Un front commun des travailleurs des services essentiels pourrait se dessiner autour de la question du Sunday allowance. L’appel a été lancé par Ebrahim Essa, président de la Nurse Union, lors de la conférence de presse du syndicat tenue le 15 janvier. Trois points étaient à l’ordre du jour; le rapport du Pay Research Bureau (PRB), les malaises au sein du personnel infirmier et avec une attention particulière portée à la reconnaissance et la rémunération du travail effectué le dimanche.
Ebrahim Essa a invité l’ensemble des employés concernés de la fonction publique, notamment les shift workers, ceux appelés à travailler la nuit et le dimanche ainsi que le personnel hors cadre, à se regrouper afin de définir une position commune face au non-paiement du travail dominical.
Selon lui, seule une action collective permettra de faire avancer les revendications. Faute de réponse satisfaisante, Ebrahim Essa n’exclut pas la possibilité d’un mouvement collectif visant à ne plus travailler les dimanches.
Il a rappelé que les services essentiels reposent sur des travailleurs appelés à exercer le dimanche, un jour qui, selon lui, n’est pas reconnu comme un jour de travail ordinaire. Il a insisté sur le fait que seules les personnes ayant réellement travaillé le dimanche peuvent comprendre et évaluer la souffrance liée à ce type d’horaire.
Ebrahim Essa estime que les officiers du PRB ne sont pas en mesure d’apprécier pleinement la réalité du travail dominical, leurs horaires se limitant à des heures de bureau. Il a souligné que travailler un dimanche implique un sacrifice réel, notamment celui de quitter sa famille, rappelant qu’un dimanche ne peut être remplacé par un jour de congé ordinaire en raison de son caractère familial.
Le président de la Nurse Union a également rappelé que, depuis 25 ans, le principe de rémunération du travail dominical est reconnu. Il a souligné que l’an dernier, l’ex-Premier ministre Pravind Jugnauth avait indiqué que les travailleurs du dimanche devaient percevoir leurs shift allowances.
Il a par ailleurs lancé un appel aux autres catégories concernées, notamment les policiers, les pompiers et l’ensemble des travailleurs des services essentiels, afin de former un front commun et d’agir de manière concertée sur la question du travail dominical.
Le président de la Nurse Union a également pointé du doigt le manque criant de personnel dans les hôpitaux publics, en s’appuyant sur un cas concret. Le 30 décembre dernier, à l’hôpital Jeetoo, une seule infirmière était en service pour une salle de vingt-huit patients.
Cette infirmière, a-t-il précisé, n’a bénéficié d’aucune relève pendant jusqu’a ving er hune dheur . Une situation qui, selon lui, est devenue courante.Le fait qu’un seul infirmier assure une salle entière est devenu une réalité quotidienne. Actuellement encore, une infirmière, épaulée par un health care assistant, doit gérer seule toute une salle. Une infirmière peut-elle assurer seule une salle durant toute une nuit ? Ebrahim Essa relate que le 30 décembre, l’infirmière concernée n’a même pas pu prendre son heure de dîner. Elle a travaillé toute la nuit, sans pause, au point d’en sortir totalement épuisée.
Ebrahim Essa rapporte que l’infirmière aurait normalement dû quitter son poste en début de soirée. Faute de relève, elle est restée en service. Son mari a finalement dû se rendre à l’hôpital pour s’adresser au superviseur, inquiet de voir son épouse toujours absente du domicile. Une situation qui, selon lui, illustre les conditions difficiles dans lesquelles travaillent aujourd’hui les infirmiers et infirmières dans les hôpitaux publics.

