Transport : Ce n’est pas Uber, mais sa technologie

  • Un retour du nom, pas du modèle, une technologie intégrée, sous contrôle local
  • En 2018, ce qui était envisagé relevait de l’introduction d’Uber comme service
  • En 2026, ce qui est admis relève surtout de l’utilisation de ses outils technologiques, sans ouverture du marché à un modèle de transport dérégulé.

Le nom d’Uber est revenu dans l’actualité locale, laissant penser à une implantation du géant américain à Maurice. En réalité, il ne s’agit ni d’une ouverture du marché au modèle Uber classique ni d’une autorisation donnée à la plateforme pour opérer dans le pays, mais d’une adaptation technologique intégrée au système existant des taxis licenciés. Le gouvernement n’a pas autorisé Uber à opérer à Maurice comme service de transport dans son modèle classique. C’est ce que nous confirme  le ministère du Transport, alors que certaines publications ont pu laisser croire à une implantation du géant américain sur le marché mauricien.

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En réalité, ce qui est aujourd’hui introduit localement, ce n’est pas Uber comme opérateur, mais une partie de sa technologie, utilisée à travers le service ala-lila, exploité par Logidis.

Pour ceux qui connaissent le fonctionnement de la plateforme américaine, la nuance est de taille. Dans sa formule la plus répandue à l’international, Uber repose sur une plateforme numérique mettant en relation chauffeurs et clients, souvent dans une logique plus souple que celle du taxi traditionnel. Le modèle actuellement déployé à Maurice s’en éloigne toutefois nettement.

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Ici, le dispositif s’inscrit dans le cadre déjà existant du transport rémunéré. Il ne s’agit pas d’une ouverture du marché à Uber comme service de transport à part entière, mais d’une adaptation technologique intégrée à un système local déjà réglementé.

Ce débat n’est d’ailleurs pas nouveau. Dès 2018, le Conseil des ministres avait déjà pris note d’une proposition visant à introduire “UBER Transport Services” à Maurice. Dans ses décisions du 19 octobre 2018, le Cabinet indiquait que le dossier, examiné par la National Transport Authority (NTA) et discuté avec les parties prenantes concernées, ne serait pas retenu. La même décision précisait que cette fin de non-recevoir s’appliquait également à “other similar services”.

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À l’époque, l’idée d’une arrivée d’Uber dans sa forme originale avait suscité de vives réticences, notamment dans le secteur du taxi, où plusieurs acteurs y voyaient une menace directe pour leur activité. Le projet s’était ainsi heurté à la fois au cadre réglementaire existant et à l’opposition d’un secteur déjà fortement structuré.

Le schéma actuellement mis en avant à Maurice est donc d’une autre nature. Logidis demeure l’opérateur du service, avec un système reposant sur les taxis licenciés et non sur une ouverture à n’importe quel conducteur particulier. Autrement dit, un particulier ne peut pas aujourd’hui devenir chauffeur Uber librement à Maurice comme cela peut exister dans d’autres pays.

L’accès au dispositif reste ainsi limité aux détenteurs des autorisations requises dans le cadre local. Les chauffeurs conservent leur statut de taxis traditionnels, et le service continue d’évoluer dans un environnement encadré par les règles déjà en vigueur.

Ce qui change, en revanche, c’est l’outil. L’intégration de cette technologie permet une modernisation de l’expérience utilisateur : réservation plus fluide, meilleure visibilité, géolocalisation, et réponse plus adaptée aux attentes d’une clientèle de plus en plus connectée, notamment dans un contexte touristique.

En somme, Maurice n’a pas ouvert son marché au modèle Uber tel qu’il existe dans plusieurs autres pays. Ce qui est accepté aujourd’hui n’est pas le service Uber dans sa forme classique, mais l’usage de sa technologie dans un cadre local strictement encadré.

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