L’année 2024 sera houleuse en matière de relations industrielles. C’est ce que prévoit Atma Shanto de la Fédération des Travailleurs Unis (FTU), en dépit du fait qu’une révision du salaire minimum et une compensation salariale sont prévues fin janvier. Il s’explique du fait qu’il y a de nombreux conflits rapportés au ministère du Travail et restés lettre morte à ce jour. Il s’interroge également sur l’avenir du National Remuneration Board.
Le salaire minimum à Rs 15 000, la compensation salariale entre 1 500 et Rs 2 000, un rapport sur la relativité salariale prévu pour mars prochain… D’aucuns seraient tentés de dire que l’année 2024 démarre très bien pour les travailleurs. Ce n’est toutefois pas ce qu’anticipe Atma Shanto, qui souligne que les conditions au travail sont tout aussi importantes que l’argent. « Le travail décent implique une rémunération équitable, mais aussi de bonnes conditions et un environnement adéquat. Si quelqu’un va travailler avec des maux de tête chaque jour en raison du harcèlement qu’il subit, où sera le Feel Good Factor ? L’effet Bolom Nwel ne va pas résoudre les problèmes au travail », fait-il ressortir.
Il invite ainsi le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, et le gouvernement à assumer leurs responsabilités envers des employés du secteur privé qui subissent la violence au travail. « En 2023, nous avons rapporté plusieurs cas de violence et de harcèlement, mais rien n’a été fait. Les bureaux de l’Emploi opèrent dans une certaine léthargie, les officiers ne sont pas formés pour mener des enquêtes en profondeur. Souvent, ils se contentent d’enregistrer la plainte, puis il n’y a aucun suivi », dénonce-t-il.
« Sous la Domestic Violence Act, une femme qui subit la violence sous son toit peut avoir un Protection Order de la Cour, mais une femme faisant l’objet de violence sur son lieu de travail ne dispose d’ aucune protection. Pourtant la loi condamne de tels actes. Mais qui fait respecter la loi ? » poursuit le syndicaliste.
Ainsi, Atma Shanto déplore l’absence de dialogue avec le ministre du Travail. « La plupart du temps, quand il y a un problème, il délègue son conseiller alors que la loi stipule que c’est le ministre ou son PS qui doivent être redevables. En 2023, nous avons rencontré le ministre du Travail en une seule occasion, soit pour les tripartites sur la compensation salariale », fait-il ressortir.
Dans le même esprit, le négociateur syndical se dit inquiet quant à l’avenir du National Remuneration Board, qui élabore les Remuneration Orders pour le secteur privé. « Le National Wage Consultative Council avait été mis sur pied pour travailler sur le salaire minimum. Il y a actuellement le projet de revoir 38 Remuneration Orders et j’ai appris que le NRB devra travailler avec le NWCC pour cela. Je me demande quel sera le rôle du NRB si les décisions sont prises au niveau du NWCC ? » se demande-t-il.
Ce qui inquiète Atma Shanto, c’est le fait qu’au NRB, les syndicats peuvent faire des représentations lors de l’élaboration des RO par secteur. Ce qui n’est pas le cas pour le NWCC. « Il y a quelques syndicalistes qui siègent sur ce conseil, mais les autres n’ont pas l’occasion de s’exprimer. Surtout que pour les RO, cela se fait par secteur et il y a des syndicalistes qui s’occupent de certains secteurs spécifiques », s’insurge-t-il.
Le négociateur souhaite que le ministre du Travail clarifie la situation et précise si le NRB sera démantelé ou s’il y aura un Merging avec le NWCC. Il avance que les conditions dans le secteur privé sont en train de se dégrader et appelle à une réaction des autorités en vue de protéger les travailleurs : « Même pour la compensation salariale, certains se montrent réticents à payer. Ils disent qu’ils n’ont pas d’argent ou que cela n’a pas encore été Gazetted ». D’autres employés se plaignent également que leurs Annual Leaves n’aient pas été remboursés.

