avec eux ou avec qui elles habitent. Nous observons également que 10,5% de femmes subissent des menaces de violence physique de leur mari. Et comme si ces cas ne suffisaient pas, près de 5,4% de femmes subissent des actes de violence venant des autres personnes qui vivent sous le même toit. Les chiffres effraient. 92,6% de victimes de violence et d’exploitation sexuelle sont des femmes.

Non seulement victime de plusieurs types de violence, la Femme l’est aussi dans d’autres domaines. Si elle vit habituellement plus longtemps que l’Homme, les chiffres démontrent que 55,5% de femmes sont mortes en 2019 à cause du diabète, de maladies cardiaques, d’hypertension ou de maladie vasculaire cérébrale contre 51,3% d’hommes souffrant des mêmes types de maladie.

Au niveau du secteur éducatif, les chiffres indiquent qu’elles sont moins de femmes dans la recherche. Toutefois, davantage de femmes sont inscrites dans les institutions tertiaires. Malgré leur réussite académique, la Femme est sous-représentée dans la prise de décision au niveau plus élevé de la société. Selon le rapport, le nombre de femmes ministres n’était que de 3 sur 24 femmes élues. En 2019, le pays ne recensait qu’une seule femme maire. La situation n’est guère différente dans des domaines importants. Une hausse de 2% a été notée dans la proportion de femmes tenant des postes importants par rapport aux hommes. Le nombre est passé de 37% en 2018 à 39% en 2019. Les femmes participent aussi aux besoins de la famille mais elles sont inférieures par rapport aux hommes quant à la gestion d’une entreprise. Nous observons aussi que ce sont les femmes qui sont les plus touchées par le chômage malgré leur faible nombre sur le marché du travail. L’ironie des conclusions indique que les femmes au chômage sont plus qualifiées que les hommes dans la même situation qu’elles. Au niveau des salaires, la Femme gagne moins que l’Homme. Celle-ci est aussi victime de pauvreté contrairement à l’Homme.

Les enfants davantage victimes de violence

Non seulement les femmes mais les enfants sont aussi gravement touchés par les cas de violence. Une hausse de 660 cas a été notée dans le nombre de plaintes enregistrées par la Child Development Unit passant de 5,565 cas en 2018 à 6,225 en 2019. Et la plupart de ces enfants sont des filles, soit 56,8%. Les enfants sont souvent victimes d’abus psychologiques ou émotionnels. En 2019, 660 garçons, soit 24,6%, et 800 filles (22,6%) avaient connu des abus de ce genre. Pire, 7,3% des garçons et 5,4% de filles ont subi des violences physiques l’année dernière. Les enfants sont aussi négligés. Ils sont pour la plupart des garçons qui sont rejetés, soit 22,6% (606) et 14,4% de filles (508). Ce qui choque le plus est le nombre de cas de violence sexuelle contre les filles. En 2019, 398 filles étaient victimes de ce type de violence sordide et 58 garçons.

Par ailleurs, le nombre de cas de violence domestique sur les hommes semble extrêmement inférieur par rapport aux femmes. Ce même rapport indique une hausse de six cas en 2019, passant de 235 à 241. Les statistiques révèlent que des hommes subissent des actes de violence de la part de leur femme ou de leur partenaire. Selon les chiffres, 19,3% d’hommes ont porté plainte pour violence domestique et 26,6% pour violences verbales. Nous notons que 15,1% d’hommes ont aussi subi un langage agressif de la part de ceux vivant sous le même toit. Statistics Mauritius fait observer que les hommes sont les plus victimes d’homicides ou d’attaques physiques alors que les femmes sont davantage plus vulnérables à subir la violence et l’exploitation sexuelle.

Le divorce en hausse

Dans son étude, Statistics Mauritius expose un fait inquiétant. Le nombre de cas de divorce augmente alors que celui des mariages continue de baisser. Les chiffres démontrent que le nombre de personnes mariées sur 1000 au milieu de l’année a chuté de 21,1% en 1993 à 15,3% en 2019. Le nombre de divorces a, lui, enregistré une hausse passant de 1,4% en 1993 à 3,4% en 2019. Nous notons que 2,174 cas de divorce ont été prononcés par la Cour suprême. Et ce sont plutôt les femmes, soit 43,5%, qui ont cherché le divorce. Ce sont les couples qui ont vécu de 5 à 10 ans qui divorcent le plus. Les gens ne se marient plus à un âge plus jeune. Les femmes se marient à 28 ans et les hommes à 31 ans en moyenne. En 1994, les femmes se mariaient à 25 ans et les hommes à 28 ans.