Elle travail seule dans son salon, où des fois, sa fille et sa soeur viennent l'aider

«Rien n’est difficile quand on aime ce qu’on fait, et surtout quand on sait où l’on va.» Tel est la devise de Cathy Valarien qui gère aujourd’hui son propre salon de coiffure et de beauté éponyme, dans son petit village du Sud, à l’Escalier. Elle, qui a commencé il y a quelques années avec uniquement deux brosses à cheveux et un sèche-cheveux, est désormais une femme entrepreneure épanouie. Bénéficiaire de l’aide de l’Union européenne dans le cadre de la campagne Leave No One Behind, qui a pour objectif de venir en aide aux femmes entrepreneures, entre autres, elle a pu l’an dernier construire un escalier à l’extérieur de sa maison pour permettre à ses clientes d’accéder directement à son petit salon mauve et rose à l’étage. Un petit rien pour certains, mais un énorme pas pour d’autres. Rencontre.

Covid oblige, c’est sur ZOOM justement que s’est tenu l’entretien. Par écran interposé, Cathy Valarien nous raconte son histoire. Installée dans son salon, c’est une femme souriante, un brin timide qui nous conte ses débuts modestes. Aujourd’hui, la trentenaire est sa propre patronne et peut accueillir en toute sécurité ses fidèles clientes, malgré la pandémie. «J’ai vu l’annonce de l’Union européenne en 2019 et j’ai décidé de tenter ma chance», nous dit-elle. Et c’est en janvier 2020 qu’elle reçoit la bonne nouvelle qu’elle a été sélectionnée par l’Union européenne pour bénéficier d’une aide et d’un accompagnement sur une durée de trois ans. «Avant, pour accéder à mon salon, il fallait passer dans la maison de ma mère au rez-de-chaussée, mais désormais, avec l’aide de l’Union européenne, j’ai un escalier à l’extérieur, et donc mes clientes peuvent accéder directement au salon», dit-elle. De plus, elle a aussi bénéficié d’un cours de maquillage, ce qui lui permet aujourd’hui de chouchouter encore plus ses clientes.

Des clientes, de 10 ans à 70 ans, qu’elle chouchoute, mais aussi chérit, car ce sont elles qui lui ont donné la force et la motivation pour avancer. Elles, et toutes les femmes de sa vie. «J’ai des clientes qui viennent me voir depuis que ma fille Thérèse a 3 ans», dit Cathy Valarien. Aujourd’hui, sa fille a 15 ans et aide sa mère de temps en temps au salon, même si celle-ci ne caresse pas vraiment l’idée de faire carrière dans la coiffure. «Elle trouve ce métier fatiguant», nous confie Cathy Valarien en un éclat de rire. En effet, le métier de coiffeuse n’est pas de tout repos, entre brosser des cheveux à longueur de journée et patienter pendant des heures que le colorant prenne dans les cheveux, et pourtant ça lui plaît. “Je faisais aussi beaucoup de couture à côté, mais là, j’ai fait mon choix et c’est la coiffure. J’y suis, j’y reste”, nous dit-elle.

Elles m’ont encouragée

« J’ai commencé la coiffure il y a dix ans. Je le faisais à la maison après avoir tout appris toute seule, et je n’avais jamais pensé à en faire mon métier, mais c’est ma grande tante qui, un jour, m’a parlé d’une dame qui cherchait une personne pour travailler dans son salon, et ça a été le déclic », nous raconte-t-elle. “J’ai travaillé pour cette dame pendant quelques années et elle m’a beaucoup appris, mais ce n’était pas évident de jongler entre mon métier et ma famille, car ma fille était alors encore très enfant”, dit-elle. Mais la trentenaire, fonceuse de nature, décide de ne pas baisser les bras, et ouvre un petit salon, à l’étage, chez sa maman, avec deux barrettes, deux brosses à cheveux et un séchoir. “Et ce sont encore une fois, mes clientes qui m’ont suivie et encouragée quand j’ai arrêté de travailler dans le salon où j’ai commencé, et elles voulaient que je m’occupe moi-même leurs cheveux”, dit-elle.

Une relation solide qu’elle a ainsi appris à tisser au fil des années. “Oui, le salon de coiffure est un peu un lieu de rencontre et de détente où l’on peut papoter. Moi, j’aime parler à mes clientes et les écouter surtout”, dit-elle. “D’ailleurs, un bonjour et un sourire veulent tout dire dans la vie. Je me souviendrai toujours d’une coiffeuse où j’avais été il y a très longtemps, et où celle-ci ne m’avait pas souri ou même adressé une parole tout le long de la session. À cet instant, je me suis dit que si je devais un jour avoir mon salon, ce n’est pas le genre d’attitude que j’adopterai”, se souvient-elle.

Son salon, sa fierté

Aujourd’hui, Cathy Valarien continue d’avancer et d’étudier. “J’économise mes sous pour acheter de nouveaux appareils et pour essayer d’apporter quelque chose de nouveau à chaque fois à mes clientes.” Et c’est seule qu’elle accueille ses clientes, malgré la pandémie. “Il y a bien moins de personnes qu’avant, peut-être parce qu’il n’y a pas de fêtes ou de mariages, mais il est important de se faire plaisir et de prendre soin de soi”, dit-elle. “J’ai une cliente qui était venue me voir après le confinement, et elle m’a tout de suite avoué que cela lui avait fait un bien fou de pouvoir s’occuper d’elle, après avoir passé des semaines chez elle.

Cathy Valarien, toujours encadrée par l’équipe de l’Union européenne, espère ainsi que la vie retournera à la normale et que les gens, les femmes surtout, retrouveront l’envie de sortir pour « prendre soin de leurs cheveux » et surtout, pour « se faire belle », avant tout.”