Les résultats d’analyses en provenance de la Réunion sont tombés, samedi soir. Il n’y a pas de cas de variole du singe à Maurice. Pourtant depuis la semaine dernière, trois Mauriciens sont en observation à leur domicile après que les autorités ont été alertées des symptômes de Monkeypox (variole du singe) qu’ils présentaient.
Si, selon leurs proches, ces patients se portent bien, le ministère de la Santé, qui a confirmé ces cas suspects de Monkeypox, a finalement rassuré tout le monde avec ces résultats d’analyse négatifs.
Alors que la pandémie de coronavirus n’est pas encore derrière nous, la multiplication des contaminations à un autre virus dans une trentaine de pays, dont Maurice éventuellement, préoccupe la population mondiale. La variole du singe a en effet détrôné le Covid-19 de nos sujets inquiétants de conversation. À samedi après-midi, trois cas suspects seulement avaient été détectés avant que les résultats d’hier soir ne tombent. .
Les cas suspects étaient tous importés. L’un est arrivé à Maurice pour des vacances depuis le 27 avril. C’est lundi dernier qu’il a commencé à ressentir des symptômes, notamment des éruptions cutanées au bras gauche et de la fièvre. Son frère, qui habite à Maurice, a également ressenti des symptômes en début de semaine et fait lui aussi partie des trois cas suspects. Le troisième revient de La Réunion, mais a effectué un passage au Congo. Ces patients présentent, selon nos informations, des signes bénins de la maladie. Ils se portent tous bien, assure le ministère de la Santé, indiquant que ces personnes ont été placées en observation et en isolement à leur domicile. Si elles avaient été atteintes de la variole du singe, elles auraient été placées à l’hôpital ENT.
Pour confirmer le diagnostic, un Polymerase Chain Reactions (PCR) Test doit être réalisé pour détecter l’orthopoxvirus, responsable de la variole. Les réactifs (reagents) n’étant pas disponibles localement, les échantillons prélevés sur ces trois patients suspects ont été envoyés, selon nos informations, à La Réunion dans un laboratoire virologique accrédité par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour confirmation. Un protocole de surveillance a été mis en place par le ministère de la Santé pour signaler tout autre cas suspect.
À savoir que cette maladie endémique d’Afrique du centre et de l’Ouest, au départ transmise à l’homme par l’animal, peut aussi se disséminer par transmission interhumaine. En effet, à l’instar du Covid-19, la variole du singe est une zoonose, une maladie initialement transmise à l’homme par un animal infecté. La transmission interhumaine se fait elle principalement par contact direct d’une peau ou d’une muqueuse lésée avec une peau ou une muqueuse saine, et également par gouttelettes, ou par contact avec du linge infecté. La maladie se manifeste principalement par « l’apparition de fièvre, de céphalées intenses, d’une adénopathie (tuméfaction des ganglions lymphatiques), de douleurs dorsales, de myalgie (douleurs musculaires) et d’une asthénie marquée (manque d’énergie) », décrit l’OMS.
Dans la foulée de la fièvre survient ensuite « l’éruption cutanée, ajoute l’OMS. Elle se concentre en général davantage sur le visage (dans 95% des cas) et les paumes des mains et les plantes des pieds (dans 75% des cas). Les muqueuses buccales (dans 70% des cas), les organes génitaux (30%) et les conjonctives (20%), ainsi que la cornée sont également touchés. » La variole du singe guérit en général spontanément et les symptômes durent de 2 à 4 semaines. Les cas graves se produisent plus fréquemment chez les enfants et sont liés à l’ampleur de l’exposition au virus, à l’état de santé du patient et à la nature des complications, précise l’OMS. Dans les pays endémiques, les décès provoqués par la variole du singe sont surtout liés à une prise en charge tardive, puisque les cas se produisent dans les zones reculées, médicalement moins dotées. En revanche, une prise en charge médicale rapide et adaptée réduit considérablement les risques.
Le protocole veut que tout cas suspect soit placé en observation dans un centre de santé ou à son domicile, et les symptômes soignés avec des antiviraux dépendant de l’évolution de la maladie.